Le soleil me brûle les yeux.
Je m'arrête à la porte du car, et je pose ma main en visière sur mon front pour repérer le chemin sur lequel s'avancent mes coéquipiers. J'aperçois les cheveux platine d'Atsumu, devant moi, qui se retourne pour me tirer la langue :
-Tobio-kun, tu dors ou quoi ? Si tu veux pas venir, je garde la passe tout le match...
-Je comptais pas perdre aujourd'hui, Atsumu-san.
Hinata finit par me pousser, puis saute du bus derrière moi, enfilant une paire de lunettes de soleil :
-Ah, ça fait plaisir de rentrer !
Ouais, lui doit se sentir comme à la maison ici, vu qu'il joue à São Paulo depuis trois ans. Sans compter les deux années de beach avant ça. C'est bien au Brésil qu'on a atterri pour cette semaine inaugurale de VNL 2024, et la compétition commence tout à l'heure avec un premier match contre l'Argentine. Bokuto, qui était sorti en premier du bus, décide soudain de faire machine arrière en bousculant Sakusa, et remonte toute la file de joueurs au pas de course pour venir m'encercler les épaules de son bras :
-Au fait Yamayama, t'as parié quoi pour le match d'aujourd'hui ?
-Avec moi, un pack de yaourts à boire pour celui qui met le plus d'aces, annonce Hinata.
Bokuto éclate d'un grand rire, puis se penche d'un air plus confidentiel, plissant ses yeux ocres :
-Mais à la maison, je veux dire ? Une semaine à cuisiner ?
-Trop facilement contournable, soupiré-je. Il m'emmènerait au restaurant tous les jours.
-Une semaine de restaus italiens ! s'écrie Bokuto. Moi, je dis oui direct !
-Alors, c'est quoi le pari ?
La voix d'Ushijima me fait presque sursauter. Il s'est avancé derrière moi, l'air sérieux, les sourcils légèrement haussés pour montrer son intérêt. Dites donc, la Pologne l'a bien décoincé, maintenant il entame carrément des conversations... Quoique, il a toujours voulu faire partie de la discussion quand il était impliqué.
-Le perdant doit dire en interview « je m'y attendais, mon mari est trop fort...
-Ça va !
-... et il est aussi trop sexy, non mais vous l'avez vu ».
-Du coup, vaut mieux que ce soit lui qui gagne ! commente Hinata.
Lui, je vais le buter. Il se met à courir vers le gymnase pour esquiver ma main prête à se refermer sur ses cheveux, et je le poursuis à toute allure tandis que Yaku soupire :
-C'est reparti...
Je finis par ralentir pour économiser mon énergie, Hinata me le paiera dans les vestiaires ; et me voilà maintenant à hauteur d'Iwaizumi, qui m'adresse un sourire déterminé :
-C'est parti pour lui remettre la raclée ?
Je lui rends son sourire. L'an dernier, en VNL, on a arraché la victoire au tie-break contre l'Argentine ; il sait, et je sais, que ce sont les matchs qui nous motivent le plus. C'est probablement dans ce moment-là que son job de préparateur mental est le plus facile... et le plus subjectif.
Bientôt je suis enveloppé l'ombre du stade : ma vision s'éclaircit, et je lève les yeux vers le ciel bleu rompu par la tôle blanche et courbée du Maracanãzinho.
C'est la première fois que je reviens ici depuis les Jeux Olympiques de 2016. La dernière fois qu'on est venus au Brésil pour des matchs, au début de la VNL d'il y a deux ans, c'était à Brasilia -mais aujourd'hui, c'est à Rio de Janeiro, et ma mémoire se ravive, me rappelle un été olympique il y a huit ans. Une foule de sentiments m'envahit, en vrac, mêlés : l'euphorie, le malaise, l'excitation, l'appréhension.
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Ikaroi
FanfictionEst-ce que ça en valait la peine ? Je ne le saurai sans doute jamais. A présent, je regarde en arrière vers ma liberté perdue, et je voilà ce dont je me souviens : des sourires brillants, des corps d'athlètes, des médailles d'or et des regards de br...
