54. 2006

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Tw : Racisme et adultes qui abusent de leurs pouvoir sur les enfants

Quand il s'endormait dans le canapé de Lily, les bruits du périphérique lui parvenant depuis la fenêtre ouverte, James se sentait comme une erreur. L'idée qu'il aurait pu être dans les bras de Regulus lui brisait le coeur. Il essayait de ne pas trop y penser. C'était difficile, parce que tout lui rappelait sa relation et la façon dont il avait lamentablement merdé.

Il était allé chez Lily, après quelques jours chez ses parents, un peu égoïstement, parce qu'il savait que c'était la seule personne qui ne le jugerait pas. Et il savait qu'il l'embêtait, il savait que ça risquait de faire mal à Regulus si ça parvenait à ses oreilles, mais il n'avait pas le courage de réfléchir davantage à une autre façon de se rattraper aux branches.

De toutes façons, Lily n'était jamais là. Elle s'était trouvé un job d'été et semblait avoir quelqu'un dans sa vie au vu du nombre des nuits au cours desquelles rentrait en souriant, à minuit passée. James faisait semblant de dormir. Il était heureux pour elle, et jaloux qu'elle arrive à être joyeuse dans un monde où ça lui paraissait - à lui - impossible.

Il savait qu'elle s'inquiétait, qu'elle avait jeté tout les objets coupants de l'appartement avant qu'il n'arrive. Il détestait ça. Et il essayait aussi de ne pas y penser.


Il avait trouvé un nouveau stage pour valider son année et ne pas être dans les pattes de son amie. Quand il ne travaillait pas, il se vidait la tête en faisant le ménage, la vaisselle et en pendant le linge - c'était fou qu'une fille aussi ordonnée puisse laisser des zones de son appartement dans un état pareil.

Le nouveau stage - trouvé d'urgence par un contact de son père, se déroulait dans un bureau. Le jeune homme en était désespéré, se souvenant d'un de ses professeurs de lycée - M. Dragonneau, qui lui avait confié que son pire cauchemar était de travailler dans un bureau. À l'époque comme à ce jour, James avait été bien d'accord.

Il était cette fois homme à tout faire sur les réseaux, sans grand lien avec le cinéma et allait devoir mentir sur son rapport de stage.

Au moins, le temps passait vite. Entre le moment où il ouvrait un dossier et le moment où il finissait de l'organiser, il avait l'impression que moins d'une seconde était passée. Il se mettait un casque sur les oreilles quand il le pouvait et écoutait de la musique pour penser à autre chose, dissocier, se concentrer.

Paradoxalement, ce qu'il détestait, c'était les temps de pause. Il fallait essayer de parler aux collègues, et, si ne plus être seul devant un ordinateur était agréable, devoir discuter avec des experts comptables et des commerciaux n'était pas mieux pour James : il ne comprenait pas un traitre mots des discussions professionnelles et était désespéré par le reste. Entre celui qui avait parlé de Ridley Scott comme d'un genie du cinéma et celle qui trouvait que "ce n'était pas juste que les hétéros n'aient pas de Pride"... Regulus ne pouvait pas ne pas lui manquer. Le plus interminable de ses info dump sur les livres auraient été préférable à ces sujets creux, ces voix froides, si éloignée de la sienne.

On l'incluait pourtant, comme le faisait les personnes normales.

« Tu veux venir au bar, après ? »

Comment justifier qu'il ne buvait pas, pour Sirius (puis pour lui, pour ne pas se retrouver avec une autre addiction après que son mec l'ait planté parce qu'il était un harceleur dans le sang )? Comment justifier qu'il ne voulait pas les voir plus longtemps, parce qu'ils n'étaient pas du même monde, malgré ce que pensait Regulus ?

Putain.

Regulus croyait que c'était ce qu'il était. Regulus croyait qu'il avait été un de ces petits ados humiliant et oppresseur de l'école devenu un adulte pas beaucoup mieux.

I HATE GROWING UPOù les histoires vivent. Découvrez maintenant