Tw : Deadname et mégenrage involontaire, discussion sur la santé mentale (trouble borderline, trouble alimentaire, mutilation), mention de vss et BEAUCOUP de références ciné.
(mais je vous JURE c'est pas un chapitre trop dur !)
Les averses - qui faisaient autrefois la réputation de l'Angleterre - manquaient à James. Cet été avait été marqué par la chaleur, et la foule qui se bousculait dans les rues de Londres n'arrangeait rien. Il ne savait pas si c'était le surplus de présences autour de lui ou la perspective de revoir Christopher qui lui donnait cette boule dans le coeur, mais ça restait pesant. Comme avant une crise d'angoisse.
Ils avaient décidé de cette rencontre un peu vite, se connaissant trop peu pour savoir se parler. James s'était rendu compte qu'il avait perdu cette capacité ; celle de se faire aimer par n'importe qui juste avec une remarque bien trouvée. Il avait su discuter, se tirer de situations sociales avec quelques pirouettes. Après tout, il avait longtemps été le clown de la classe. Mais il avait tellement rejeté cette personne qu'il ne savait plus ce qu'il pouvait en récupérer sans risquer de redevenir un connard. Il n'avait pas Sirius avec lui cette fois-ci. Et puis il était passé par plusieurs phases de depression depuis qu'il avait quitté le lycée.
Il se serait volontiers passé d'une nouvelle conversation emplie de gêne. Il aurait préféré profiter de la fin de son été pour chercher un travail et regarder des films avec Regulus.
Mais il ne pouvait pas faire ça à Christopher. Il ne pouvait pas laisser en plan une personne qui avait sans doute chercher à le joindre longtemps avant que son identité ne soit exposée par Skeeter. Il ne connaissait pas sa vie mais il s'imaginait que pour qu'il aille jusqu'à lui envoyer un message, ça devait être important. Peut-être William avait-il encore fait quelque chose d'horrible ? Il s'attendait au pire.
Il était assis dans un café. Le genre de café où les étudiants venaient travailler. Ça lui donnait la drôle d'impression d'être un adulte. Certes, il en était un, mais il ne se sentait en général pas comme tel. Il se revoyait petit, juste après que ses parents aient fait fortune, juste après le déménagement, se retrouver pour la première fois dans un café à dessiner sur des serviettes en papier.
Ce matin là juste derrière la grande vite. Vue sur la rue. Bien trop en avance pour ne pas risquer d'être en retard. Depuis le retour de Regulus, il avait l'impression de pouvoir affronter à peu près tout... mais il avait aussi appris que son bien-être était fragile. Si cette journée se passait mal, il se retrouverait une énième fois avec le coeur vide et l'envie de disparaitre. Qu'est-ce qu'il aurait donné pour redevenir le petit garçon dessinant sur les serviettes en papier.
Combattant l'envie de commencer à scroller sur son téléphone à l'infini, il essaya d'ignorer ses mauvaises pensées en regardant les passant∙es. Il aimait - pour se distraire - leurs attribuer un film préféré. Kiki la petite sorcière pour la petite à la robe outre-mer, le Parrain pour ce vieux en costume... Puis ses yeux s'arrêtèrent sur une jeune femme au style impressionnant : ses cheveux étaient courts mais ses boucles d'oreilles immenses, son t-shirt s'arrêtait au nombril mais son pantalon était si large qu'il ressemblait à une robe, ses chaussures gigantesques contrastaient avec la minuscule banane qui lui servait de sac. C'était tout un art. D'autant que cette femme était particulièrement grande. Il trancha pour Alice au Pays des Merveilles en film favori - ce serait ironique.
Quelle ne fut pas sa surprise quand il réalisa que la jeune fille avançait droit vers lui. Non seulement elle le regardait, mais elle entrait dans le café et se planta devant lui. Ce ne fut que quand elle enleva ses (immenses) lunettes de soleil qu'il la reconnue.
VOUS LISEZ
I HATE GROWING UP
FanfictionAprès une année de prépa difficile, James rentre dans une école où il ne trouve pas sa place. Regulus, de son coté, débarque sans le savoir au même endroit et s'autorise à être lui-même pour la première fois. Du moins jusqu'à ce qu'ils se croisent. ...
