~
RIVER.
Il réajuste le sac autour de mon bras, il attrape quelques mèches de mes cheveux et les places devant mon visage. Il brandit son bras avec une carte dans sa paume, il la place à coter de mon visage.
— Parfait. Dit-il en faisant des aller retour visuel entre la carte et mon visage.
Il la tourne face à moi, et je peux lire : DEA. J'écarquille vivement les yeux. Il y a ma photo collée sur le portrait, avec un prénom inconnu.
— Attend, c'est quoi ça !?
— T'as carte, tu es un agent de la DEA maintenant River. Ce sera ton rôle aujourd'hui.
— Kenan, explique--moi ce que je doisdois faire exactement, je ne je ne comprends plus rien. Je dois faire transiter de la drogue, en me faisant passer pour un agent de la DEA ?
— C'est ça poupée, ta tout compris.
— Tu te fous clairement de la gueule de tout le monde.
— Oui.
J'arque un sourcil, je baisse la tête pour admirer ma tenue.
— Tu as plutôt bons goûts pour les vêtements de femmes, des vêtements de femmes riche. Dis-je en passant mes mains sur mon débardeur blanc en soie.
Il pouffe.
— Tu seras une femme riche si tu réussis cette mission, cent mille dollars. Du moins pour toi c'est un luxe.
— Cent mille dollars !? Et tu payes tout le monde à ce prix là ? Il ne doit rien te rester si tu donnes ça à tout les gens qui travaillent pour toi.
Il ricane en rangeant la carte dans mon sac.
— Tu es la seule a toucher le jackpot, je pourrais te donner plus, mais d'abord je doit savoir, si tu les mérites et pourquoi tu les mérites.
Mériter quelque chose avec lui, ça doit être difficile. Je me met à ricaner.
— Quelques milliers de dollars pour toi c'est rien, pas vrai el gran jefe?
— Très drôle River, un humour débordant. Avec ces quelques milliers de dollars comme tu dis, je te fais passer pour un agent de la DEA et j'assure ta protection.
— Oh ça va, pourquoi tu es si rabat-joie.
— Et pourtant c'est toi la rabat-joie, madame a peur de tout, madame tremble quand un homme ose lui adresser la parole.
— Ça ! Tu vois, tu me reproches mes peurs alors que tu m'en parlais encore hier, la je fais face à toi. Tu es littéralement ma paralysie du sommeil Kenan.
— Je rêve...je fais si peur que ça ? Moi je pense plutôt que c'est toi qui a un problème mentale muñequita.
— Muñequita? A la fin moi aussi je vais te trouver un surnom ! Vas-y choisis avant que je t'en trouve un pourrie.
Il pouffe avant de montrer ses dents en mordant légèrement sa lèvre inférieur.
— Tu pourrais m'appeler...
Je le coupe :
—C'est bon j'ai trouver, je vais t'appeler el loco ou el psicopata, t'en pense quoi ?
— Je pense plutôt que el laco c'est Alex, et pour el psicopata c'est trop original. Aller dans ta petite tête il doit bien y avoir un nom dont tu meurt d'envie de dire, pas
vrai muñequita?
Je vais m'inspirer de ce que je ressens pour lui, la maintenant et tout les autres jours à venir ou ceux du passé.
— Mi miedo
— Mi miedo...Répète-t-il.
Alex entre en fracas dans la chambre.
— Excuse, la porte été ouverte.
En le voyant, el loco me vient en tête.
— El loco is here. Dis-je dans un rire étouffer.
— Tu parles de qui la ? Demande-t-il les sourcils froncés.
Il s'approche de moi et ajoute :
— Si tu parles de moi, je vais te tu...
Kenan intervient rapidement en le coupant :
— Alex, si tu es venues pour te battre tu peux repartir.
— Non, pas du tout même, j'étais venue lui donner du courage. Merci River, très accueillante !
Je recule.
— Je rigole Alex, c'est bon.
Il souffle.
