"Je n'oublierai pas."
Ce fut les dernières paroles qu'Harry entendit avant de démarrer pour se diriger en serrant les dents vers l'hôpital dans lequel il devrait passer au moins les vingt-quatre prochaines heures. Il n'oublierai pas non plus, c'était certain.
C'était certainement la seule et unique fois où il avait ressenti quelque chose depuis la mort de sa famille et il ne pouvait qu'en être reconnaissant à Louis qui avait su lui faire oublier sa tristesse et son dégoût pour lui-même durant de bonnes et longues minutes. Il ne le croiserait sûrement plus jamais mais ferait le nécessaire pour le remercier avant de partir. Comme prévu, ce fut non pas les vingt-quatre mais bien les trente heures les plus longues de sa vie. Harry rentra finalement chez lui complètement épuisé, après avoir sauvé un nombre incalculable de vies. Il se disait que peut-être, on le pardonnerait du nombre de vies qu'il avait prises puisqu'il en sauvait d'autres. Ou pas.
Harry savait pertinemment qu'il n'était pas quelqu'un de bien mais jugeait nécessaire de venger la mort de ses proches puisqu'une fois par mois, cet acte lui étant permis.
Ayant passé le reste du mois à préparer sa prochaine cible, Harry s'était bien évidemment préparé à cette fameuse soirée qui était enfin arrivé. Ce soir ce serait beaucoup plus risqué et surtout en solitaire qu'il agirait. S'étant rendu à une soirée mondaine faite pour les plus riches de la ville voulant assouvir leur besoin d'ôter la vie gratuitement des plus démunis ou de tous les abrutis ramassés dans la rue par les camions payés pour ça, Harry avait une toute autre idée en tête. En effet, Il avait pour projet non pas d'ôter la vie d'une de ces personnes innocentes mais bel et bien du frère de l'ordure qui avait assassiné sa famille. Ce connard venait souvent ici et ce serait le lieu idéal pour faire comprendre à tous ces petits gens que même ici, ils n'étaient à l'abris de rien.
Il n'avait pas oublié la dernière et encore moins qui lui avait tenu compagnie mais s'était interdit d'y penser ou même de s'imaginer le revoir.
« Il n'est personne.
Une simple distraction d'un soir. »
C'est ce qu'Harry s'était rentré dans le crâne jusqu'à la dernière seconde. Assis au bar de cette soirée mondaine et des plus détestable, Harry venait littéralement d'avaler de travers ce qui se trouvait à l'intérieur de son verre, autrement dit un cocktail bien alcoolisé. Il était vingt-trois heures trente exactement et Louis venait littéralement d'apparaître sous ses yeux parmi la dizaine de personnes qui verraient leur vie mise à prix ce soir.
Comment avait-il pu être aussi stupide au point de traîner dans les rues et se faire attraper pour finir par être embarqué ici, parmi tous ces enflures, dont il faisait parti ?
La doyenne de la soirée venait tout juste de commencer son discours, comme à chacune des arrivées, qu'Harry s'efforçait de ne pas regarder. Seulement cette fois il en était incapable. Dans un coin sombre de la salle, il fixait Louis qui avait l'arcade et la lèvre en sang, ayant sûrement voulu se débattre pour ne pas finir ici... en vain. Il était à genoux et baissait la tête comme s'il savait que la fin approchait, pensant sûrement à sa sœur, qu'Harry espérait être en sécurité.
Les têtes mises à prix défilaient sans qu'Harry n'écoute un seul traitre mot de cette ordure de bonne femme. Il attendait une chose, qui arriva à son plus grand malheur, que sa tête soit relevée afin que toutes les personnes ici présentes puissent voir à quoi il ressemblait, sûrement pour assouvir leur plus grand désir. Quand il s'agissait d'une personne de peau noire ou encore latino, les mains ne cessaient de se lever, augmentant les prix.
Ça lui donnait la gerbe.
"Et bien nous voici ici avec un charmant jeune homme qui se verra ravi de vous faire honneur à vous, mesdames et messieurs. Combien pour le numéro huit ?"
