49. C'est pas la fin du monde

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Tw : automutilation, depression

Je suis désolé, je vous promet que dès que je serais heureux je vous offrirais un chapitre heureux.

« Je vais à un concert ce soir. s'excusa-t-il auprès d'Emmeline tandis qu'iels s'éloignaient vers la gare. 

- Oh super ! s'exclama-t-elle avant de se pincer les lèvres, coupant son élan pour l'étudier : T'as pas l'ai ravi.

- C'est juste que ça fait beaucoup pour cette semaine, avoua Regulus. 

Ces derniers temps, James le tirait dehors à la moindre occasion. Il faisait des activités tous les soirs, Regulus ne comprenant même pas comment il arrivait encore à en trouver. Mais c'était si facile de se laisser convaincre par le sourire de James Potter qu'il acceptait toujours et finissait épuisé.

Emmeline sourit. 

- Ça passera vite, c'est juste une soirée. 

- Ouais. En plus c'est la chanteuse préférée de James. »

Il n'évoqua pas le fait qu'il était un vrai rabat-joie aux concerts, incapable de danser, restant statique ou assis avec des bouchons d'oreilles pour filtrer la musique assourdissante. Il était allé à quelques concerts en douce avec Sirius quand ils étaient ados. Il avait été incapable de profiter, terrifié que ses parents s'aperçoivent de leurs absence et perturbé par les basses qui envahissaient son corps d'une façon presque intrusive. Il était incapable de comprendre comment Sirius pouvait supporter ça. Aimer ça. 

En vérité, il s'efforçait d'accepter le maximum de sorties ces derniers temps. Ça l'aidait à ne pas penser à la nourriture ou à d'autres choses auxquelles il n'avait pas envie de penser. Ses démons se calmaient considérablement quand il était entouré, quand il parvenait à ressentir autre chose que de la tristesse. 

Après ses moments avec Sirius, James, Remus, Emmeline, Grant ou parfois Pandora, il s'apercevait qu'il ne s'était posé aucune question sur comment se comporter, sur si son rire était trop exagéré, s'il avait l'air trop féminin, trop gros, trop moche... Ça n'avait plus d'importance face au reste. Pendant un instant, il frôlait ce qui ressemblait à une vie sans soucis ; sans rapports relationnels complexes et insurmontables. 

Après coup il regrettait, se rejouant les souvenirs et en s'y trouvant stupide. Mais il y avait James pour le rassurer. James qui lui disait toujours avec patience que non, il n'avait rien dit de stupide, qu'il n'avait pas à s'excuser de trop parler, qu'iels aimaient l'entendre, qu'il n'y avait rien de mal avec le son de sa voix, son corps, ou son attitude. 

Il n'avait pas à changer pour elleux. 

Regulus était ainsi redevenu optimiste et les choses lui paraissaient faciles. Il avait l'impression d'avoir perdu beaucoup de temps à se poser des questions, à craindre ses parents et sacrifier des amitiés. Tout ça au profit de choses qui paraissaient désormais futiles tel que les troubles alimentaires, les idées suicidaires ou la crainte des autres. 

Alors il continuait de sortir. Il essayait. Pour rattraper le temps perdu et essayer de se donner tout ce qu'il n'avait jamais pu avoir. 

Certains jours tout ce qu'il regardait semblait perdre son interêt, comme avant, mais ce n'était plus systématique. Il n'arrivait plus à manger, avait envie de ne rien faire et de tout arrêter. Mais il savait prévoir, anticiper, éviter, se relever. S'il avait eut le courage de se le formuler, il aurait déclaré qu'il apprenait à vivre. 

Il en était de même pour James, qui, en apparence, oscillait entre rire ininterrompu et mutisme froid et triste. 

C'était difficile, sans être dans sa tête, d'en comprendre la signification. Regulus se demandait souvent comment faire et que faire. Si un sourire de l'homme qu'il aimait était un bon ou un mauvais signe. Que pouvait-il faire pour le réconforter ? Malgré toutes les fois où il avait tenté de le persuader qu'il était une mauvaise personne, James semblait avoir un don inné en se qui concernait l'empathie, le fait de câliner ou de lâcher, de dire la bonne chose au bon moment... Il ne l'avait jamais blessé. Regulus avait sans cesse peur de le faire. 

I HATE GROWING UPOù les histoires vivent. Découvrez maintenant