Kenan intervient une seconde fois :
— Aller River, dépêche-toi,-toi, y a une voiture pour toi en bas. Oublie pas ce que tu dois faire.
~
Je marche tenant fermement le sac contre moi, les portes de l'hôpital s'ouvrentouvrent et j'entre à l'intérieur. Je pense à mon frère qui est en ce moment même dans une chambre d'hôpital.
– Bonjour mademoiselle, Vous cherchez quelque chose ? Demande une dame de l'accueil.
Le stress s'empare de moi, je sert ma prise autour de la bandoulière du sac.
— Je voudrais voir, Carlos Garcia.
– Vous êtes de la famille ?
– Je suis sa nièce, River Garcia. Dis-je avec un grand sourire.
Elle sourit en retour.
— Avec ce beau sourire, Monsieur Garcia va être ravie de vous voir.
– Merci beaucoup.
Elle tapote quelques mots sur son ordinateur.
— Chambre 256, mais avant je vais vous demander ce qu'il y a dans ce sac.
Une vague de stress me parcourt, je me senssens pâlir.
– J'ai préparé quelques quesadillas ! Répondais-je en le bloquant sous mon bras.
– Bien, je ne je ne vais pas vous demander d'ouvrir, je sais comme c'est embêtant de tout déballer. Par ce qu'avec l'attentatattentat qu'il y a eu lieux à Ciudad de Juarez, on prend quelques précautions.
Je souris chaleureusement, essayant de ne pas faire paraître mon stress.
~
Je pousse la porte, et sur le lit, je vois une silhouette assise face à la fenêtre. Je m'avance.
– Mon colis est arrivé.
Je sursaute à son ton de voix soudain, il se tourne pour me faire face, je découvre un homme d'une soixantaine d'années avec une moustache similaire à celle d'Alex.
– Bonjour. Dis-je en m'enfonçant dans la chambre.
– Il m'a vraiment envoyé une gringa, le petit ? Murmure-t-il.
– Vous êtes Carlos Garcia ?
— Oui, c'est moi, mets la poudre dans l'autre sac.
J'exécute, j'ouvre les deux sacs et transitetransite les sachets. Il n'y en a pas énormément,énormément, mais je dirais au moins cinq ou six kilos.
– Fait attention, regarde bien la porte pour voir si personne ne vient.
Je jette un coup d'œil à la porte, j'accélère le rythme.
~
– Vous êtes ?
Je presse le sac contre moi, putain, pourquoi faut-il qu'il y ait de la sécurité partout ? ? J'ouvre doucement le sac pour sortir ma carte de la DEA. Je lui montre en regardant autour de moi pour ne pour ne pas me faire remarquer.
– Je suis en infiltration. Dis-je tout bas.
Il lève les sourcils, il tourne plusieurs fois la carte en main.
– Bien, vous pouvez prendre la sortie. Avant, faites attention : on soupçonne Reyes d'être dans les parages. On en est presque sûr, vos collègues m'ont pourtant dit qu'ils ne reviendront pas avant demain, comment ça se fait que vous êtes là ? Ils attendent dehors.
Alors ils le savent.
– C'est...confidentiel.
– Je vois.
Je sourit doucement avant de sortir de l'hôpital, sans me faire remarquer : j'observe les gens dehors, et c'est là que je vois des comportements étranges. Des hommes adossés contre les murs et observant chaque sortie et entrée de l'hôpital. C'est étrange, de ce que je sais, personne n'est au courant qu'on est à Tijuana. Je sens une vibration dans mon sac, Kenan va me dire de le rejoindre devant le fast-food quelques rues plus loin, mais mon but sera de prendre la route inversée.
— Oui. Dis-je en décrochant.
— T'es où ?
— Je sors tout juste de l'hôpital.
— Bien, rejoins-moi au fast-food, Alejandro attend impatiemment ta présence.
– J'arrive.
Je raccroche.
~
– Alors, tout s'est bien passé ? Me demande-t-il.
-Oui mais j'ai trouver une chose étrange.
