68. Mauvais jours

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Tw : grosse depression + pensés intrusives liées au suicide etc.

À ce stade je pense que vous ne lisez pas mon histoire comme tu contenu feel good de toutes façons :,)

Pendant plusieurs jours, James avait été invincible. Il avait tout réussi, se réjouissant d'un rien.

Il écrivait les meilleures lettres de motivations, les meilleurs CV, les meilleurs articles.

Il avait lu des livres - deux en quatre jours - il était productif, souriant.

Tout. allait. bien.

Pendant peut-être une semaine, tout allait bien.

Il aurait été malhonnête de dire 'une semaine', d'ailleurs, car ça faisait un moment que tout allait inexplicablement bien.

Jusqu'à ce que, un matin, tout n'aille de nouveau mal.

Ce jour-là, il repoussa son réveil des dizaines de fois avant de l'interrompre complètement. Il avait comme l'impression qu'au bout du lit se trouvait une montagne entassée de choses à faire et de responsabilités qu'il n'avait pas le courage d'affronter. Il ne savait pas par quoi commencer. Il ne savait même pas s'il avait envie de faire quoi que ce soit pour régler le problème.

Demain, laissez-moi aujourd'hui et je réglerai tout ça demain.

Il devait se lever, pourtant. Chercher du travail pour avoir un travail, pour avoir de l'argent pour rendre les autres fiers et ne pas crever de faim.

Mais il était incapable de bouger. La peur que tout ne lui tombe dessus le paralysait.

Il faisait encore nuit dehors, alors, il pouvait aisément imaginer qu'il avait encore le temps de dormir, que tout était sur pause. Qu'il n'avait pas besoin de sortir de sa chambre pour l'instant.


Il se rendormit.

Il se réveilla une première fois, d'un drôle de rêve. Il avait dépassé d'une heure et demie l'heure qu'il s'était fixée comme étant son début de travail.


Mais il se rendormit.

Il se réveilla deux heures plus tard, ayant terriblement soif mais étant incapable de se lever.

Son corps refusait de bouger, sa voix restait coincée dans sa gorge.

Il faisait jour maintenant, il ne pouvait plus faire semblant qu'il n'avait pas échoué de nouveau à faire quelque chose.

Je suis vraiment une merde. pensa-t-il, sans que cela ne l'empêche de se remettre sous sa couette pour bloquer la lumière qui lui parvenait depuis la fenêtre.

Mais malheureusement, il fallait respirer. Et malheureusement il fallait aller boire, se lever, prendre soin de ce corps à défaut de savoir prendre soin de l'esprit. Il fallait se laver, se brosser les dents.

Mais il avait l'impression que s'il sortait du lit il entrait dans la gueule grande ouverte d'un monstre qui allait le dévorer.

Tout ce qu'il réussit à faire fut d'attraper son téléphone et son casque pour se brancher sur une playlist triste. Il ne faisait généralement pas ça le matin. Il attendait le soir pour être... éteint. Mais c'était la seule chose qu'il trouva à faire à ce moment.

Laissez-moi être mal, tout lâcher pendant le temps que ça prendra. Après ça je vous promets que j'essayerais d'être un membre productif de la société. Même si j'ai aucune idée de la façon de m'y prendre où de par où commencer.

I HATE GROWING UPOù les histoires vivent. Découvrez maintenant