Selon Emilliène
Le vide.
Trou noire infini, espace démunie sentimentalement.
L'état de neutralité infini.
Cette phase, où tout semble n'ayant de sens.
Un moment d'incompréhension baignade dans l'instinct mensongère de préservation.
J'y suis.
Je demeure.
Mon regard, aussi vide qu'il puisse paraître, accommode toujours sur son corps inepte, la notion de compréhension et d'appréhension me sont totalement étrangère malgré nos connaissances mutuelle.
Je suis consciente de ce qui s'est passée, je le sais pourtant, cependant pertinemment, je reste persuadée du contraire.
Mes doigts se détachent du poignard lentement et pas à pas.
Jusqu'à ce qu'il se réceptionne sur son torse.
Mon cœur, l'avais-je encore à cet instant ?
Mes doigts lentement, passent-ils sur son visage recouvert de cette teinte, d'un rouge écarlate.
J'ai honte de me l'avouer, et pourtant ça doit sortir, à fin de me libérer.
Avec douceur, amertume de regret qui me profane les profondeurs de mon âme, j'exerce des petits cercles sur ses joues, mes larmes ne cessent de couler, je suis pourtant assèche, alors pourquoi pleurer, si mes pleurs n'ont réellement de fondements ?
George Senth, qui étais-tu ?
Cette personne froide, cruelle, un tortionnaire sans scrupules, un violeur de longues dates ?
Un criminel ?
Un pédophile ?
Ils le diront et le penseront tous, à l'unanimité.
Moi qui suis l'une de tes victimes, une proie sur ton tableau de chasse, je me devrais de partager la pensée populaire vis à vis de toi, hélas je berce d'un mensonge illusoire d'une utopie féerique donc, tu as été mon prince charmant, celui-là qui m'a sauvé de ma propre innocence, qui m'a conduite à l'éveil féminine, mon tout premier, l'unique homme que je reconnais, éternellement je ...
Je...
Encore une fois, mes larmes inondent mes pensées.
Inconsciemment, je suis rappelée au consciencieuse de mon être, par l'imposition d'une main sur mon épaule droite.
Je trépasse de mes émotions, récupère fièrement mon poignard.
Ne quittant sous aucun prétexte son regard obstrués, je porte ma masse corporelle sur mes jambes.
La main droite de Jule ramène mon visage au siens, me faisant échapper le visuel sur celui de George.
- Émie...
- Ne dis rien. Je ne veux rien savoir. Je... Je n'ai pas besoin d'être rappelée à l'ordre... Je ne veux pas savoir qu'il...
- Qu'il est mort !? Oui ! Emilliène, George est mort !
Gronde t'il en me secouant.
De ses bras puissants placés de part et d'autre de mes épaules, il essaie de me ramener dans fureur du réalisme.
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FUGITIVE DE MON EXISTENCE
Mystery / ThrillerLa mort ne se résume pas à l'arrêt du cœur, ni à la désertion des organes vitaux. Dans le cas d'Emilliène Bassamg, elle était vivante et morte tout à la fois. Son cœur battait encore, ses organes poursuivaient leur cycle, certes, mais son humanité...
