Tw : racisme et classisme
important pour mon plot, mais promis à la fin c'est mignon
James disait à qui voulait l'entendre qu'il se faisait au rythme. Il ne savait pas lui-même si c'était vrai ou s'il espérait en faire une prophétie auto-réalisatrice. Parfois, il avait l'impression d'être efficace. D'autres fois, il se sentait anéanti de solitude et de tristesse. Sa tête pouvait, avec le même souvenir, le faire rire ou le faire pleurer. Ça changeait d'un jour sur l'autre, d'une heure sur l'autre, et il suffisait d'une phrase pour tout faire basculer.
Un jour il voyait le monde au travers des yeux d'un enfant, joueur et émerveillé par tout. Un jour il n'était plus qu'une boule de colère ; il tentait de ne rien en montrer, ça marchait, et il était triste que personne ne s'en rende compte.
Il voulait en parler à Regulus mais ignorait comment faire. Parce que quand il était avec lui, il oubliait tout le reste. Il se sentait si embué d'amour et d'affection qu'il ne pouvait se résoudre à risquer de briser quoi que ce soit. Et il savait que son amoureux avait déjà tout vécu, qu'il se battait même encore avec ses propres démons. Pas la peine d'en rajouter. Il en était de même pour Sirius. Et Remus.
Comment parle-t-on de choses sérieuses à quelqu'un qu'on aime ?
Depuis son coming-out à ses parents il n'avait plus beaucoup tenté l'expérience, et une certaine gêne persistait quand il était avec elleux.
Il n'avait pas osé venir diner avec Regulus comme il l'avait jadis fait avec Lily. Il n'avait pas trop non plus aborder le sujet avec sa mère ou son père. Il détestait voir leurs regards, entendre leurs mots maladroits. Iels faisaient de leurs mieux et il le savait, mais ça faisait toujours mal de penser que d'une façon ou d'une autre ( même si personne ne voulait l'admettre ) il les avait déçus.
Il esquivait les sujets. À la place, il prenait le chemin facile d'une blague, d'un souvenir, d'une anecdote... Il en avait à retordre, ces derniers temps : Rita lui en faisait voir de toutes les couleurs. Il avait monté des interviews de toutes sortes de personnes - d'une pratiquante Wiccan à un prêtre évangélique. Et il avait été dans tout ses états face à son écran - d'une crise de larme pour perte de fichier à un ennui profond. En un sens il aimait ce travail comme il avait pu aimer l'école. C'était un enchainement de longues séances alternant entre scandales et ennui. Avec le réconfort d'être libéré à la fin des heures. L'école sans maraudeurs. C'était long mais la plupart des gens y trouvait des histoires à raconter.
Lors d'un des bons jour Sirius le trouva affalé sur le canapé du salon. Lui rentrait de son travail - il était garagiste depuis l'été, toujours taché d'essence mais le visage rieur.
James, aussi épuisé que lui, re-visionnait pour la centième fois une vidéo tout en modelant une sculpture avec la cire rouge d'un babybel. Il en avait fait trois : un petit cerf pour lui, une étoile pour Regulus et un chien pour Sirius (qui avait par plusieurs fois imploré d'en adopter un).
« Hey.
- Hey, c'était bien ?
- Tranquille, toi ? T'es en pleine oeuvre ?
- Quel animal irait bien à Remus tu penses ? Je le verrais bien en chat.
- Quelle horreur, je ne sors pas avec ces créatures du diable.
- Un oiseau ? Genre oiseau nocturne ?
- Mm. Je sais pas. J'ai toujours pensé qu'il ferait un bon loup. Je le vois bien loup-garou, dans une autre vie. »
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I HATE GROWING UP
FanfictionAprès une année de prépa difficile, James rentre dans une école où il ne trouve pas sa place. Regulus, de son coté, débarque sans le savoir au même endroit et s'autorise à être lui-même pour la première fois. Du moins jusqu'à ce qu'ils se croisent. ...
