Dans le royaume d'Al-Hashar, le Roi Zillar incarne une véritable terreur, redouté par ses sujets pour ses sombres pouvoirs et la prophétie annonçant sa chute imminente. Malgré le mépris de son peuple, il est résolu à régner, même au prix de l'opposi...
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Je doute que mon retour en ces lieux soit une sage décision, surtout après avoir été blessé dans cette même enceinte. Pourtant, Al-Zahra demeure l'unique endroit où je pressens pouvoir dénicher les réponses que je convoite – indubitablement.
Progressant à travers cette vaste salle, mon regard se porte sur les fresques l'ornant, contemplant le troisième tableau sous un jour nouveau, à présent que les arcanes du sceptre m'ont été révélés. Debout devant cette œuvre d'art et subjugué par sa représentation désormais empreinte de significations plus profondes, je constate que mes pas ne m'ont pas ramené ici depuis l'incident qui faillit m'ôter la vie.
Tout semble à présent empreint d'une étrangeté nouvelle. Les contours de cet endroit se dessinent différemment de mes souvenirs ; c'est tout à fait singulier. Je crains de ne pouvoir discerner si cette perception inhabituelle découle de la proximité de ma propre fin ou de la révélation liée au sceptre caché. Je suis incertain.
Ce que je puis affirmer, cependant, c'est que je pourrais retrouver ce sentiment de refuge que j'éprouvais autrefois.
— Souhaitez-vous que je révèle à nouveau l'objet ?
Je n'accorde pas d'attention à la plaisanterie d'Hikari qui vient de se joindre à moi ; je me dirige simplement vers la toile suivante.
— Ou peut-être désirez-vous prendre votre revanche ?
Ces simples mots m'assurent qu'elle partage précisément la même pensée que moi. Cela confirme également qu'elle accorde bien peu de valeur à sa propre existence. Il y a à peine quelques jours, elle frôlait la mort. Comment peut-elle plaisanter si rapidement ? J'ai failli la perdre et pour elle, cela semble être sans importance. Comme si cela n'avait eu aucun impact sur elle.
— Avez-vous décidé de m'adresser la parole aujourd'hui ? la questionné-je en poursuivant vers le cinquième tableau.
— Je pensais que je n'aurais guère d'autre choix, répond-elle en me suivant.
Je ne sais comment l'exprimer, si ce n'est que je me réjouis de sa conversation enfin accordée après m'avoir ostensiblement ignoré ces quinze derniers jours. Je vis véritablement de peu et, sur le papier, cela peut paraître pitoyable. Toutefois, cela ne m'empêche nullement de me féliciter de cette petite victoire, comme si j'avais remporté une bataille.
Sa voix, loin de revêtir la froideur qui aurait dû me caractériser, reste plutôt neutre et même cela, je le considère comme une authentique réussite. Tout ce qu'elle veut bien m'accorder, je me permets de le recevoir. Je me laisse atteindre, quoique cela ne soit guère honorable.
Ces pensées, je ne saurais les maîtriser lorsqu'elle se tient si près. Elles m'échappent, contrairement à mes habitudes. Je suis contraint de les endurer, comme si je n'étais rien d'autre qu'un homme à ses yeux. Créé pour elle.