Le jour suivant annonçait un dimanche des plus ordinaires. Neil était parti faire du tennis avec un collègue. Il avait voulu refuser, ne voulant pas de nouveau me laisser seule mais j'avais réussi à le convaincre d'y aller en lui disant que j'avais des tas de choses à faire qui ne nécessitaient pas sa présence. Il avait fini par accepter l'invitation de son ami, m'assurant qu'il ne rentrerait pas tard.
Dès qu'il avait fermé la porte, je m'étais mise au ménage de la maison. En vérité, je n'avais pas énormément de choses à faire, comme je l'avais fait croire à mon oncle. Mais l'idée de me retrouver seule ne me dérangeait pas et était plutôt plaisante.
Une fois le ménage terminé, je me lançais dans la confection d'un petit plat pour mon oncle. J'optais pour des cannellonis, je me souvenais qu'il en raffolait quand ma mère les faisait.
Je pris mon temps, m'appliquant à ne pas rater la recette que j'avais noté dans un petit cahier. Je profitais que le plat cuise au four pour ranger la cuisine. J'allais ensuite au salon et regardais tout autour de moi pour trouver une occupation. Je me dirigeais vers la fenêtre et constatais que quelques flocons voltigeaient dans l'air. On était plutôt loin de l'épisode neigeux qui avait été annoncé.
Mue par une soudaine envie de me dégourdir les jambes, je décidais d'aller me promener dans la forêt qui se trouvait non loin derrière la maison. Après tout, je n'avais pas grand chose à faire d'autre.
J'attendis que le plat soit prêt en bouquinant un peu avant de le sortir du four et de le couvrir pour qu'il refroidisse.
Je m'habillais ensuite chaudement avant de sortir. L'air frais qui régnait dehors me saisit et je cachais la moitié de mon visage dans ma grosse écharpe en laine.
Contournant la maison, je me dirigeais vers l'orée du bois. Je ne tardais pas à me retrouver encerclée par les immenses arbres de la forêt. Suivant le chemin de terre qui serpentait à travers la végétation, je me laissais transporter par la tranquillité des lieux.
A mesure que je m'enfonçais dans cette étendue de vert, je sentis mon corps se détendre. Rien n'était aussi efficace qu'une bonne marche pour se réchauffer et se vider la tête !
Mais mes pensées divaguèrent un bref instant et je vis le visage parfait d'Eden se dessiner dans mon esprit tout en me demandant s'il était adepte des balades en forêt.
Secouant la tête vivement, je chassais son image qui s'était imposée à moi. Pourtant, même avec la plus grande volonté du monde, je ne parvins pas à arrêter de penser à ce que Judy m'avait révélé.
Je désirais savoir ce qui était arrivé aux parents d'Eden. Comment étaient-ils morts ? Eden les avait-il connus ? A quel âge il était devenu orphelin ? Comment Christian et Rose les avaient-ils rencontré, lui et Judy ?
Ces questions tournaient dans ma tête depuis la veille et je ne parvenais pas à m'en défaire. Je me rappelais les questions qu'il m'avait posé quand nous étions dans la boutique de sa mère adoptive. Je m'étais dérobée pour ne pas lui révéler les véritables raisons qui avaient fait que j'étais venue ici. Mais je n'avais jamais pris le temps de lui poser des questions sur sa vie à lui.
Cela dit, les occasions n'avaient pas été très propices à ce genre de discussion. Dès que je croisais Eden, je ne savais jamais à quoi m'attendre. C'était comme jouer à la roulette russe. Soit il était de bonne humeur et la conversation pouvait être agréable, soit il était d'une humeur noire et il ne valait mieux pas croiser sa route sous peine de se prendre ses foudres.
Je soupirais doucement, les mains dans les poches chaudes de mon manteau. Je me demandais si Eden serait disposé à répondre à mes questions si je lui demandais de me parler de lui.
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Anmore Cove
ParanormalA dix-huit ans, Wendy décide de partir vivre avec son oncle qui lui a trouvé un stage dans la librairie de sa ville, Anmore Cove. Encore marquée par l'abandon de son père quand elle avait six ans, la jeune fille voit dans ce changement l'échappatoir...
