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KENAN.
Mes yeux ne cessèrent de la regarder. Je la vois, chaque mouvement, chaque vibration. Elle n'est plus qu'une simple illusion de mon obsession, elle est devenue la faille, la propre ironie de mon existence. Mais j'ai failli, encore une fois.
- Tu penses que... ça va finir comme ce matin ? demande-t-elle la voix brisée, presque avalée.
- C'est possible. répondis-je, le ton froid, calculé.
Son regard reste fixe sur un point imaginaire, comme pour fuir la situation. Mais le poids de mes mots semble l'enfermer dans une cage invisible. Elle m'ignore, elle se fait du mal.
- Ce n'est pas le moment de faire la tête, et tu le sais. tentais-je, l'irritation montant dans ma gorge.
- Avec toi, ce n'est jamais le moment. On verra plus tard, c'est ça.
Elle lève les yeux, mais tout ce que je vois, c'est ma petite poupée perdue entre la lumière et l'obscurité. Elle est partagée entre la colère et la douleur, mais peu importe, je ne dois pas la laisser partir encore une fois.
Je la fixe, cherchant une réponse à ces mystères, mais rien. Le silence pèse entre nous, comme un gouffre. Un moment lourd, presque écrasant. Je n'ai jamais voulu l'impliquer autant dans ce monde. Certes, je voulais qu'elle goûte à moi, mais pas à l'ombre du bonheur. Je dois la protéger, mais elle ne voit que l'homme que j'étais, pas celui que j'essaie de devenir pour elle. Et pour une fois, ça m'effraie qu'elle me voie comme avant.
Soudain, Miguel fait irruption dans la pièce. Je me tourne vers lui, mon regard ne laisse aucune place à l'indulgence.
- Miguel occupe-toi de lui. C'est ton moment pour te racheter.
Je fais un signe de tête, froid et autoritaire. Il ne répond pas.
Tout mon être se tourne vers elle.
- Amor...
Ses sourcils se froncent, laissant ses pupilles éviter les miennes. Elle reste figée, comme une statue. Et je sais qu'elle est sur le point de craquer.
- Tu me dégoûtes, j'ai pas envie de te voir et ne m'appelle pas « amor ». Elle crache les mots, tranchants comme des lames.
Je serre les dents, mes doigts s'enfoncent dans ses joues, forçant son regard à croiser le mien. J'entre dans son espace qu'quelleente tant bien que mal de confiner. Mais j'ai l'impression qu'elle me repousse à chaque souffle.
- Si tu veux parler, parle.
La patience disparaît peu à peu, mais la rage monte dans ma poitrine.
- Pendejo ¿Cómo puedes mirarme sin pensar en estas perras ? Va te faire foutre. (Comment peux-tu me regarder sans penser à ces salopes ?)
Ses mots sonnent comme de vrais coups de poing. Je lève un sourcil, la rage grandissante.
- Calmate, je t'ai dit de parler. Pas d'insulte. Ma voix est un murmure glacial.
Elle s'éloigne mentalement de moi, comme si le creux sous nos pieds l'aspire. Mais je ne la laisse pas fuir, pas cette fois.
- J'en ai rien à foutre, je me sens autant insultée que toi ! hurle-t-elle, brandissant son doigt devant mon visage.
D'un geste brusque, je saisis son doigt. La compression fait apparaître une grimace de douleur sur son visage.
- Cabrón! Lâche-moi !
Elle tente de me repousser, mais ses tentatives sont vaines.
- Pendeja ! je t'ai dit d'arrêter de m'insulter. Je crache mes mots avec une colère froide, mais cette colère me consume tout de même.
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TRUST
RomancePerdue sur la côte mexicaine, River Mendes cherche juste à survivre. Rejetée, seule, elle décroche un job dans un bar de nuit connu pour ses secrets : La Casa. Un bordel déguisé. Une façade. Derrière le comptoir, Kenan Reyes règne. Froid, intouchabl...
