45. Consultation

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Tw : tca, dysphorie, mégenrage (involontaire), grossophobie internalisée, mention de sexualité, mention de vomissements.

Une nouvelle fois, ça va pas être joyeux joyeux mais bon, si vous lisez encore mes histoires pour être joyeux vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous même j'ai envie de dire lol. Blague à part, j'essaye quand même de donner de l'espoir, alors les choses vont s'arranger, promis (et aussi être pires).

Si vous avez besoin d'aide par rapport à des problèmes d'alimentation, il y a des numéros d'aide et un annuaire entier de la FFAB  pour trouver de l'aide qui existent. Je vous mets tout ça en com'. Restez pas seul∙es. 

Bonne lecture.

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Madame Maxime était une femme particulièrement grande et particulièrement mince. Son bureau, rangé impeccablement, était envahi de photos d'actrices, de danseuses et de mannequins. Pour une nutritionniste, Regulus la trouvait bien trop investie dans le culte du "corps parfait". 

C'était oppressant, le bureau d'une professionnelle du poids qui ne mettait en avant que des corps idéalisés.  Pour le bien de sa santé mentale, il préférait la voir comme une lesbienne refoulée qui s'entouraient de femmes en papier glacé pour admirer de loin celles qu'elle ne pourrait pas avoir. Mme Maxime mettait pourtant un point d'honneur à parler de son mari et de ses enfants à chaque séance. Elle insistait aussi pour parler de James. 

Ce n'était pas le médecin idéal, mais elle n'était pas chère - et Regulus n'avait plus d'argent, il avait besoin de stabiliser son alimentation, et puis ça rassurait James et Sirius. Et puis, c'était Lily qui la lui avait conseillé, alors il avait supposé qu'elle était forcément bien. Mais Lily était une fille cis et vraisemblablement hétéro, très indulgente envers la plupart des personnes. Les relations entre elle et Madame Maxime ne pouvaient qu'être bonnes. Il n'en était pas de même pour Regulus. 

Toutes les deux semaines, il prenait donc une grande inspiration avant de rentrer dans ce bureau, de revêtir son masque de fille et de s'assoir dans l'atmosphère de ballerine délicate que la femme avait installé autour d'elle. 

Face à lui, sur le mur, il y avait la photo dédicacé d'une fille magnifique. 

« C'est Fleur Delacour, lui avait dit Mme Maxime lors de leurs premier rendez-vous, l'une de mes premières patientes. Quand je l'ai rencontrée la pauvre était complètement tombée dans l'anorexie à cause de la danse classique. Elle avait peur de ne plus jamais pouvoir en faire. Aujourd'hui elle est complètement guérie c'est une danseuse célèbre, comme quoi, il ne faut pas perdre espoir ! »

C'était inspirant, certes. Mais Regulus avait toujours des doutes quand à la guérison. Cette fille s'en était-elle sortie pour de bon où n'était-elle seulement plus en danger de mort ? Une danseuse classique, piégée dans le sport, le contrôle de son corps et la performance de la féminité pouvait-elle seulement ne plus être anorexique ? Ou grossophobe ? 

Et puis, combien de temps ? Elle n'avait peut-être été malade que quelques mois... lui avait sombré presque dix ans plus tôt, si ce n'était pas avant, contrôlé par la dysphorie et les remarques de sa mère. Il n'avait plus aucun espoirs d'en revenir un jour. C'était trop tard. 

« Alors, comment allez-vous ? 

- Ça va. 

- Pas de vomissements ?

- Non. 

- Vous me le diriez, hein ? 

- Bien sûr. 

I HATE GROWING UPOù les histoires vivent. Découvrez maintenant