Hey !
(J'ai trop peur de continuer et de tout rater et de tout gâcher, mais j'ai décidé de trust the process) Hésitez pas à me dire si vous trouver qu'un truc marche ou ne marche pas, que je puisse faire mieux.
Bonne lecture <3
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Les fissures, les graffitis, les rides ou les cicatrices, sont la marque de l'épreuve du temps. Les témoins de tout ce qu'une chose a traversé.
Regulus trouvait en temps normal ce genre de marque magique. À ses yeux, les différences n'étaient pas des défauts mais des portes vers les mondes intérieurs des un∙es et des autres. S'il remarquait des scarifications, il comprenait que cellui qui les portaient avait traversé les mêmes endroits que lui. Et il ne trouvait pas que ça fasse de cette personne quelqu'un de faible ou de moche. Il trouvait au contraire que ça la∙e rendait d'autant plus humain∙e.
Mais il l'avait appris : s'il y avait une chose que les êtres humains haïssaient, c'était bien leurs humanité. Leurs fragilité, et le fait qu'ils soient éphémères. C'était sans doute ça qui faisait si peur aux autres quand ils remarquaient une cicatrice, une fissure, un graffiti. C'était un rappel pour elleux du temps qui passaient.
Pourtant Regulus aussi détestait que le temps passe.
Il détestait que les choses changent. Et, tout en voulant mourir, tout aimant voir les autres évoluer, il était paralysé de peur à l'idée que tout s'arrête. À l'idée de ne plus rien reconnaitre y compris ce foutu mur du troisième étage, sur lequel venait d'apparaitre une fissure.
Dans les couloirs de la fac, ce vendredi soir, en attendant Emmeline devant les toilettes, il aurait souhaité que cette fissure n'existe pas. Que le temps s'arrête.
Il aurait souhaité par dessus tout ne pas être aussi abimé.
Depuis septembre et son arrivé à l'université en littérature, il avait du faire face à un certain nombre d'obstacles. Pas parce que les choses se passaient mal - il y avait eu de très bonnes nouvelles dans le lot - mais parce les choses changeaient. Beaucoup trop vite.
Il était passé de "coincé avec des parents abusifs" à "sans-abris-paradoxallement-à-sa-place", de "seul au monde" à "amoureux", de "fille" (aux yeux des autres) à "garçon" pour de bon, mais surtout d'enfant à adulte. Et ce en un temps record.
Du jour au lendemain, il avait du assumer des études, un travail, un couple, de nouvelles relations, de nouvelles choses... trop de nouveau, pas assez de repères.
Il avait mis une éternité à se faire à sa vie toute neuve. À ne plus être un fantôme mais une vraie personne, ressuscitée, agissant par elle-même et devant s'en sortir.
Il suffisait d'apprendre à se relever, mais c'était toujours plus dur. Il se remettait à peine de quelque chose qu'un autre problème lui tombait dessus.
Tout était flou et sonnait bizarre. Quand il rentrait à la coloc, en métro, il avait souvent envie de se jeter sur les rails. Juste une fraction de seconde.
Mais il avait un petit message de James sur son portable - juste pour lui. Il y avait des conneries sur le groupe des maraudeurs. Il avait un roman plus gros que sa main à lire dans son sac, il avait des ami∙es. Des ami∙es juste à lui. Et puis il y avait la personne qu'il s'était promis d'être et qu'il n'avait pas envie de tuer.
Ça lui demandait beaucoup d'efforts. Il avait fait une grosse rechute dans ses troubles de l'alimentation au début de l'année, les idées noires avec. Ce n'était pas finit et il ne pensait pas de toute façon que ça pourrait l'être un jour, mais au moins il arrivait à ne pas y penser toute la journée.
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I HATE GROWING UP
Fiksi PenggemarAprès une année de prépa difficile, James rentre dans une école où il ne trouve pas sa place. Regulus, de son coté, débarque sans le savoir au même endroit et s'autorise à être lui-même pour la première fois. Du moins jusqu'à ce qu'ils se croisent. ...
