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20 Mars 2014

Au début je rentrais pour dormir chez moi, prenant le RER mais maintenant que ça devient serré niveau budget, ayant quasiment plus d'argent de poche je finis par des fois dormir sur des bancs, en plein Paris si je ne trouve pas de hall d'immeuble pour m'accueillir. Supportant les mecs bourrés voir drogués qui déambulent dans les rues le soir qui sont souvent violent, finissant toujours par courir minimum une fois par nuit pour sauver ma peau.

Rare sont les fois où je rentre à la Grande Borne, et quand c'est le cas, je suis toujours angoissée alors je ne dors pas de la nuit. J'ai croisé qu'une fois ma mère, elle n'a même pas remarqué mes nombreuses absences, m'ayant fait aucunes réflexions. Pour ce qui est de mon frère je l'ai croisé un peu plus de fois, mais il ne me parle pas, agis avec moi comme si j'étais invisible. Ça change pas de d'habitude j'ai envie de dire sauf que là, ça se voit qu'il fait exprès. Mais bon, si ça l'amuse de faire l'enfant qu'il le fasse, moi je m'en fous.

La fois où Ken m'est venu en aide date de y a maintenant huit jours, donc un peu plus d'une semaine. Entre temps je l'ai revu deux fois. Une fois que nous deux, et une autre fois avec 1995. Ils étaient tous heureux de m'avoir revu même si Benji m'a demandé si j'avais vue son message sur Twitter. J'ai préféré mentir en disant que non. Je n'ai pas envie de le blesser en lui disant que je me sentais pas légitime de lui répondre ni ce que j'aurais pu lui apporter, à lui, ou à eux plus globalement. Alors j'ai juste dis que non, que je vais pas trop sur les réseaux sociaux et tout le bordel. D'un sens je m'en veux d'avoir menti, les mensonges n'apportent jamais rien mais bon. C'est fait c'est fait, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Je vais pas faire un moonwalk pour retourner arrière.

Pour ce soir, comme il a fait un temps d'merde toute la journée je suis restée à l'appart'. Mon frère n'est pas rentré, ni ma mère, mais bon, j'avoue que ça m'arrange plus que ça ne m'inquiète. Je suis donc allongé dans le canapé le regard faussement plongé devant une émission bien pourrie diffusée à la télé.

En vrai je m'ennuie de fou. Je crois que j'ai pris goût à cette vie de minable à quasiment vivre dans la rue, à m'y adapter de finir par courir quand je me fais emmerder. Au moins ça me crée de l'adrénaline alors que là juste je m'ennuie profondément. Je sais que c'est pas bon que je ressente ça. Je sais que c'est mal et que je devrais pas être attiré par ça mais c'est plus fort que moi. Un peu comme moi avec les femmes. Triste comparaison, ouais.

Coupée dans ma tristesse par mon téléphone qui s'allume, m'affichant une nouvelle notification. Je pensais trouvée un nouveau message d'un énième harceleur comme c'est le cas depuis un moment même si ça se calme naturellement petit à petit. Mais non, c'est d'un tout autre destinataire que je reçois un sms.

De Ken : Tu dors ?

Faire des longs messages c'est pas trop son truc, j'ai vite compris qu'il est plutôt franc et qu'il ne pense pas réellement aux conséquences. Contrairement à moi qui a tendance à tout calculer dans les moindres détails mais bon, c'est ce qui fait son côté maladroit et qui fait son charme; selon lui. J'y crois pas trop mais bon, si ça rassure son ego, qu'il se dise ça hein.

Avant de lui répondre je regarde l'heure et soupire en voyant qu'il est 22h10.

De Laysa : Non, pourquoi ?

Sa réponse ne tarde pas à s'afficher sur notre conversation sms.

De Ken : Ça fait 3-4 jours qu'on s'est pas capté, tu veux venir dans ma fabuleuse chambre de bonne ?

Je ricane en voyant son message : c'est un grand malade.

De Laysa : Je vais pas traverser Grigny de nuit, prendre un RER et traverser Paris seule à cette heure Ken.

De L'autre Côté [EN PAUSE]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant