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RIVER.
L'air est chargé de poussière et d'une chaleur sèche qui colle à la peau. La nuit a tombée. Nico est enfermé dans cette pièce au fond du couloir, et ce silence qu'il a laisser me ronge.
Je me lève doucement le cœur battant, mes doigts serrent la couverture autour de moi, et le sol émet quelques craquement à peine audible. Je me dirige vers ce qu'il semble est une cuisine. La porte est entré ouverte. Une vielle armoire métallique trône la, cabossée, décolorée. Je pousse la porte avec précaution.
À l'intérieur, un pistolet repose, froid, brut, prêt à cracher la mort. Mes doigts trembles mais je le prend. Ce poids familier me donne un sensation de peur, d'assurance et de déjà vue. Comment pourrais-je avoir peur après avoir été celle qui a appuyé sur la gâchette ?
Je glisse l'arme sous ma chemise, contre ma peau, la où l'autre y repose dangereusement mais inutilement à présent.
Alors que je fais quelques pas, j'entends des voix. Une voix rauque, tendue, étouffée derrière la porte ou Nico est enfermé. Je m'empresse de coller mon oreille contre la porte, et j'écoute :
— Sí, la operación es a mendinoche. Confirma el jugar y la hora. Murmure la voix rauque, nerveuse. (Oui l'opération est à minuit. Confirmez le lieu et l'heure.)
— No hay señal aquí, pero el plan sigue igual. Tienes que estar listo. Répond une voix plus lointaine, avec cette lourdeur de menace qui ne trompe pas. (Il n'y a pas de signal ici, mais le plan est toujours le même. Vous devez être prêt.)
Mon sang se glace.
Il m'a juré qu'il n'y avait pas de réseau ici. Alors comment il fait ? Quel genre de jeu il joue ? Le poids du pistolet contre ma peau me rappelle brutalement que je suis seule, que je ne peux faire confiance à personne, surtout pas à celui qui semble me protéger.
Je recule doucement, le souffle court, et dans ce silence écrasant, une seule pensée m'écrase : ils me mentent tous. Ils mentent tous. Et moi, je suis prise dans leur putain de guerre.
Je recule à pas feutrés, le souffle haché. L'adrénaline me perce la peau, mes doigts tremblent contre la crisse de l'arme sous ma chemise. Il faut que je sorte d'ici. Il faut que je disparaisse.
J'arrive presque au couloir quand je sens une poigne brutale m'attraper par l'arrière. Je n'ai même pas le temps de réagir. Il me tire violemment à l'arrière, comme une poupée de chiffon, et me plaque contre son torse. Son bras m'écrase contre lui, m'empêche de bouger.
Mon cœur explose, mon souffle se coupe. Et sa voix glisse dans mon oreille, grave, tranchante, férocement calme :
— Tu pars maintenant, River ?
Je me fige, un froid glacial me transperce. Il connaît mon nom.
— Comment... ? Soufflais-je.
Il resserre son étreinte, juste assez pour faire craquer mes côtes.
— Tu crois que je t'ai ramassée par hasard ? Tu crois que je t'ai ramenée ici, sans savoir ce que j'allais faire ? Dans un troue paumée, sans sois disant réseau ?
Il me relâche enfin, mais je n'ai pas le temps de bouger. Il me pousse sèchement contre le mur, ses yeux plantés dans les miens. Froids. Vidés de toute chaleur. Même sa cicatrice au visage me paraît beaucoup plus effrayante.
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TRUST
RomansaPerdue sur la côte mexicaine, River Mendes cherche juste à survivre. Rejetée, seule, elle décroche un job dans un bar de nuit connu pour ses secrets : La Casa. Un bordel déguisé. Une façade. Derrière le comptoir, Kenan Reyes règne. Froid, intouchabl...
