ESMERALDA
Je suis réveillée par des hurlements.
Mes chiens courent à la porte, affolés par le bruit, et je lève légèrement la tête, les yeux mi-clos, avant de soupirer et de renfoncer ma tête dans l'oreiller.
Quoi qu'il se passe, ça attendra.
— TU L'AS RAMENÉE ICI ! MAIS T'ES COMPLÈTEMENT INCONSCIENT OU QUOI ?
— Qu'est-ce qu'il a encore, celui-là ? soupire une voix féminine.
— TOI, FERME-LA !
— PARDON !?
C'est qui, cette fille ?
Je soupire, puis finis par me lever, à contrecœur et piquée par la curiosité.
Je me sens nauséeuse. Je crois vraiment que j'ai une sale gueule de bois, et j'ai à peine le temps de descendre les escaliers et de franchir le pas du salon que je me reçois du liquide en pleine poire.
Je ferme les yeux et reste immobile, sous le choc.
J'entends mes chats cracher, et mes chiens grogner, mais je ne fais rien pour les arrêter.
Parce que putain, qui vient de me jeter de l'eau alors que je viens à peine de me réveiller ?!
— Oulala... Ça va mal finir, cette histoire, entendais-je Julio.
Très mal finir.
J'ouvre enfin les yeux. Mon regard se porte d'abord sur ce qui m'a été renversé dessus, à mes yeux — et Dieu merci, c'est juste de l'eau.
Puis sur mon chien, qui attend juste que je lui dise d'attaquer.
Puis Adrian, face à moi, qui était sûrement le destinataire à la base.
Et la fille.
J'entends le rire nerveux d'Alessandro derrière.
— Si quieres que conserve la cabeza, sácala. (Si tu veux qu'elle garde sa tête, sors-la.)
— Tu as osé jeter de l'eau sur ma sœur !? s'énerve Adrian.
— C'est toi que je visais, connard !
Wow.
Je ne suis pas sûre de bien comprendre la situation, là, tout de suite. Tout ce que je vois, c'est une fille aux traits asiatiques à côté de Jorge, qui ne semble pas savoir où se mettre, Adrian de l'autre côté, Julio et José sur le fauteuil, un café à la main, et Alessandro en train de fusiller — ce que je suppose être — la copine de Jorge du regard.
— Non mais tu te prends pour qui, au juste ?!
— Figure-toi que je suis la petite amie de ton frère, au cas où tu l'aurais oublié !
— T'as rien à faire ici !
— Je t'emmerde.
— Oh, fermez-la, marmonnais-je.
Je crois avoir parlé assez fort, car les deux se stoppent. Adrian m'envoie un regard à l'aide, pour que je sois de son côté, et cette fille semble vouloir s'excuser, mais n'ouvre tout de même pas la bouche.
Et parce que je viens de me réveiller, que j'ai la flemme de régler une dispute, que j'ai la gueule de bois et que je suis littéralement trempée, je tourne les talons.
Fuir est la meilleure option, je crois.
— Je vais prendre ma deuxième douche de la matinée.
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Dark Storm
RomanceAlessandro Santos. Prononcer ce simple prénom était un appel à la mort. Un homme cruel, insensible, froid comme la glace et dirigeant du plus gros cartel du Mexique. Celui de Tijuana. Toutes les personnes ayant un jour croiser son regard sans son ac...
