Chapitre 3

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Pdv Aloïs

Aujourd'hui je sors de l'hôpital et je vais en cours. Le CPE m'accompagne dans ma classe. Je vais en première avec un an d'avance car j'ai beaucoup étudié à l'hôpital.

Quand j'entre dans la classe, les élèves sont surpris de me voir. Le CPE m'a dit qu'il les avait prévenus, mais visiblement ils ne s'attendaient pas à voir un élève avec des tuyaux qui rentrent dans son nez.

- Je vous présente Aloïs Trancy. Il a 15 ans et il va rejoindre votre classe. Comme vous le savez, il est malade alors je vous demanderai de faire attention à lui. Aloïs, le délégué de cette classe va s'occuper de toi pendant que tu vas rester ici. N'hésite pas à me prévenir si il y a un problème.

- Merci.

Le CPE me fait asseoir à côté d'un garçon aux cheveux bleus foncés. Il me donne quelques cahiers pour que je puisse rattraper les cours.

- Merci.

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À la cantine, un ami de la personne à côté de qui j'étais me fait signe de venir avec eux.

- Alors Aloïs, c'est quoi ta maladie ?

- Finny arrête, il va pas te raconter la manière dont il va mourir !

Est ce que c'est déjà officiel que je vais mourir dans tout le lycée.

- Et pourquoi pas ? Allez, montre lui que tu peux en parler.

- C'est personnel désolé. Je préfère rien en dire.

Pourtant c'est pas l'envie qui me manque de le faire arrêter de penser à ma place.

- Tu vois, je te l'avais dit.

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[Plusieurs jours après]

On va en cours avec Ciel. Finnian est parti avec des amis à lui. Je sens que j'ai du mal à respirer. Je me mets à genoux penché en avant et je tousse.

- Aloïs ? Qu'est ce qui se passe ?

- C'est... rien...

- Ça se voit...

- Ça va passer, m'attend pas.

- Tu plaisante, j'ai l'occasion de sécher un cours. Et Michaelis va me tuer si je reste pas avec toi.

Je crache du mucus. Il me regarde avec un air de dégoût. Heureusement que le couloir est vide, personne d'autre ne me voit me ridiculiser.

- C'est toujours rien ?

- Tu peux... chercher un truc dans... mon sac ?

- Ouais, c'est pas comme si j'avais autre chose à faire.

- C'est quoi, ce que tu veux ?

- Ma ventoline.

Il la sort et me la donne. J'arrête de tousser lentement. Il s'assoit contre le mur en face de moi et je fais pareil.

- C'est flippant. Vraiment.

- Je sais.

- Et dégoûtant. C'est quoi ce que t'as craché ?

- Du mucus.

- Du mucus ? C'est dégueulasse. Comment t'as eu ça ?

- C'est une maladie génétique, je l'ai depuis ma naissance. La mucoviscidose fait que ton corps produit trop de mucus et tes fluides respiratoires sont épaissis. Ça fait en sorte que tes poumons ne fonctionnent plus et qu'il faut une transplantation. J'allais en avoir une il y a huit mois, quand j'ai attrapé la B.cepacia. C'est une bactérie qui fait que je ne peux plus avoir de nouveaux poumons. En gros je suis mort d'avance, le traitement que je suis sert juste à repousser la date.

- T'es pas censé être à hôpital si tu vas crever ?

- J'ai décidé de poursuivre le traitement à distance, pour pouvoir aller au lycée.

- T'es con. On tuerai tous pour dégager d'ici et toi tu te ramène alors que t'as le choix.

- Peut être, mais vous connaissez pas l'hôpital. On côtoie la mort au quotidien. On est enterré d'avance, tout le monde le sait et te traite comme un mourant. C'est ce que je suis, mais ici personne le sait.

- Donc t'es con. Si t'es un mourant, tu pourrais avoir tout ce que tu veux. Ici tu te fais chier.

-...

Au moins ici, je rencontre des gens et je peux bouger librement.

- Ça te fait peur la mort ?

- Pourquoi ?

- Comme ça. J'ai envie de recueillir les dernières confessions que t'as à faire. Alors, ça fait peur ?

Évidemment que ça fait peur. Modérément selon les gens, mais moi, ça m'effraie énormément.

- Je sais pas. Oui et non. Quand tu connais la mort, j'imagine que non, mais si tu ne sais pas ce que ça représente, ça fait flipper.

- C'est simple, la mort c'est le noir total pour l'éternité.

- Pas pour tout le monde. Il y a des gens qui pensent que pour comprendre la mort, on doit se pencher sur la naissance. Dans le ventre de sa mère, un nourrisson n'est qu'à quelques centimètres de la vie. Alors la mort, c'est être proche de sa prochaine vie.

- T'es flippant quand tu dis ça. T'étais dans le club Étudions la mort à l'hôpital ?

Il croit vraiment qu'un hôpital c'est un camp de vacances ?

- Très drôle. C'est naturel pour les mucos de comprendre la mort. Du moins je pense.

- T'es bizarre comme mec, Aloïs Trancy.

- Toi aussi, Ciel Phantomhive.

Un surveillant arrive dans le couloir.

- Qu'est ce que vous faites là ? Allez immédiatement voir M. Michaelis.

On se lève mais le surveillant me retient.

- Toi tu vas en cours, c'est juste lui qui va voir le CPE.

- Mais il a rien fait, il m'aidait juste.

- Aloïs, j'ai dit quoi. Tant que je peux sécher les cours.

Il sourit et il part. Le surveillant me raccompagne et dit au prof de ne pas me mettre en retard.

- Je le mettrai en retard, puisqu'il l'est. Être mourant n'empêche pas d'être à l'heure.

Je m'assois à la place et quelques secondes plus tard, je reçois un mot.

" T'as pas de chance, Faustus t'aime pas. Fait gaffe c'est un fdp. "

Ça j'avais remarqué qu'il ne m'aimait pas. Il me regarde mal tout le temps dans les couloirs. Il reste encore vingt minutes de cours. J'espère que Ciel va pas se faire engueuler à cause de moi.

Pour que ton souffle ne s'arrête pasDes histoires addictives. Découvrez maintenant