Comment osait-elle ? Harry déglutit difficilement. Il attendit que les personnes intéressées augmentent leur prix et quand ce fut le dernier prix, il leva enfin sa pancarte, fronçant alors les sourcils en apercevant la lumière se diriger vers lui. Il venait de proposer quinze mille livres et remportait le droit de le chasser dans une forêt délimitée et emplie de caméras pour que tout ce bon public puisse avoir de quoi faire tout en sirotant leur cocktail. Répugnant.
"Et bien nous y voilà ! Nous avons nos dix chasseurs pour nos dix cibles. Messieurs dames, je vous invite à vous préparer."
Comme prévu, Mike, cette pourriture de frère d'assassin de sa famille était de la partie. Ce dernier ne connaissait pas même son visage mais il le connaîtrait bientôt, si Harry pouvait épargner la vie de Louis avant. Il se dirigea alors en dernier vers la salle qui donnait directement sur cette fameuse forêt et sans un seul regard pour personne, enfila son gilet pare-balles avant d'enfoncer son couteau dans sa botte et mettre sur son épaule sa mitraillette qu'il emportait désormais partout en temps de purge. Rapide et efficace. Il n'oubliait bien évidemment pas son pistolet dans sa ceinture. Il s'agissait de celui de son père et ainsi avec lequel il abattait toutes ses cibles.
Le feu vert était lancé. Ils s'éparpillèrent alors tous dans cette forêt pas si dense que ça. Ayant des lunettes infrarouge, cela leur permettait de pouvoir voir leur propres cibles et coéquipiers qui portaient tous un écusson vert fluo sur le devant de leur gilet. Harry en tiendrait évidemment rigueur. Ils avaient de plus tous une couleur leur étant attribuée et étant scotchée sur le dos de leur victime, ce qui leur facilitait évidemment la tâche. En voyant Louis et son écusson bleu se diriger vers le fond de la forêt, il le suivit et discrètement attrapa son poignet avant de le coller à un arbre, pointant son arme sur son torse sachant qu'on les observait. Ce dernier n'avait aucune idée de qui il était et la seule façon qu'il trouva pour le lui faire comprendre fut de lui faire passer son pouce sous le bracelet de sa montre afin de pouvoir sentir la cicatrice qui s'y trouvait et prenait une grande place sur l'intérieur de son poignet.
Écoute moi bien. Il y a une dizaine de caméras que je connais par coeur dans cette forêt. Tu vas enfiler mon gilet et prendre mon pistolet. Louis je sais que t'es sûrement complètement terrifié mais tu vas me suivre à la trace et tout se passera bien ok ? Je vais te sortir d'ici toi et ta tête d'imbécile.
Il le tira alors dans un coin non filmé et retira rapidement son gilet avant de le lui faire mettre et lui charger son pistolet qu'il lui enfonça dans la paume de la main.
Il fallait absolument qu'il le suive et ce rapidement. Harry régla alors parfaitement ses lunettes infrarouges et trouva rapidement le fils de pute qu'il avait pour projet d'abattre. Il lui tira alors à sang froid une balle dans la tête et, tout en sachant que désormais il devrait faire vite, tira Louis vers la sortie de secours seulement connue des chasseurs en le faisant passer devant et couvrant ses arrières, abattant deux puis quatre, six personnes tentant de les empêcher de s'enfuir. Il lui cria alors de courir et c'est ainsi qu'ils se retrouvèrent rapidement sur le parking empli de voitures. Montant rapidement dans la sienne, Harry démarra à toute vitesse, jetant ses lunettes à l'arrière de la Range Rover, évitant les balles qui avaient déjà pour deux d'entre elles percées son coffre. Attachant sa ceinture une fois sur l'autoroute, Harry serra la mâchoire ainsi que le volant avant de soupirer et se garer sur le bas-côté une fois sûr que personne ne les suive. Il tourna les clefs et se tourna vers lui, sourcils froncés.
Qu'est-ce que tu foutais dehors ? Est-ce que tu es suicidaire ? Souffla le plus grand. Ironique n'est-ce pas ?
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Black Soul.
Fiksi PenggemarDeux garçons. L'un aime la vie, l'autre aime la mort. Harry est un garçon suicidaire qui a perdu sa famille lors d'une purge. Il n'a qu'un seul but : les venger. Louis quant à lui vit avec son père alcoolique et sa petite sœur de 10 ans. Il n'a qu...
