Chapitre 36

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RIVER.

Je ne sais pas qui est cet homme, mais tout me laisse dire que c'est un ennemi, mais cette fois-ci, il est spécial. Je vois que le ton monte et qu'ils se prennent la tête. Connaissant Kenan, je peux comprendre qu'il est très, très énervé. J'aimerais écouter ce qu'ils disent.

Je laisse tomber ma main sur la portière, ma main tenant la poignée ; j'ouvre sans le lâcher des yeux. Il semble assez sur la défensive et déterminé. Alors il a tenté de me tuer ? J'ouvre très discrètement et en sors toujours de la même manière : je reste accroupie pour ne pas me faire repérer. Au même moment, Kenan s'avance et élance son poing qui s'abat sur cet homme.

J'eus l'impression que la mâchoire de cet homme était brisée, il tomba au sol, comme un K.O. Je suis bluffée par la force que Kenan a dans son bras.

– Sors de derrière la voiture et ouvre-moi le coffre. lâche Kenan d'un ton glacial.

Je me fige, mais je me redresse tout en lui lançant un regard perplexe. Je reste immobile quelques secondes, ce qui le fait jurer. Il souffle longuement d'impatience et décide d'intervenir :

— Bien, puisque tu restes plantée là, je vais le faire tout seul.

Automatiquement, mon corps réagit et je ne perds pas de temps à m'avancer en direction du coffre.

— C'est bon, je vais le faire. dis-je en continuant de marcher.

— Non, j'ai dit que j'allais le faire. Ce n'est pas un jeu, River, entre dans la voiture.

Il attrape fortement les épaules de cet homme et commence à le traîner en direction du coffre. Je me demande ce qu'il veut faire, mais je suis consciente que ce n'est pas le bon moment de lui demander. Je me contente de hocher la tête et de regagner la portière passagère. J'entre et m'assois, m'assurant de regarder s'il y a du mouvement.

— Pendejo, espèce de bipolaire. dis-je à voix basse, tout en l'observant dans le rétroviseur.

Sérieusement, ce comportement m'énerve énormément et à chaque fois, c'est toujours le mauvais moment pour en discuter. C'est vrai, quand est-ce qu'on a eu une conversation comme des gens totalement normaux ? Quand est-ce qu'on l'a été ? Il est totalement sur une autre planète, il ne vit que par la violence, la drogue et le sang. Parfois, il paraît normal, mais je vois bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas, et je suis au milieu de tout ça. Par exemple, avec tous ses changements d'humeur et sa complexité, je n'arrive pas à déterminer ce qu'on est. J'ai juste l'impression d'être là, parce que je dois être là. Pas parce qu'il le veut, ou si moi je le veux. C'est trop loin pour y penser. En fait, c'est juste trop.

— Tu penses à quoi ?

Je sursaute, ne m'étant pas rendue compte de sa présence, et je plaque ma main contre mon cœur.

— Ouah, tu m'as fait peur ! dis-je en soufflant.

Il démarre, mais ne détache pas son regard de moi. Et ça commence à me mettre mal à l'aise.

— Alors, à quoi est-ce que tu pensais ? Insiste-t-il.

Je laisse tomber ma tête entre mes doigts, je le scrute longuement, il regarde la route qui défile de plus en plus vite.

— À toi.

Il lâche un ricanement, tout en faisant glisser sa main contre ma cuisse. Il laisse son pouce caresser ma peau. Je le laisse faire.

— Moi aussi, je pense à toi. lâche-t-il.

Il remonte sa main jusqu'à la mienne qu'il serre fortement, sans me faire mal. Néanmoins, je reste distraite. Je ne veux pas qu'il pense que ça ne me fait rien quand il devient froid et parfois brusque.

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