V. 7. Tobio

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Depuis ma discussion avec Tooru, je ne me suis pas senti serein.

Il y a des choses qui vont sortir... Des choses horribles... Tu le sauras bien assez tôt.

Quelles choses ? De quoi voulait-il parler ? Qui étaient ces innocents qu'il voulait protéger, quel sacrifice allait-il devoir faire ? Je ne comprenais pas. Il m'avait impliqué dans son choix, et j'avais répondu de manière générale, sans trop savoir quoi dire. Je ne savais pas ce qu'était ce prix à payer, ce coût personnel à subir en contrepartie de l'intérêt général... Ma théorie la plus probable, vu que c'était venu juste après son élection au poste de président, c'était que Blanco était un homme dangereux et que Tooru allait le dénoncer ; et lui, par conséquent, se ferait peut-être exclure de l'équipe argentine pour laquelle il avait travaillé si dur. Comme Tooru était capitaine, c'était à lui de révéler des tensions internes à l'équipe, peut-être que Blanco avait harcelé un joueur, en avait frappé un... ou bien alors il faisait partie de la mafia, j'en sais rien, ça ne m'étonnerait même pas. A ce stade, si on me disait qu'il était nazi (j'y pense depuis qu'Atsumu a fait la blague) je ne serais pas choqué.

En tout cas, depuis cette soirée, depuis que ces sombres pressentiments m'ont tordu le ventre, je me suis senti inquiet et sur mes gardes. Mais rien n'est arrivé.

En fait, les choses semblaient même aller pour le mieux : le 1er octobre, on a gagné 3-0 contre l'Italie, un véritable exploit. On n'a pas trop célébré, ce n'était que le premier match, mais quand même ! On n'a pas pu s'empêcher de se retrouver dans la chambre de Kiryuu pour boire un coup entre joueurs plus tard dans la soirée, et je pense qu'Hibarida nous a grillés, mais n'a rien dit, parce qu'il était vraiment fier. De toute façon, les plus responsables du groupe -Aran, Yaku et Komori- ont rapidement mis un terme à la soirée dès que Bokuto et Hinata ont commencé à crier. Suna a rangé son téléphone, Atsumu a râlé, Hoshiumi a protesté... Mais à vingt-trois heures, tout le monde était dans son lit. Le lendemain, nouvelle performance, on arrache un set à la Pologne. Gagner la coupe ne nous paraissait plus si inaccessible !

Après ces deux premiers matchs, on a eu un jour de repos. Musculation, entraînement, briefing le matin, après-midi libre ; j'ai accompagné mes coéquipiers en ville en priant de tout mon être que l'équipe brésilienne n'ait pas eu la même idée de sortie. L'idée de tomber sur Nicolas Romero me tétanisait complètement. Il ne m'avait pas vu pendant la cérémonie, mais moi, rien qu'en l'apercevant, j'avais eu un gros coup de stress. Comment lui faire face après avoir été quitté comme ça ? Comment le voir sans me décomposer ? Je n'ai pas envie le voir heureux après ce qu'il m'a fait. Je n'ai surtout pas envie de le voir avec quelqu'un d'autre -peu importe si c'est un simple coéquipier, à présent que je sais qu'il fréquente un autre homme, qu'il m'a quitté pour ça, je ne pourrai voir personne près de lui sans avoir de doutes. Jusqu'ici, j'ai réussi à l'esquiver, et tant mieux.

Coup de chance, on n'a croisé personne, et j'ai rejoint Tooru dans sa chambre après dîner pour passer la soirée ensemble. Il avait toujours l'air songeur, un peu anxieux, mais on s'est contentés de parler de nos matchs -lui avait gagné les deux premiers-, regarder un peu la télé et se faire des câlins. Quand je suis rentré dans le dortoir que je partageais avec Hinata, il n'en a pas loupé une :

-Il fait beau en Argentine ? Oh, t'as l'air crevé, tu sais, c'était censé être le jour de repos aujourd'hui. En vérité, je t'attendais pas avant demain matin, je pensais pas qu'Oikawa était si r-

Là, je lui ai envoyé un coup d'oreiller dans la figure, il m'a lancé son traversin, puis j'ai essayé de l'étouffer avec le mien, et ça partait plutôt bien jusqu'à ce que Yaku claque notre porte :

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