•Chapitre 68

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                  Point de vue d'Alvin.

     Je retourne chez ma grand-mère, et décide de lui annoncer mon départ. Je ne supporte plus ce qui est entrain d'arriver et je pense que je ne suis pas prêt pour ce qui peut se produire le lendemain, fuir est la meilleure décision?

     Je ne sais pas, et je crois que je ne peux le savoir à cause de l'état dans lequel je suis. Il ne faut jamais réagir sous l'effet de la colère. Et ça, j'ai mis énormément de temps pour le comprendre.

— Pourquoi partir plus tôt que prévu ? me demande-t-elle presque triste.

— J'ai des affaires à régler Grannie. Prends soin de toi, je t'aime, dis-je en la prenant dans les bras.

— Mais il se fait tard, tu pars maintenant ? et Angie ?

— Oui, mon vol est dans une heure, je mens, elle hoche la tête doucement et je la quitte.

     En prenant le volant, ne sachant où aller, je m'arrête au bord de la route car je ne tiens plus. Mes poiles se hissent et des larmes menacent de couler. Jusqu'à ce que je sens une larme perler sur ma joue. Je déteste ça, alors je sors du véhicule et serre mes poings en faisant les cents pas.

     Ce soir, elle semblait être elle, mais était une autre personne. J'ai vue une partie d'elle que je n'ai jamais imaginé voir un jour. Elle avait parlé comme si je suis une personne qui ne coute rien à ses yeux, un inconnu ou une simple connaissance. Je n'arrive pas à rentrer dans ma tête que c'est elle.

     Et si tout était faux depuis le debut ?

     Mon téléphone vibre soudainement, je le prends précipitamment et il m'annonce un message venant d'Angie.

" J'attendais ce jour depuis tellement longtemps. Heureusement que je me suis débarrassée de toi. Je me suis bien servie de ta présence, mais je ne perd heureusement rien moi. Prends soin de toi et s'il te plaît, fou moi la paix. "

     Effectivement, tout était faux depuis le début.

     Je jette mon mobile et rien qu'au bruit qu'il vient de faire, il doit être bien cassé mais je le laisse par terre. Je mets mon visage entre mes mains et tremble encore une fois.

     Je ne comprends vraiment rien.

         Peut-être que le problème vient de moi?

— Ça va monsieur ? me demande une voix d'homme, je me tourne vers la personne en question et le regard de haut en bas.

— Oui, un problème? je réponds sur la défensive.

— Je suis à quelques mètres de vous depuis tout à l'heure et j'ai supposé que quelque chose n'allait peut-être pas.

— Ne vous inquiétez pas, cette fois si je lui souris, car il semble gentil avec moi.

— Si vous voulez parler n'hésitez pas, je suis juste en face de vous, dans la voiture blanche là bas, me sourit-il avant de tourner le dos.

     Je le vois rejoindre sa voiture, et reste debout, comme un débile sans savoir où je vais.

     Avez-vous, vous aussi, au moins une fois dans votre vie était dans la même situation, où vous êtes perdus, ne savez quoi faire et par dessus tout, briser en milles morceaux?

     Ce qui me choque le plus, c'est son sang froid devant la situation. Je me rends compte qu'elle porte un masque.

     Mais pourquoi?

     Comment pouvait-elle en être capable?

     Ce n'est pas croyable, je dirais même pas possible. C'est soit elle a quelque chose derrière la tête, ou s'est servie de moi pour un truc en particulier ou je ne sais pour quelle raison. J'ignore et mon cerveau n'arrive plus à fonctionner correctement j'ai l'impression. Vouloir tout casser sur ma route car une personne en particulier a cassé une chose si précieuse à l'intérieur de toi, mon cœur. Je dirais même ma fierté. Car tellement que je suis sous le choque, le fait qu'on m'aient mis dehors, je ne m'en suis pas rendu compte sous l'emprise de mes nerfs incontrôlables.

     Angie... son visage, son corps, tout son être me donnent un sentiment incompréhensible à cet instant. Mais une chose est certaine, ce n'est pas ce sentiment magique que je ressens envers elle, mais plus de dégoût.

     Sentiments incompréhensibles, incontrôlables.

     Je m'avance vers l'homme de tout à l'heure et frappe à sa vitre. Il m'ouvre la portière et m'affiche un sourire.

— Je peux vous poser une question ? demandé-je.

— Bien sûr ?

— Peut-on être brisé, alors que nous sommes déjà en morceaux ?

L'homme semble surpris. Il me jette un sourire et soupire avant de prendre sa clope et de tirer un bon coup. Il me regarde à nouveau et me dit,

— Tu sais, ce n'est pas le fait d'être brisé qui te pousse à douter de tout. Parfois, La réponse à ta question se trouve dans un des morceaux brisé de ton cœur.

     Wow. Sa phrase résonne dans ma tête, et me pousse à me poser des questions. Devant ma surprise, il me passe une cigarette et je la saisis. Nous fumons sans arrêt, dans un silence total. Seul nos souffle se font entendre.

     Je ne suis pas doué pour dire au revoir, surtout quand l'attachement et l'amour sont présents. Je peux me définir de monstre, mais même les monstres rêvent d'amour.

     Puis, d'autres questions font apparition mais cette fois-ci, je me demande si ce n'est pas la faute des autres et pas celle d'Angie. Mais comment ne pas être fautif dans une situation pareille, peu importe ce qu'ils peuvent lui faire, elle a toujours le choix, et refuser en fait partie. Et elle sait que peu importe la situation, je serai le premier à être là.

     L'amour n'est pas comme l'on croit. Ce n'est pas aussi rose et beau, comme les rêves le définissent. Car les gens lui donnent tout une autre définition.

     Attirer par lui, il s'affiche dans l'un des visages de certaines personnes, par curiosité nous nous avançons, Puis les moments nous font ressentir, ce mot, qu'est L'AMOUR.

     L'amour, s'affichant sur un visage, se faisant ressentir grâce aux moments.

— Ta copine t'a quitté ? me questionne-t-il.

— Si seulement ce n'était que ça.

— Les femmes sont comme ça, dès qu'elles voient que nous sommes sous leur emprise, elle nous jettent comme de la merde.

— Ça t'es déjà arrivé ?

— Plusieurs fois même.

     Plusieurs minutes plus tard, toujours assis avec cet homme. Il décide de se lever et ouvre sa portière arrière pour en sortir une grande bouteille d'alcool, je me mets à rire. La dernière des choses dont j'ai envie est de me bourré. Je suis sûr que ça va empirer les choses.

— C'est pas la meilleure des solutions pour oublier.

— Oh que tu te trompes, sous l'effet de l'alcool, tout devient plus beau, plus simple, et rien n'est compliqué comme la réalité qui te frappe et me frappe aussi.

     J'hésite...

     Il a raison. Mais est-ce que ce bonheur durerait longtemps ? La réponse est négative, mais parfois, nous avons besoin de juste un petit moment pour oublier. Même si la réalité nous frappera bien plus fort après ce petit moment d'insouciance.

      Je vais céder, et plonger dans un autre monde qui refuse la réalité.

Relève-moiOù les histoires vivent. Découvrez maintenant