Selon Emilliène
Silence, la mort est là !
Silence, la mort approche !
Silence, il ne faut pas qu'elle te repère !
Silence....
Pourquoi me rappelle-je de ses paroles ? Pourtant, il m'arrivait dans ma tendre enfance aussi lointaine qu'elle soit, de ne pas arriver à m'endormir après les avoir écoutées...
Et aujourd'hui, elle me reviennent en mémoire.
Dans le cauchemar de la mort, j'aperçois ses lèvres qui marmonnent des phrases, elles me paraissent inaudibles, et pourtant je sais promptement le sens qu'elles aimeraient que je perçoive.
Sans prêter gare aux multiples hématomes de mon cœur, sans me donner aux étalages des ouvertures qu'il m'a offert, je prends premièrement appuis sur mes coudes, ceux-ci me ramènent immédiatement au sol.
Ne relâche rien
Vas-y relève-toi.
Tu tombes ce n'est en aucun cas la fin.
Tant qu'il y'a ce souffle, tant que tu respires tu peux encore te battre.
Alors relève-toi Emilliène Bassamg.
Relève-toi !
Une seconde fois je réessaie, cordialement je suis littéralement attirée sur le carrelage.
Encore !
Troisième tentatives, infructueuses tout comme les précédentes.
Ne lâche rien.
Encore, vas-y !
Je renouvelle mon regard sur Jule, il faillit au regard, il se rapproche dangereusement des bras de la dernière heure.
Encore une fois, je porte ma masse physique sur mes coudes.
Ça y est, je suis à quatre pattes.
Je me démène du mieux que je peux essayant de me rapprocher d'eux.
" Dans la poche gauche de ma blouse, tu le trouveras "
A-t-il laissé échapper dans les mouvements de ses lèvres. Effectivement, il m'a ouvert une ouverture, il s'est recroqueviller sur lui, de façon à donner en martyr son côté droit.
Lentement, je réduis considérablement la distance. Mon corps me lance affreusement, me hurle toutes sa souffrances, mais je l'ignore. Je ne peux pas faillir, je n'en ai pas le droit après ce qu'il fait pour moi.
Alors Emilliène avance, rampe s'il le faut, mais tu dois avancer, tu dois avancer !
Tout près d'eux, je me jette brusquement sous les pieds de George, il me faut une parade, juste un tout petit instant, juste quelques secondes et ça va le faire.
- Je t'en supplie George, épargne le... Fais-moi subir les rafales de ta fureur, mais lui, épargne le... Pitié maître...
- Où est passé l'assurance donc tu t'étais dotée Emilliène ? Au final je ne comprendrai jamais les femmes, il y'a un instant, j'aurais pris la fuite en te voyant, et là, maintenant tu redeviens mon gentil jouets ?
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FUGITIVE DE MON EXISTENCE
Misterio / SuspensoLa mort ne se résume pas à l'arrêt du cœur, ni à la désertion des organes vitaux. Dans le cas d'Emilliène Bassamg, elle était vivante et morte tout à la fois. Son cœur battait encore, ses organes poursuivaient leur cycle, certes, mais son humanité...
