Chapitre 40

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Le Bluegrass Half Marathon
Plus que trois semaines avant le Country Music Marathon

    Je sautille sur le bout des pieds.
    Erza, Jellal et moi nous trouvons dans le corral destiné à ceux qui prévoient courir le Bluegrass, un demi-marathon, en deux heures trente. L'excitation agite la foule et les gens poussent des acclamations sans raison (?). La course commence dans moins de dix minutes et j'ai incroyablement hâte.
    Natsu se glisse derrière près de moi et me donne un baisé sur la joue.
- Bonne chance, Luce. On se retrouve à la ligne d'arrivée !
- Bonne chance à toi aussi, face de pet !
    Il rit et me sourit par-dessus son épaule avant de disparaître pour aller rejoindre le premier corral, dans lequel se rassemblent les meilleurs coureurs.
    Erza et Jellal se mettent à me faire des petits "Ouuuuuuuuh !" embarrassants. Je grommelle :
- Oh, je vous déteste.
    Cela les fait rire, et Erza me chuchote :
- Alors, est-ce que vous sortez ensemble ?
    Je secoue la tête. Natsu et moi avons passé le dernier mois à nous embrasser et à dormir l'un chez l'autre, à nous caresser de plus en plus audacieusement, sans toutefois aller jusqu'au bout, mais je ne suis toujours pas prête à m'engager dans une relation avec un gars qui vit en prenant autant de risque. Pour se sentir vivant, alors que la mort est si près de lui à chacun de ses "sports". Cette distance entre nous me permet de me sentir légèrement plus en sécurité... et me rend aussi un peu nerveuse. J'aimerais pouvoir lui dire tout ce qu'il représente pour moi, lui expliquer qu'on peut sûrement avoir plus d'un amour dans la vie, mais j'ai l'impression que cela nous lierais l'un à l'autre. Et je ne crois pas que mon coeur pourrait survivre à la perte d'une personne chère à mes yeux.
- Tu ne peux pas le laisser passer, ajoute Erza en hochant la tête en direction de Nat.
    Je tourne les yeux vers Jellal et chuchote à Erza :
- Tu peux bien parler !
    Cela fait un mois et demi que j'ai commencé l'université. Il ne reste plus que trois semaines avant le Country Music Marathon et, aujourd'hui, c'est la dernière fois que je vais courir une longue distance avant celui-ci. Zelef dit qu'il est temps de diminuer l'entraînement pour être en forme le jour venu.
    Je comprends très bien pourquoi les gens participent à des courses. Après des mois et des mois d'efforts intenses, l'excitation qu'on ressent ne ressemble à rien de ce que j'ai pu vivre auparavant. C'est mieux que la veille de Noël, ma fête préféré.
    Un coup de feu retentit. Les coureurs poussent des hourras. La foule se met à avancer petit à petit et nous sommes si nombreux que nous ne pouvons pas commencer à courir avant un petit moment. Et j'ai alors du mal à contrôler mon allure : tant d'adrénaline coule dans mon corps que j'ai envie de partir comme une fusée. Heureusement, Erza et Jellal sont là, ce qui m'aide à réguler mon rythme.
    Quand j'étais petite et que je devais tourner en rond dans la cour de récré, en éducation physique, je trouvais que courir était la chose la plus chiante du monde (surtout que je finissais toujours derrière, comme une vielle chaussette abandonnée). Mais participer à une course n'est pas ennuyeux. Pas ennuyeux du tout.
- Oh là là ! lâche Erza en montrant du doigt cinq gars en maillot de bain, avec le drapeau américain peint sur le visage.
    Je m'exclame :
- Ça ne doit pas être confortable de courir, quand on est habillé comme ça ( c'est la seul chose qui m'est passé par la tête )
- Je ne sais pas, mais je les trouve très confortables à regarder. Et très patriotiques.
    Elle glousse de façon coquine. Je fais semblant de vomir. Je n'avais vraiment pas besoin de cette image.
    Des participants toqués portent des costumes déjantés. Un gars est déguisé en fée, un autre est vêtu d'un costume de gorille rose (?). Un groupe d'hommes aux visages cachés derrière des masques de Batman ont découpé leurs shorts, afin que leurs fesses en sortent. Ils se surnomment eux-même les "Batass".
