-Trop la honte, Tooru.
-T'as dit quoi, toi ?
Takeru est debout dans ma chambre, l'air blasé, sa veste de Karasuno sur le dos (il sait que ça m'angoisse), et je crois, à voir son téléphone brandi, qu'il vient de me prendre en photo. Alors que je ne fais rien, concrètement. Je suis juste dans mon lit en PLS.
-J'ai dit trop-la-honte, répète mon ingrat de neveu. C'est ton anniv' et tu fais la loque dans mon lit.
-Je, euh... C'est mon lit, déjà.
-C'est mon lit sauf les deux semaines où tu rentres au Japon. Tu veux pas en sortir et faire un truc utile ? Genre aider mamie à préparer pour ta fête ce soir au lieu de faire le gamin qui boude ?
Saleté de Takeru. C'est moi qui suis censé avoir vingt-cinq ans et être l'adulte mature ici, alors pourquoi il me prend de haut avec ses seize piges, là ? Moi, j'aurais jamais parlé comme ça à mes aînés.
-Ahah, Tobio-san a liké ma story, se réjouit-il soudain.
Toujours sans déloger ma tête de l'oreiller, je tends le bras pour attraper mon téléphone et me rendre sur Insta, histoire de prendre immédiatement la mesure de la story en question. Takeru vient juste de poster la photo qu'il a prise -visiblement, c'était trop de me demander mon accord, et voilà le cliché : moi, Oikawa Tooru en boule dans un lit dont la couverture représente très visiblement un ciel étoilé parcouru de soucoupes volantes, le regard vitreux, les cheveux en bataille et l'air de vouloir en finir avec la vie. En légende, ce petit con a écrit « il a trouvé un cheveu blanc ».
-Eh, c'est FAUX ! m'écrié-je en lui jetant un oreiller à la tête, qu'il esquive sans lâcher son téléphone des yeux. Et pourquoi Tobio te suit sur les réseaux, hein ?
-Bizarre comment tu reviens à la vie dès qu'on parle de lui, ricane-t-il. T'es quand même pas en train de stresser parce que tu vas le revoir, si ?
Je m'assieds en tailleur sur la couverture, croisant fermement les bras :
-Je ne discute pas de ma vie sentimentale avec un ado.
-Comme tu veux. En attendant, moi j'ai une copine, lance-t-il avant de quitter la chambre.
Sale petit... ! Je me demande de qui il tient pour être aussi chiant. Mais il n'a pas tort, au fond, et si je me sens aussi nerveux, c'est bien parce que Tobio vient ici ce soir. Honnêtement, je m'attendais à ce qu'il refuse... Alors s'il a fait le voyage depuis Tokyo spécialement pour mon anniversaire, c'est que ça veut dire quelque chose. S'il accepte de venir ici, chez mes parents, avec mes amis, c'est... c'est une preuve qu'il veut prendre une place dans ma vie. Ça me tue de joie, et de stress.
Iwa-chan arrive en premier, et ça me fait plaisir de le revoir -lui aussi, il est revenu au Japon pour l'été, profitant des vacances que lui laisse son taff avec le père d'Ushijima. Il entre, cogne son épaule contre la mienne en me saluant d'un grognement inaudible, tape son poing contre celui de Takeru, puis va s'affaler dans le canapé et plonge sa main dans le bol de chips.
-Fais comme chez toi, Hajime ! lui lance ma mère.
Il n'avait pas attendu qu'elle le lui dise, mais bon, ça fait vraiment du bien de retrouver la routine qu'on avait quand on était lycéens. Les mêmes gestes, les mêmes mots, la même atmosphère de sécurité, de confort et de familiarité qui me manque tellement là-bas, en Argentine.
-Alors, entame-t-il en me fixant droit dans les yeux, t'as des trucs à me dire, il me semble.
Je m'octroie le fauteuil :
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Ikaroi
Fiksi PenggemarEst-ce que ça en valait la peine ? Je ne le saurai sans doute jamais. A présent, je regarde en arrière vers ma liberté perdue, et je voilà ce dont je me souviens : des sourires brillants, des corps d'athlètes, des médailles d'or et des regards de br...
