Chapitre 2 (1) : le conte

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Lidonna s'était réveillée le sourire aux lèvres ce matin là. Nils l'avait, certes, bien engueuler quand elle était rentré à cause du bol, mais elle n'en avait eu rien à faire. Elle s'était même excusée, ce qui avait fortement surpris son père adoptif, le déstabilisant.

Même si elle était heureuse, elle avait peur de retourner à Ensénar. Elle n'était même pas sûre d'y aller en fait. Elle se demandait pourquoi, depuis quatorze ans elle s'obligeait à y aller tous les jours alors qu'elle détestait ce lieu !

Personne ne serait triste de son absence, Lidonna était même certaine qu'elle ferait des heureux. Elle soupira. Elle ne cesserait de se demander pourquoi elle était née. Qui avait eu la bonne idée de se dire : « Tiens, allons faire un enfant ! », pour au final se rendre compte que ce n'était pas une bonne idée.

Elle s'était toujours demandé qu'elle avait été la réaction de ses géniteurs, ou même des médecins, mais elle n'avait jamais osé poser la question, elle avait peur de la réponse qu'elle pensait déjà connaître.

Elle décida d'aller marcher un peu en ville, il n'y avait que dans ses horaires que les rues étaient désertes : tous les Hyacinthois travaillaient ou ne trouvaient aucune bonne idée pour sortir se balader.

Tout était blanc, affreusement blanc, un peu comme la peau de Lidonna. La jeune fille n'appréciait pas particulièrement sa ville, son monde... Pendant les jours de grand soleil, elle était éblouie par les rayons qui se répercutaient contre la couleur blanche qui faisait office de miroir à la lumière. Mais elle se sentait bien sous la lumière, elle ne comprenait pas pourquoi.

Encore une différence marquée entre elle et le reste du monde ; les Hyacintois ne semblaient pas craindre le soleil, sous aucune de ses coutures. Et même si le soleil la mettait en confiance, quand elle restait trop exposée, elle cramait.

Les petites maisons étaient toutes alignées d'un côté. Toutes élevées à la même hauteur, construite à la même taille : ne surtout pas être différent. De l'autre côté étaient rangés les immeubles pour les Hyacintois qui n'avait pas la possibilité de se faire construire une maison. Au bout de ce long couloir de bâtiment avait été installé des roseraies blanches. Elles délimitaient un cercle. Lidonna détestait le blanc, mais ces roses qu'est-ce qu'elle pouvait les aimer !

En fait elle aimait la nature, elle était la seule à ne pas la juger, même si au début de sa vie, elle s'était bien foutue de Lidonna. Elle avait rarement l'occasion de rendre visite à ces fleurs, mais aujourd'hui était le jour idéal. Elle était de plutôt bonne humeur, et n'avait croisé personne dans les rues.

Arrivée dans le bosquet, Lidonna prit une grande inspiration de douceur. Le parfum sucré des roses emplis ses narines. Si elle avait su cuisiner, Lidonna en aurait cueilli quelques unes pour faire une soupe de rose. Mais elle ne savait pas cuisiner, elle se contenta donc de laisser divaguer ses pensées. Elle avait jusqu'à ce que midi sonne pour être tranquille, c'était-à-dire, deux heures.

Lidonna soupira de soulagement. Etre seule lui faisait tellement de bien parfois, comme il pouvait aussi la détruire, la solitude était un sentiment à double tranchants, mais actuellement ces moments étaient bénéfiques pour Lidonna.

L'air frais nettoyait son esprit, il lui permettait de remettre certaines idées en place, et de penser correctement. Pendant deux heures, elle pensa, à tout à rien, à sa vie, ce qu'elle était, ce qu'elle aurait pu être, les prochains dessins qu'elle ferait, comment elle ferait pour survivre dans ce monde. Des pensées plus ou moins importantes, plus ou moins joyeuses. Elle pensa jusqu'à ce qu'elle entende la grande horloge sonner midi.

Elle se releva hâtivement et se mit à courir. Elle ne voulait pas croiser des habitants, elle ne voulait pas entendre leur commentaire ou voir leur regard. Elle se sentait assez bien et elle voulait rester heureuse. Alors elle courut. Elle commençait à voir les Hyacinthois apparaître elle décida donc de couper par la forêt, elle en profiterait pour voir si les Lilipucines étaient présentes.

Kilidohanas Tome 1 : Les OmbresDes histoires addictives. Découvrez maintenant