« Une fois la tempête passée, tu re demanderas comment tu as fait pour la traverser, comment tu as fait pour survivre. Tu ne seras pas très sûr, en
fait, qu'elle soit vraiment achevée. Mais sois certain d'une chose: une fois que tu auras essuyé cette tempète, tu ne seras plus le même. Tel est le
sens de cette tempéte.»
Haruki Murakami, Kafka sur le rivage
ALESSANDRO
Je regarde toujours la chica qui vient de s'effondrer, son agresseur tombant à ses côtés une balle logée dans son crâne. Je fixe cette fille en fronçant les sourcils et me remémore le voile qui s'est glissé sous ses yeux avant de perdre connaissance.
Toute la tempête du monde semblait s'abattre dans son regard de glace. On aurait dit qu'elle voulait tuer cet homme, mais que quelque chose la bloquait.
Son humanité.
J'espère que ses frères lui apprendront rapidement qu'ici, si elle éspere survivre, elle devra obligatoirement y renoncer. Tout le monde est obligé d'appuyer une fois sur la détente, à Tijuana. Et si elle veut éviter ce genre de chose, elle en sera aussi forcée.
Ce monde où nous sommes n'ai fait que de monstre. Certains ont des valeurs ou des limites à ne pas enfreindre, d'autres non.
Son regard était mélangé de douleurs, de renoncement, mais également de... détermination ? Ou d'espoir ? Je n'en sais rien. Mais ça m'a rappelé quelqu'un.
Je soupire et m'approche des deux corps. Je regarde l'homme que je viens d'abattre et ricane en voyant le reste de poudre sur ses narines.
Et Fabrizio crois réellement que je vais m'allier avec son cartel de drogués.
Si des fabricants de drogue sont assez cons pour en consommer alors qu'ils connaissent les risques, c'est qu'ils n'ont rien avoir avec notre cartel. On tue, on ne se tue pas soi-même.
Je regarde de nouveau la chica avec le sperme du drogué dans les cheveux. Elle a dû en voir de toutes les couleurs en entrant dans ce pays de loin ressemblant à celui des gringos.
-Juan, fou là dans mon coffre. Hors de question que je la porte. je soupire en me dirigeant vers la sortie.
-Dans le coffre ?
-Oui.
Ma voiture est propre, elle non.
J'ignore Fabrizio qui m'interpelle sur ma route et ouvre directement la porte côté conducteur alors que Juan ouvre le coffre pour poser la fille.
Je m'allume une cigarette et ouvre la vitre afin qu'il vienne pour recevoir les instructions. Je ne rentre pas à la maison de suite, j'ai d'autres projets d'abord.
-Personne ne dit à Adrian et Jorge que j'ai leurs sœur. Je pars à Rosarito pour quelques jours. Je veux des hommes qui entourent la propriété.
-D'accord. Ton coffre est grand, essaye de ne pas rouler trop vite.
Je hoche la tête, ferme la vitre et accélère d'un coup. Je vais me gêner tient, peut-être qu'un tour de manège la fera réveiller et me donner cette putain de clé USB.
ESMERALDA
« Je descends les escaliers en me frottant les yeux après un énième cauchemar. Le même cauchemar depuis 3 semaines.
Je vois mes parents se prendre balle après balle et mes frères partir au loin, m'abandonnant ma douleur et moi au côté de mes parents. C'est toujours comme ça, à chaque fois que je ferme les yeux, c'est la même chose qui se passe et ceux depuis leurs enterrements.
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Dark Storm
RomanceAlessandro Santos. Prononcer ce simple prénom était un appel à la mort. Un homme cruel, insensible, froid comme la glace et dirigeant du plus gros cartel du Mexique. Celui de Tijuana. Toutes les personnes ayant un jour croiser son regard sans son ac...
