Dans le royaume d'Al-Hashar, le Roi Zillar incarne une véritable terreur, redouté par ses sujets pour ses sombres pouvoirs et la prophétie annonçant sa chute imminente. Malgré le mépris de son peuple, il est résolu à régner, même au prix de l'opposi...
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Je sais que quelque chose cloche quand, en pleine obscurité de la nuit, je me redresse brusquement, hors d'haleine, la tête presque en éclats par le cauchemar qui m'a assailli.
Sans attendre, je me retourne, constatant qu'Hikari est toujours en ma compagnie. Tout ainsi que la masse de coussins qui nous séparent, lesquels j'ai hardiment maintenus en place durant la nuit. Ce n'était pas simple, car elle n'a cessé de s'agiter, telle une enfant cherchant à étreindre une peluche. Partager mon lit avec elle s'est avéré une regrettable décision, bien que je puisse désormais témoigner qu'elle n'a pas cherché à s'échapper.
La tentation de m'enfuir m'étreint à présent. Toutefois, elle possède toujours la précieuse carte. Peu importe combien mon désir et ma nécessité implorent une quête solitaire, je ne saurais me permettre de lui infliger pareil affront. Ainsi, je m'élève et me dirige vers la fenêtre, où m'a semblé percevoir un bruit.
Seulement, avant que je ne puisse examiner quoi que ce soit, celle-ci est soudainement fracassée par une flèche volant de l'autre côté de la pièce. Je scrute l'horizon et repère l'archer qui arme déjà une nouvelle flèche. Sans hésitation, je m'élance vers Hikari, nous projetant tous deux de l'autre côté du lit, alors que la flèche se fiche au-dessus de nos ombres sur le mur.
La respiration d'Hikari vient de rattraper la mienne tandis qu'elle ouvre grand les yeux. Pour la faire taire, je pose la main sur sa bouche et obscurcis les environs afin d'éviter d'être repérés par les assaillants. L'aidant à se relever, je récupère les maigres affaires qui nous restent dans la chambre avant de nous éclipser. Nous devons agir rapidement.
— Que se passe-t-il ? demande-t-elle, la tête encore ailleurs.
Je dissipe immédiatement l'obscurité de ses yeux pour qu'elle puisse voir plus clairement, alors qu'elle s'appuie contre moi en boitant légèrement, signe inquiétant.
— Nous sommes attaqués, lui expliqué-je en la guidant plus rapidement. J'ignore qui ils sont ou ce qu'ils veulent de nous, mais nous ne pouvons risquer une confrontation.
Je ne peux risquer de vous perdre.
— Je... Je ne comprends pas, articule-t-elle, le visage encore empreint de fatigue. Quelle est notre conduite ? Où nous dirigeons-nous ?
— Nous prenons congé simplement plus tôt que prévu. La chambre est déjà payée, soyez sans inquiétude. Nous devons partir sans tarder, poursuis-je, lui permettant d'avancer une fois parvenus au rez-de-chaussée. Êtes-vous en mesure de courir ?
Elle hoche la tête, me donnant ainsi le signal de hâter le pas, tout en veillant à ce qu'elle reste derrière moi. Aucun son n'atteint mes oreilles et cela me préoccupe, car ne rien entendre de son adversaire est rarement de bon présage. Cela suggère qu'il s'est éclipsé ou qu'il prépare une embuscade, des possibilités qui ne me plaisent guère.
Nous nous immobilisons près de la porte d'entrée. Penché par la fenêtre, je scrute les environs. Peu importe le nombre d'ombres que je disperse autour de nous, l'assaillant nous repérera immanquablement une fois que nous ouvrirons la porte. Cependant, c'est la seule issue pour nous échapper.