Selon George
Jamais je ne serais en mesure de comprendre la phobie de l'être humain vis à vis de la mort. Et pourtant, nous sommes sans ignorer que la vie n'est d'autre que la succession de la mort, et la mort, l'achèvement d'une vie.
Alors, pourquoi présenter un tel sentiment ?
Pourquoi le craindre à ce point ?
Je me suis tellement posé cette question, et nombreuses sont mes déesses pour ne guère dire mes victimes ont été à me confirmer leurs incapacités, leurs similitudes amères avec le reste du monde.
Jusqu'au jour d'aujourd'hui, je croyais que mon attachement envers Emilliène n'était fait que de chairs, je pensais que, comme toutes ses précédentes, elle finirait par m'aimer, par me désirer, par faire de moi ça priorité, et non qu'elle sera exactement comme mon tout premier chef-d'œuvre.
Certe, j'ai vue en elle un synonyme de Kasia, mais une ténacité à être Kasia dans tout son délire et sa splendeur. Je ne sais pourquoi, ni comment, mais Kasia et Émie sont toutes deux complémentaires, ont dirais presque qu'elles cohabitent dans ce corps, qu'elles s'acharnent à périr en me conduisant dans leurs chutes communes.
Émie, Kasia...
Bien que j'en ai eut des femmes dans ma vie, aucunes d'elles n'ont pu me faire atteindre cet état d'âme, j'irais jusqu'à le confondre à l'amour.
Un amour sanguinaire, un amour douloureux, un amour ténébreux remplir de souffrances communément partagées et délectées.
Assis près du corps en sommeiller d'Émie, mes mains baladeuses sur son corps, parsemé de mes sculptures les plus emblématiques.
À chaques fois que je défile l'une des nombreuses cicatrices et ouvertures de son corps, je suis vite pris dans un soupçon de mélancolie, de nostalgie, me submergeant de cet instant, où je lui sculptais avec efficacité, énergiquement, scrupuleusement et douloureusement cette œuvre d'art.
Chaque parcelle de son corps est imbibé de mon majestueux talent de sculpteur, de ma ténacité à faire d'elle mon ultime chef-d'œuvre.
J'en deviens nostalgique à chaque remémoration, je revis instantanément ce moment de gloire, de plaisir, de délice, je sens mes papilles en redemander, mon érection ne tarde à se prononcer, mon gland prend un volume des plus insoupçonnés.
Émie, j'ai beau vouloir me délecter de toi, j'ai beau vouloir te jeter comme le jouet usé que tu es, me débarrasser de toi, car tu es fanée comme cette fleur dépourvue de luminosité et d'humidité, tu es comme ce blanc qui a perdu la splendeur de sa blancheur, à mes yeux, tu n'es plus rien... Et pourtant, mon corps ne cesse de te désirer ; mon conscient ne cesse d'imaginer, d'innover, de concevoir, d'entrevoir et de créer des scènes toujours aussi violentes et charismatiques juste pour toi, juste avec toi et toujours avec toi.
Je me suis éperdument attaché à un objet de compagnie, quelle déception.
Toujours dans cette position, et dans la même contemplation, je l'aperçois retrouver peu à peu ses esprits.
Évidemment, mon désir pour elle se veut grand, grandiose que je ne lui laisse le temps d'entrée en possession de son être, qu'aussi je mets à califourchon sur elle.
Bien que son corps soit aussi chétif, maigre, et mince, ne tenant plus que sur ses os, pour moi, je ne peux que combler ce feu ardant qu'elle laisse naître en moi.
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FUGITIVE DE MON EXISTENCE
Misterio / SuspensoLa mort ne se résume pas à l'arrêt du cœur, ni à la désertion des organes vitaux. Dans le cas d'Emilliène Bassamg, elle était vivante et morte tout à la fois. Son cœur battait encore, ses organes poursuivaient leur cycle, certes, mais son humanité...