– Dis-moi tout.
– Quand j'ai montré ma carte, la sécurité m'a dit que mes soi-disant collègues attendaient dehors. Qu'ils te soupçonnaient d'être à Tijuana, mais je ne vois pas le rapport. Pourquoi venir à l'hôpital ?
Il fronce les sourcils.
– Je vais me renseigner.
— Et, c'est qui, ce Carlos ?
— L'oncle à Alex.
– Donc il a un oncle. Murmurais-je.
– Pourquoi ça t'intéresse ?
— Quoi ?
– Ça t'intéresse de savoir qu'il a un oncle ? Dit-il sévèrement.
Je recule de surprise.
— J'ai juste demandé, je ne savais pas qu'il avait de la famille, c'est tout. Pourquoi tu parles comme ça ?
– Je parle comment, River ? Fait attention à ce que tu dis.
Je le regarde dans le blanc des yeux, je ne comprends pas son attitude.
– J'ai l'impression que tu es énervé.
– Effectivement.
– Et pourquoi ? Demandais-je.
Il insiste, il me regarde plus profondément. Il s'approche lentement, jusqu'à ce que nos nez se touchent, nos souffles s'alourdissent au même rythme que nos cœurs. Et sans attendre, il plaque ses lèvres contre les miennes, j'ouvre les yeux en grand. Je dépose vivement mes mains sur sa poitrine pour le pousser, pourquoi ce geste de trop ! ? Il plaque sa main derrière ma tête pour la coller contre la sienne et faire durer le baiser. L'air devient rapidement manquant.
Après quelques secondes, il s'éloigne.
— Putain mais...
— Y avais un gringo de la DEA. Me coupe-t-il.
– Ça ne te donne pas le droit de m'embrasser sans me demander !
— Arrête, ce n'était que juste un smack, t'en fait des tonnes, en faisant ça, j'ai peut-être sauvé ton cul de la prison.
Je sens mon cœur battre à tout rompre, et je ne sais pas pourquoi il est si agité, ma respiration est toujours au même rythme que celui-ci. Une voilée de frissons parcourant mon épiderme lorsque je me remémore son souffle chaud contre mes lèvres.
– Juste un smack ? Tu m'as volée mon premier baiser !
Il pouffe.
– C'était vraiment ton premier ? Ça se voit.
-Comment ça, ça ce voit ? Ça veut dire quoi. Pestais-je.
– Calme-toi, les filles normales seraient ravies d'avoir un smack de ma part.
— Par ce que moi, je ne suis pas normal ? En disant filles normales, tu parles de celles dans ton bar. Si c'est être normal comme ça, je préfère être coincée.
Il pouffe dévoilant ses dents, son sourire en coin anime une barre dans mon ventre. Pas celle de d'habitude, elle est... agréable. J'ajoute d'un ton ironique en faisant tourner une mèche autour de mon doigt :
– Moi, je pense plutôt que tu n'as pas résisté à mon charme.
— C'est sur muñequita, un charme d'une réel poupée.
Mes joues s'enflamment automatiquement.
— Arrete de m'appeler comme ça... Dis-je en tournant la tête.
– Muñequita ?
– Je pense que tu ne vas jamais arrêter de le faire, pas vrai ?
– Effectivement.
Je pivote sur le côté et croise les bras.
– Est-ce que tu pourrais quand même te renseigner sur l'homme qui m'a prise en photo hier ? Ça me stresse de savoir qu'un inconnu a des photos de moi nue.
— Je le ferais, River, mais si tu veux, en attendant, je peux te réserver une petite sortie pour te détendre, ça te dit ?
– Ça me plairait !
– Un spa et après une surprise.
J'arque un sourcil.
– Ça me fait peur, ta surprise.
— T'inquiète pas, ça va te remonter le moral, avec tout ce qu'il s'est passé ces derniers temps.
Je souris de toutes mes dents.
– Finalement, je retire ce que j'ai pensé sur toi ! Tu es plutôt gentil, mais j'oublie pas ce que tu as fait.
