Mardi 13 septembre 2016
Réveil: 6h45.
Douche: prise.
Vêtements: jean noir, sweat à capuche rose pâle cintré, converses blanches.
Maquillage: mascara.
Sac: fait.
Petit déjeuner: dans l'estomac.
Quand je me suis réveillée ce matin je me suis sincèrement demandé si j'allais aller en cours aujourd'hui étant donner que, et j'en suis certaine, elle sera encore là.
Et puis qu'est-ce qu'elle me veut d'abord ?
C'est vrai, elle fait la morte et maintenant que tout va bien elle revient.
Je n'appelle pas ça une amie moi, encore moins une meilleure amie.
Chase m'a dit que je n'avais pas d'autre choix que d'aller en cours si je en voulais pas me prendre un second savon par sa mère, il a raison.
Il n'a d'ailleurs pas chercher à savoir la vraie raison de mon absence d'hier, je pense qu'il a compris que je n'avais pas envie d'en parler.
En revanche Thomas, lui, n'a pas compris.
Dès que je suis arrivée devant l'amphithéâtre il m'a bombardé de question.
"C'est qui cette fille ?"
"Pourquoi tu la fuis ?"
"Elle est venue me parler pour savoir où tu étais, elle avait vraiment l'air inquiète tu sais."
"Ecoute au moins ce qu'elle a à te dire, tu n'as rien à perdre."
Oh que si j'ai quelque chose à perdre, mon temps !
Tout ça pour dire que nous sommes dehors à attendre que le professeur arrive et que Thomas n'en démordera pas, mais moi non plus.
- Camilla ?, me demande une petite voix hésitante.
Comprenant que cette fois je ne pourrais pas y échapper je me tourne vers Lana.
- Je te préviens tout de suite, avant que tu ne gaspilles ta salive comme je suis en train de le faire en ce moment, que ce n'est même pas la peine que tu me sortes ton argumentaire, que tu prépares sûrement depuis des mois, parce que je ne l'écouterai pas. Compris ? Lorsque j'avais besoin de toi, de vous, vous m'avez tous tournez le dos et fait comme si j'étais morte alors maintenant c'est à mon tour. Je n'ai pas besoin de toi alors retourne à ta vie de gosse de riches à Los Angeles et fiches moi la paix.
A peine mon monologue terminé je m'en vais car la porte venais de s'ouvrir.
Elle est restée figée comme si elle s'était prise la plus grosse claque de sa vie.
Je n'en ai rien à faire, pour elle j'étais morte pendant ces trois dernières années alors à présent c'est à mon tour.
- C'est ce qu'on appelle être direct ça !
- Tu vas pas t'y mettre toi aussi.
- Non non, je m'attendais à ce que tu sois plus sanguine que ça même si tu es toujours très calme. Vraiment tu m'as étonné, et elle aussi je crois parce qu'elle est restée bouché bée.
- Tant mieux.
En prononçant ces mots je sens une vibration venir de mon sac.
[Lana :]
[Comme tu ne m'as pas laissé parler et que je n'ai pas que ça à faire de te courir après je vais te le dire par message, au moins je suis sûre que tu le lira et tu ne pourras pas faire celle qui ne savais rien. Thomas te cache quelque chose d'énorme, je pense que tu t'en doute mais ce n'est pas à moi de te le dire. Je ne suis même pas certaine que lui le sâche mais vous devriez parler de L.A. ensembles, vous vous ressemblez plus que tu ne le crois. Sur ce, je te souhaite une belle vie à New York, tu as l'air bien ici, je suis contente pour toi même si tu en doutes. J'espère à bientôt. Lana.]
Elle a raison, depuis le premier jour je sens que je le connaissais déjà mais je ne vois pas qui il peut être.
Parmi mes amis aucun de lui ressemblait.
Je me dis que je vais attendre la fin du cours, dans trois heures, pour lui en parler.
Assis à la cafétéria seule avec Thomas je décide d'aborder le sujet.
- Lana m'a dit qu'il fallait qu'on parle de Los Angeles ensembles, tu y es déjà allé ?
En lui posant cette question j'ai l'impression d'avoir déterré un cadavre parce qu'il a une expression étrange qui s'affiche sur son visage.
Ses yeux verts deviennent presque vides.
- Hou hou, Thomas ?, dis-je en agitant ma main droite devant son visage.
- Heu oui. Pardon. Tu disais ?
- Los Angeles, dis-je simplement.
- Je ne sais pas bien, j'en ai de vagues souvenirs mais je ne suis pas sûr d'y être allé ou d'y avoir habité.
- Comment ça ?
- Il y a un peu plus de trois ans j'ai eu un accident d'avion avec toute ma famille, d'après les médecins. Mais le problème c'est qu'avec le choc post-traumatique je ne me rappelle de rien. Absolument rien. Je ne sais même pas comment je m'appelais avant parce que les médecins n'ont pas retrouvé mes papiers parmis ceux qu'ils avaient. Mais une infirmière m'a dit que pendant mon année de coma elle m'avait appelé Thomas lorsqu'elle me parlait parce qu'elle trouvait que ce prénom m'allais bien donc je l'ai gardé et quand je suis sorti de l'hôpital je suis allé me faire refaire des papiers.
A ces mots je reste scotchée.
Il est en face de moi.
Pas mort, bien vivant.
Il est resté seulement un an dans le coma et il a perdu la mémoire alors que moi j'y suis restée deux ans et je n'ai aucunes séquelles.
- Tobias. Tu t'appelais Tobias. Tobias Carter.
Ma réplique est assez étrange mais je suis trop choquée pour faire une réponse correcte.
- Comment tu sais ça ?
- Mon nom de famille c'est Carter. J'avais une petite soeur, Lila; un frère jumeaux, Tobias et deux parents. Ils sont tous les quatre morts dans un accident d'avion il y a trois ans. Enfin c'est ce que je croyais. Toi tu es là, je croyais que tu étais mort..., dis-je à voix basse. J'ai passé une année de plus que toi dans le coma et je n'ai eu aucunes séquelles, contrairement à toi.
- Tu es en train de me dire que tu es ma soeur jumelle ?
Je pleure tellement que je suis incapable de répondre autrement que par un hauchement de tête.
Aussitôt il se lève et vient d'assoir à côté de moi pour me prendre dans ses bras.
- Eh bah te gênes pas surtout !
Thomas, heu Tobias, s'écarte immédiatement de moi et nous regardons Chase.
- Bébé ? Qu'est-ce que tu as ? Tu lui as fait quoi toi ?, nous demande-t-il tour à tour.
Toujours incapable de parler je lui fais seulement un non de la tête pour lui montrer que je ne voulais pas en parler et je sors de table parce que la nouvelle, bien que merveilleuse, est trop dure à digérer.
- Camounette, qu'est-ce que tu as ma puce ?, me demande Cally.
Ca faisait une éternité que je ne l'avais pas vu, depuis la rentrée en fait, mais une semaine c'est long.
Toujours en train de pleurer toutes les larmes de mon corps je ne lui répond pas mais elle comprend et me prend dans ses bras.
Je reste serrée contre elle un long moment, mais celui-ci m'était nécessaire.
Quand je reprend mes esprits elle me relève la tête et me demande si je suis prête à lui en parler.
Un long monologue s'empare alors de moi pour lui raconter les trois dernières années de ma vie.
Elle reste interdite face à mon histoire.
Au moment où elle allait réagir Chase, Elena et Thomas arrivent.
Mon petit ami me tend la main pour me faire comprendre qu'il ne veut parler qu'à moi et je la saisis.
- C'est vrai ce que nous a raconté Thomas, enfin Tobias ?, me demande-t-il en me passant un bras dans le bas du dos pendant que nous avançons.
- Je savais que je le connaissais, son visage m'était trop familier pour que ça ne soit pas le cas mais je n'aurai jamais pensé que ça soit Tobby. C'est vrai, il est censé être mort... Mais quand Lana m'a envoyé un message ce matin en me disant qu'il fallait qu'on parle ensemble de Los Angeles parce qu'il me cachait des choses, sûrement à son insu, j'ai tout de suite tilté que j'avais raison. Et quand il m'a raconté son histoire ça ne pouvait être que lui. Il le prend comment lui ?
- Il n'y comprend pas grand chose, vu qu'il a perdu la mémoire il est un peu sonné mais il est content. Il nous a dit que depuis l'accident il avait eu l'impression qu'il lui manquait quelque chose de vitale, mais différemment de la famille et là, le fait que tu sois sa jumelle il a comprit que c'était ce lien entre vous qui lui avait manqué.
A entendre ses mots je me remets à pleurer de plus belle.
C'est exactement ce que j'ai ressenti après l'accident.
La première personne à m'avoir le plus manqué, après Theo qui était avec moi dans l'avion, c'était mon frère.
Chase me prend dans ses bras.
- Je suis tellement heureux pour toi ma belle, je n'aurai jamais cru que c'était possible et c'est ce qui fait que c'est encore plus beau, me chuchotte-t-il.
En essuyant mes larmes je l'embrasse comme pour le remercier d'être là pour moi.
Le soir lors du repas nous avons invité Tobby à manger pour le présenter à Lydia et Harry et vise versa.
Ils l'ont tout de suite adoré et c'était réciproque.
Il m'a avoué qu'il était un peu jaloux que j'habite dans une si belle famille alors que lui il partage son appartement avec un collocataire un peu lunatique.
Pour ne pas briser sa vision parfaite de ma vie à New York je me suis dit que je lui raconterai plus tard comment je suis arrivée ici.
Il a eu trop d'émotions pour la journée, je crois qu'il faut que je l'épargne.
Après manger on lui a proposé de rester mais il a dit qu'il avait besoin d'être seul et je le comprends.
En revanche moi je suis bien contente de pouvoir parler de tout ça avec Chase, je crois qu'il va en avoir plein les oreilles à force.
- Tu devrais dormir maintenant, on en parlera demain si tu veux.
- Je me demandais quand tu oserais me dire de me taire !
- Aller, bonne nuit ma belle, me dit-il en m'embrassant.
- Bonne nuit.
VOUS LISEZ
Save me
Teen FictionJ'avais tout. Une famille aimante, un copain génial, une superbe maison, des amis hors pairs, la popularité. Tout. Et tout ça est désormais parti en fumée. Je n'habite nul part. Je n'ai plus rien. Rien. Mais un jour alors que je ne m'y attend pas...
