RETOURNONS À LA CASE DÉPARTJUIN
Le temps envola les derniers moments partagés avec les filles. Moments devenus instants, instants se transformant bientôt en souvenirs qui seraient placés dans des rangées, gardés précieusement dans ma mémoire.
Maya n'avait plus évoqué la scoliose. Malgré mes tentatives pour aborder le sujet, elle les avait toutes esquivés.
Peut-être aurais-je dû insister ?
Le stress du gala avait su échapper à cette pensée dans mon esprit.
16 juin – Gala de danse
La main de Maya dans la mienne. Mon cœur battait à vive allure dans ma poitrine qui se soulevait et s'abaissait rapidement. Mes yeux fixèrent la scène où le classique 6 finissait sa prestation.
Dans quelques secondes, ça serait à mon tour.
Les applaudissements retentirent pendant que les lumières s'éteignirent. Un dernier « bonne chance » de mon acolyte de toujours et j'entrai sur scène.
Plus aucun bruit ne fut perçu dans la salle avant que ma musique ne démarre.
Les premiers comptes apparurent dans ma tête.
Mon bras droit partit flotter au-dessus de ma tête suivi par le gauche offrant au public les somptueuses ailes dorées que j'abordai. Mon pied droit épousa le sol, où mes orteils formèrent la pointe sur laquelle je montai débutant ma première arabesque. Je redescendis rapidement enchainant sur plusieurs jetés qui me firent arriver à l'extrémité de la scène. Ma poitrine se souleva rapidement avant que le prochain instrument ne m'invite dans un déboulé où mes bras se retrouvèrent en courrone. Leur mouvement permirent de faire vivre ses ailes que le public acclama. De plusieurs légers pas, je me replaçai face aux spectateurs, les pieds en cinquième position, la tête rabaissée, mes ailes refermées, plusieurs secondes s'écoulèrent.5.6.7.8 comptai-je dans ma tête.
À plusieurs reprises, les ailes offrirent un ballet aérien.
Placé en effacé, mon bras droit emporta mon corps dans une nouvelle arabesque. Tout le poids de mon corps reposa sur ma pointe lorsque je sautillai me retrouvant face au public. Mon attitude aborda la prestance de la gardienne que j'incarnai. Ma jambe toujours en l'air bien au- dessus de mon dos, se rebaissa se plaçant tendu dernière l'autre jambe. Mes mains se rassemblèrent. Mon corps ne bougea plus, la musique prit fin.Une seule minute me fut accordée pour vivre cet instant avant de me faire submerger par une vague d'applaudissements.
Ma tête se tourna à droite dans les coulisses où son visage était ému.De ses lèvres, je réussis à lire :
« Je suis fière de toi, ma Rose ».La seconde d'avant, j'abordais le rôle de gardienne du soleil et l'instant d'après, le son des cymbales ne retentissait plus. Une nouvelle mélodie s'incrusta dans les haut-parleurs. Le classique 5 se positionna à mes côtés et le spectacle se poursuivit.
Le rideau de scène baissé, les portes d'examens s'ouvraient.
Vendredi 29 juin
Aucune pensée pour mon orthèse reposant sur mon lit dans ma chambre à l'heure actuelle. Après plusieurs conversations avec l'orthoprothésiste et mon kiné, ces derniers m'avaient conseillé de ne pas le porter. Sa présence n'aurait été qu'un poids de plus face à la boule dans mon ventre qui s'imposa plus qu'à n'importe quel moment.
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SCOLIO'ME
RandomOn le sait tous dans l'obscurité se cache toujours un faisceau de lumière. Rose Sorena ne se doutait pas que sa vie, déjà assombrie par les brimades et les insultes qu'elle subissait quotidiennement, allait basculer dans les ténèbres à cause d'une s...