– Ne parlons pas du passé, River, j'essaie de me faire pardonner. J'ai été violent envers toi, et j'aurais pas dû.
Même ce qu'il a fait m'effraie et m'a blessé, et qu'il veut se racheter, je ne peux pas l'accepter.
— Mh, ce n'est pas grave. Dis-je à contrecœur.
Sur ces mots, il démarre la voiture, direction l'hôtel.
– On se rejoint au spa, et après, la première partie de la surprise commence.
– D'accord, je te fais confiance.
~
J'entre dans le spa accompagné de ma serviette enroulée autour de mon corps, je sens déjà la chaleur émaner de la pièce. Je le vois déjà torse nu, ses tatouages l'habillent.
— Enfin là, j'attendais.
Je m'avance, et cette chaleur m'envahit. Je part m'assoir un peu plus loin, me disant que sous cette serviette il est nu et me tord le ventre. Je le scrute longuement, il jette sa tête à l'arrière mettant en valeur son cou.
– Ça te plaît ? Déclare-t-il.
— Q..Quoi ? Bafouillais-je.
— Tu me regardes avec insistance, River, on dirait que tu vas me sauter dessus.
Je me redresse.
— Non pas du tout !
— Tu regardes quoi alors, le mur ?
Il ajoute en décalant :
– Viens t'asseoir à côté de moi.
Et j'exécute, j'exécute toujours sans savoir pourquoi, il a ce pouvoir qui fait qu'on l'écoute et qu'on se soumet à lui à la seconde où il le décide. Je m'installe à ses côtés, son aura sombre me recouvre.
— J'ai fait déposer une robe dans ta chambre, tu la mettras avant on devra aller dîner avec les Guzman.
Ça me dit un truc ce nom... Attends, ce n'est pas ce que je crois.
— On parle du même Guzman là ?
– Oui, les fils de Joaquín Guzmán ou El Chapo, si tu préfères.
– Mais non, t'es sérieux ? Prononçais-je sur le ton de la curiosité.
– Pourquoi tu fais la choquer ? Ce ne sont pas des stars. Dit-il en levant les yeux au ciel.
– C'est juste que ça m'étonne.
– Ouais.
Il ajoute :
– Tiens-toi à carreau, les Guzman ne laissent passer aucune erreur. Ils ne sont pas pires que moi, mais ils en tiennent quand même un petit degré de folie.
– On est venu pour se détendre ou pour anticiper ma mort ?
— Comme tu veux, poupée, mais moi, j'ai d'autres idées en tête là maintenant. Mais puisque tu restes une fille innocente, tu ne pourras jamais deviner.
– Tu as juste à me le dire, tu parles beaucoup de choses cruelles qui pourraient potentiellement me tuer, mais pas de ce que tu penses toi.
– Qu'est-ce que t'as envie d'entendre ?
Je lève les yeux au ciel.
– Kenan, j'ai envie d'entendre ce que tu penses de moi. À part me dire que je fais des erreurs, tu ne dis rien d'autre. Comment je peux faire pour m'améliorer ? Est-ce que le test est dangereux ?
Il s'approche de moi, très près.
– Tu peux oublier le test, et pour t'améliorer...
Il pose une main sur mon épaule dénudée.
– Tu devrais rester un peu avec moi, je pourrais t'apprendre des tas de choses.
Je sourit.
– Je reste déjà avec toi.
– Pas assez pour savoir ce que je pense, tu vois.
– Pas faux !
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On a parlé pendant une bonne demie heure, et pourtant j'ai toujours ce stress profond lorsque je suis à proximité de lui... Est-ce que je devrais lui faire confiance pour la suite ?
~
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TRUST
RomancePerdue sur la côte mexicaine, River Mendes cherche juste à survivre. Rejetée, seule, elle décroche un job dans un bar de nuit connu pour ses secrets : La Casa. Un bordel déguisé. Une façade. Derrière le comptoir, Kenan Reyes règne. Froid, intouchabl...
