Deux semaines plus tard.
La situation est toujours aussi saugrenue, Andy est aussi indifférent et Rosa une vraie pipelette, elle parle pour deux. Les matinées passent plus vite en sa compagnie, je suis forcée de le reconnaître, elle est très agréable à côtoyer. Son extravagance s'est effacée pour révéler des traits de personnalités très appréciables.
— Rosa, je me demandais qu'est-ce que tu as commis pour finir ici ?
— Dégradation d'une boutique de luxe.
Je fais les grands yeux.
— Mais pourquoi ?
— La vendeuse m'a foutu dehors.
— Je ne supporte pas cette condescendance !
— Condé quoi ?
— Les gens qui prennent de haut les autres.
— Ah !
— Et Andy.
Elle sourit.
— Il est canon, hein ?
— Quoi ? Non. Je me posais juste la question.
— Demande-lui !
— Il a développé une forme de pathologie du langage avec moi.
Elle rit.
On rejoint nos véhicules, Andy monte avec Rosa cette fois, en m'ignorant. J'ai décidément du mal avec son comportement. Pourtant, il est souvent en ma compagnie, mais il ne m'a pas adressé un seul mot.
Le soir, il est prévu qu'on se rejoigne en ville, Rosa m'a envoyé l'adresse, un salon de coiffure, je m'attends au pire. Je me fixe dans le miroir, et j'enfile mon col roulé.
Ma voiture s'arrête devant ce salon de quartier, qui ne paye pas de mine. Je sors et je rejoins la devanture, la porte est fermée. Je frappe à la porte, qui s'ouvre sur Rosa qui me tire vers l'intérieur.
— Vous êtes déjà là.
— Par contre, chérie, on se tutoie. Quarante jours qu'on ramasse de la merde, on peut passer l'étape du vouvoiement.
— D'accord, je n'y vois pas d'objection.
— On va aussi décoincer ton langage.
— Qu'est-ce que tu lui reproches ?
— Un peu trop coincée.
Je fais les grands yeux. Je fais le tour de la salle, Andy n'est pas là. La coiffeuse me conduit vers un bac à cheveux. Je me laisse faire, un peu de changement ne peut pas me faire de mal. Rosa se fait les ongles pendant que la coiffeuse me pose une patine sur la tête. Elles discutent de la condamnation de Rosa et explosent de rire quand celle-ci lui raconte la dégradation de la boutique.
Une fois le temps de pose terminé, elle me lave les cheveux, puis s'occupe de structurer la coupe de cheveux, je me détends, quand j'aperçois mon reflet, le brun met mes yeux verts en valeur, c'est magnifique. Sa coupe me donne un côté femme fatale, je ne peux plus détacher le regard du miroir.
— Tes cols roulés, poubelle.
— Ils tiennent chauds.
— Un samedi soir dans ton canapé. Mais le reste du temps, je veux du sexy.
Je souris. On passe au maquillage.
La maquilleuse prend le relai, elle m'explique comment me mettre en valeur, sans charger le maquillage. J'écoute avec attention. Habituellement, je ne me maquille pas ou très peu. Une fois fini, elle m'autorise à regarder le résultat, c'est renversant, j'ai du mal à me reconnaitre.
On quitte le salon, pour un bar branché de New-York, le videur nous laisse entrer. On se dirige vers une table, Andy est installé, il sirote sa bière, il pose les yeux sur moi et me reluque. Aucun homme ne m'a regardé comme ça. Il est métamorphosé, son style habituel a laissé place à un t-shirt moulant et un jeans qui met son corps athlétique en valeur. Ses bras nus révèlent des tatouages. Les autres fois, il se cachait derrière une affreuse chemise bien trop large, sa coiffure était négligée.
On s'assoit l'un en face de l'autre, Rosa se lève pour aller passer la commande. La situation est gênante.
— Très sexy.
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Toxic
Storie d'amoreTanya est comdamnée par le tribunal suite à l'harcèlement de l'influent homme d'affaire Alex Willis. Le juge prononce une mesure restrictive d'éloignement avec une peine de travaux d'intérêts généraux. Elle y fera la rencontre de Rosa et Andy, bien...
