Selon Emilliène
La soumission.
Cet état de total abandon, l'espace dans lequel l'on se perds dans l'obéissance écarlate.
L'on en vient à ne vivre que sous la demande d'une personne, aussi devient-on une sorte de parasite accroché désespérément à son hôte, sans qui, l'on ne serait rien.
Celui pour qui l'on voue un culte des plus profond, sans retenus, il devient notre divinité, la seule voie à suivre, aux accords de ses cordes vocales, l'on s'abandonne à une soumission instantanée sans jamais se demander le pourquoi ni le comment de la chose; au contraire, l'on se doit de se doter d'une obéissance sans faille, l'existence de la crainte ou d'une toute autre forme de remise en cause n'est existentielle dans cet espace temps.
Voilà en quelques sorte l'état dans lequel je suis plongée sous peu.
Jusqu'au jour d'aujourd'hui, me suis-je toujours profondément fais comprendre que les actes qui nous submergent sont en grande partie causées par nos actions.
Or, il arrive très souvent que nos actions n'ont aucunement un rapport aussi soit-il lointains ou rapproché que l'acte futur; néanmoins George et Emilliène, deux vies distinctes, deux destinations et destinées opposés ne sauraient se rencontrer et pourtant, ce fût le cas.
Aujourd'hui, je ne peux plus me limiter à cette limitation, je dois quoiqu'il m'en coûte, briser ces chaînes de soumissions qui me retiennent sous ta laisse George, quitte à périr, j'en suis prête.
N'ai-je plus de temps d'hésitation, alors je fonce !
- Je...
- Quoi !? As-tu perdus ta langue Emilliène ?
À droite.
Oui, elle est postée à ma droite.
Si je me base sur l'état et l'ampleur des dégâts sur ma joue, je dirais que George est juste en face de moi.
C'est exact, son souffle chaud qui s'écrase sur mon front ne fait qu'ajuster mes dires.
Alors, à ma gauche, doit se trouver Jule, en espérant qu'il est conservé son calme et n'est aucunement bougé, il doit être à cet instant toujours assis sur son sofa, à admirer la scène face à lui.
Calluis dans ce cas...
Je n'arrive pas à distinguer son odeur dans la pièce.
A-t-il quitter la pièce !?
Non, impossible, il doit sûrement être cloué quelque part non loin de sa censure. Mais où !?
Dans l'immédiat, je renifle les odeurs présentes dans la pièce, et rotation de mon lobe crânien pour couvrir une grande partie de la pièce; étant dépourvue de ma faculté visuel, mon odorat, mon ouï et mon touché sont mes seuls atouts contre ce que je prépare, autant m'y habituer dès maintenant.
- Qu'a-t-elle encore à renifler dans tout les sens ? On dirait une chienne en chaleur.
Bingo !
Trouver.
Comme je me doutais, de faible intensité certe, mais bien présente.
À la droite de sa diablesse, se trouve-t-il. Maintenant que faire ?
Ils sont trois et compte tenu des inégalités de forces, je suis clairement en déphasage et en désavantage.
Je ne pourrais surement jamais m'en sortir à moi toute seule, et la certitude que j'en tire de cette situation, forcément après la chute de ma tentative tombée à l'eau, George, Calluis et Vérone me feront payer ma révolte à coût chères.
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FUGITIVE DE MON EXISTENCE
Mystery / ThrillerLa mort ne se résume pas à l'arrêt du cœur, ni à la désertion des organes vitaux. Dans le cas d'Emilliène Bassamg, elle était vivante et morte tout à la fois. Son cœur battait encore, ses organes poursuivaient leur cycle, certes, mais son humanité...