    Erza les adore, bien sûr.
    Trois km après le début de la course, alors que devant nos yeux s'étalent les magnifiques paysages des Great Smoky Mountains, en référence aux nuages qui surplombent leurs cimes. Soudain, un homme trébuche devant moi. Quelqu'un hurle : "Nid-de-poule !" et je saute par-dessus juste à temps. Merci mec. D'autres coureurs attrapent les bras de l'homme qui est tombé et l'aident à sortir du sentier. Mon coeur bat à tout rompre pendant plusieurs minutes. Et si j'avais trébuché ? Si je m'étais tordu le genou ? Un frisson glacé me parcourt.
    Nous traversons des ruisseaux et la rivière Watauga, passons devant des usines, des granges et des champs de maïs. Nous longeons un restaurant, rue Principale, et la chef pâtissière nous distribue des biscuits. Nous n'avons jamais été aussi excités de voir un dessert, tous les trois. Le soleil s'élève toujours plus haut dans le ciel, mais je ne me sens jamais vraiment fatiguée. Je n'ai besoin de m'arrêter qu'une seule fois pour utiliser les toilettes. Je recueille finalement les fruits de tout mon entraînement.
    Je passe la ligne d'arrivée au bout de deux heures et trente-cinq minutes et je prends un pose idiote devant l'appareil automatique qui photographie les coureurs. Jellal lève la main et Erza et moi tapons dedans avant de nous serrer dans nos bras.  Natsu avait raison. Erza et Jellal sont là pour moi, et l'ont toujours été. Nous sommes si fiers d'avoir terminé la course, que nous crions et sautons partout comme des enfants au début de la récré. En comparaison avec les vingt-deux km que nous avons courus il y a deux semaines, cette course était du gâteau.
    C'était presque un jour de repos, comme le dirait Zelef. Haha...
    Un bénévole me passe une médaille autour du cou et un autre m'enveloppe dans une sorte de cape argentée. On dirait du papier d'aluminium, mais cette couverture est douce et me garde au chaud. Je regarde autour de moi, regardant les coureurs enveloppés eux-aussi ce cette cape, et je me dis que nous ressemblons à des patates fraichement sortis du four (très poétique...). À la recherche d'une collation, je souris tendrement en serrant le metal de ma médaille. Son poids me rend si vivante. Elle est peut-être moindre pour les athlètes, mais pour moi, c'est ma première médaille et elle vaut tout l'or du monde.
    Jellal, Erza et moi nous servons dans un plat de bananes posé sur une table, puis nous nous dirigeons vers l'arbre auquel Zelef a accroché un grand drapeau bleu pour nous indiquer où retrouver l'équipe. Je m'avance vers Kana.
- Salut, as-tu vu Natsu ? Ou Zelef ?
    Ses yeux sont injectés de sang.
- Ils sont partis à l'hôpital.
- Quoi ?
    Je laisse tomber ma banane par terre.
- Pourquoi ?
- Natsu s'est blessé pendant la course. Il est tombé d'un pont...
    Je n'écoute même pas la fin de sa phrase. J'attrape mon sac dans le camion où nous avons entreposé nos affaires, en sors mes clés de voiture et me précipite vers le stationnement.

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Lisez, chers lecteurs !

  Héhé ! Vous avais-je déjà dit que j'étais une grande sadique ? Maintenant vous avez la réponse 😋
   
    Bon, pour en revenir à ce chapitre, j'aimerais entendre vos impressions : les Batass, l'homme gorille rose, l'homme fée. Nan je blague !! Sérieusement, comment pensez-vous que Lucy réagira en allant voir Natsu à l'hôpital ? Que va-t-il se passer ? Et surtout, Lucy réussira-t-elle à vaincre sa plus grande peur ? Celle de s'attacher aux autres, pour ne pas souffrir ?

Les quelques chapitres qui suivront seront décisif de la fin de cette histoire. Oui, je sais, c'est bientôt la fin et je me sens... nostalgique.
Il ne reste qu'environ trois chapitres, plus l'épilogue. J'aimerais bien une F.A.Q aussi. Mais ce sera après !!😊

Bref, laissez un commentaire!!!!!!!❤❤❤❤❤❤❤

Respire, Lucy, respire.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant