Chapitre 22

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Point de vue : Louis

Quand j'arrivais au lycée, les élèves s'étaient déjà amassés devant les listes. Je me demandais instantanément si par hasard, j'allais le voir. Il m'intriguais tant et j'avais vraiment envie de le rencontrer, de lui parler comme si nous ne jouions pas à ce jeu entre nous. Comme si nous n'étions que de simples inconnus à parler pour simplement faire connaissance. Hélas, je devais me faire à l'idée que si jamais je tentais de le voir, j'en serai de toute manière puni d'une façon ou d'une autre. Là étaient les règles du jeu.

En arrivant à l'arrière de l'amas de personnes, du stress, de la joie et de l'exaspération, mon ami Niall me sauta dessus.

— Hey, Louis ! Comment tu vas ? il me demande.

Et là, s'en suivit une discussion banale entre deux potes qui discutaient de leur vacances. Niall était parti en France avec son frère, alors que moi je lui racontais les péripéties de ma famille pour m'emmener au nord du pays pour passer voir ma tante. Il avait l'air heureux de me voir, et je l'étais tout autant. L'irlandais m'emmena par le bras pour m'entraîner près des listes. Je ne regardais pas forcément où j'étais, ni dans la classe dans laquelle j'étais. Ce qui m'importait le plus était de savoir qui il était, comment il s'appelait, à quoi il ressemblait. Je voulais le voir, mais je savais que ce ne serait pas pour maintenant. Il n'avait pas dit que c'était impossible, heureusement.

La sonnerie retentit alors que Niall et moi nous dirigions vers la salle où nous allions voir notre professeur principal. Une fois de plus, le blond et moi étions dans la même classe. Cela faisait deux ans que lui et moi nous trouvions dans une classe similaire.

Je vérifiais mon téléphone, il était bien en vibreur. Je commençais alors à angoisser. Comment croire que je pouvais prendre autant de risques pour un stupide jeu ? Je risque peut-être ma scolarité pour quelqu'un que je ne connaissais même pas, mais cela n'avait pas l'air de me déranger pour autant. En fait, je trouvais ça excitant.

* * *

La journée était passée rapidement et il est déjà 18 heures. Les élèves s'empressaient de rentrer chez eux alors que je traînais le pas pour sortir du bâtiment. Niall était déjà parti depuis une bonne dizaine de minutes. Je me retrouvais donc seul.

La nuit ne devait pas tarder à pointer le bout de son nez, alors qu'une main vint se poser sur mon épaule. Je trembla. Je pensais pendant un instant que c'était lui qui était derrière moi. Je ne su quoi faire quand je sentis mon téléphone vibrer. Le nom qu'affichait l'écran de verrouillage me poussait à ne pas me retourner... Alors, je commença à courir. Aussi vite que je le pus, sans même m'arrêter. Je ne savais pas pourquoi. Mais c'était la seule chose logique que j'avais trouvé à faire.

Un peu plus loin, je stoppa ma course pour reprendre un peu d'air. Je commençais déjà à devenir parano à cause de cette histoire, et me dire qu'elle n'avait débuté que ce matin accentuait ma crainte. Jusqu'où cela allait-il aller ?

Tout à coup, la silhouette de tout à l'heure vint se poster devant moi. Une carrure plus grande, des épaules plus larges. Tout semblait correspondre au parfait agresseur dont on pouvait entendre parler dans les médias. Alors que je sentais mes mains trembler sous la peur, je pus enfin voir la moitié de son visage. Une mâchoire carrée, des cheveux sombres et un regard brun calmement posé sur moi. J'humais alors son odeur qui parvint jusqu'à mes narines. Un parfum d'homme, tout ce qu'il y a de plus simple. Mais pourtant, je savais que quelque chose chez lui n'allait pas. Je le présentait.

— Hé.

Je relevais doucement mes yeux vers les siens, sans bouger d'un pouce. Sa présence m'angoissait affreusement. Je ne connaissais pas ce type, et il venait me parler alors que l'on s'est à peine parlé une seule fois.


— Ça va ? demanda-t-il.

Sa main insistait un peu sur mon épaule, sans doute pour me faire sortir de mes pensées. Il était vrai qu'avec ce jeu, je ne savais plus où donner de la tête. Cet inconnu m'obsédait assez pour que je sois dans la lune la plupart du temps.

— Euh, ouais, répondis-je rapidement. Tu me suivais ?

Son visage se figea un instant, me fixant. Il baissa alors la tête en enlevant sa main, et humidifia lentement ses lèvres avant de me répondre. Me voulait du mal ? Ou bien voulait-il seulement faire connaisaissance avec moi ? Je n'en savais rien. Ce garçon m'était complètement inconnu, je ne pouvais rien lire de lui.

— Ouais.

Ce qui m'interpelle le plus chez ce gars, c'est son tact.

— Eh bien ? Je peux savoir pourquoi ?

Je fronce les sourcils. Ce ne serait pas lui qui m'enverrait des messages depuis deux semaines, par hasard ? Je le détaille sans un mot tout en attendant qu'il réponde à ma question. Il est plutôt long à la détente, et se jeter dans la gueule du loup maintenant aurait été complètement débile. Donc, à moins qu'il soit aussi idiot que ses pieds, ce n'est pas lui l'auteur de mes mystérieux messages.

Je conclus ainsi rapidement, si ce n'est pas lui... Que me veut-il ?

— Je... voulais simplement faire connaissance avec toi.

Il releva son visage vers moi, et mon autre hypothèse s'averrait juste : je le connais. C'est Zayn. Zayn Malik.

 



Dead End (Terminé)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant