Chapitre 29

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Point de vue : Louis

Vers le milieu de l'après-midi, je me suis dépêché d'aller à la cafétaria pour m'acheter quelque chose à manger. Je mourrais de faim depuis ce midi où je n'avais presque rien mangé. Comme un idiot, j'ai complètement été prit de surprise par le message de D.E qui m'a mit sur le cul, littéralement.

Le pire dans tout ça était que je ne savais pas s'il l'avait fait exprès ou s'il savait vraiment des choses sur Zayn. Je ne pouvais pas me fier à ce qu'il m'avait dit plus tôt, et pourtant... Ses paroles me retournaient le cerveau. "Ne viendra pas pleurer quand il t'aura quitté comme une grosse merde","Personne ne te touche, surtout comme il l'a fait avec ton cul." Je me pose de plus en plus de questions à son propos, et je me demande même s'il ne commence pas à être jaloux de cette relation que Zayn et moi nous avons. C'est vrai, depuis le début du jeu il me défend d'aller lui parler... Je commence à sérieusement douter de ses intentions. Au final, il a beau dire que Zayn est dangereux, je ne le crois pas. Même s'il le connait personnelement, même s'ils ont déjà amis par le passé, ça ne changera pas mes idées sur le basané. Le Zayn que je connais est gentil et attentionné. Parfois il est un peu étrange, mais ça ne donne pas le droit à D.E de vouloir que je m'éloigne de lui.

*    *    *

La fin de la journée arriva rapidement et mon téléphone vibra pour indiquer un message. C'était mon père. Il m'indiquait qu'il rentrait ce soir et que je pouvais déjà aller chez ma mère pour prendre mes affaires et venir vivre avec lui. J'étais  absolument pas contre, et d'ailleurs cela me fit immédiatement sourir que me dire que je pourrais passer encore plus de temps avec mon père. Il me manque si souvent que j'ai l'impression qu'il n'est jamais à la maison. Ce qui d'ailleurs, ne s'éloigne pas tant que ça de la réalité.

En débarquant à la maison, je remarquais que ma mère n'était pas encore rentrée. Tant mieux, ça me facilitera la tâche pour faire ma valise sans être harcelé de questions en tout genre. Je montais à l'étage sans faire attention au bazar dans les escaliers. Une demi-heure plus tard, je dévalais les marches avec une valise remplie de nombreuses affaires. J'attérissais alors à l'entrée où je vis la voiture de mon père se garer devant la maison.

Il sortit de la voiture, toujours aussi élégant qu'il est, et se jetta dans mes bras. Il me caressait ensuite les cheveux du bout des doigts comme il avait l'habitude de faire quand j'étais petit et nous entrions dans la voiture, après avoir déposé ma valise dans le coffre.

— Où va-t-on ? demandais-je en détaillant chaque particule de son visage.

Il se contenta de me dire qu'il avait trouvé une maison à vendre et qu'il l'avait directement achetée il y a seulement trois jours, à dix kilomètres d'ici.

— Je savais déjà pour... ta mère.

Sa voix résonna dans le silence de la voiture. C'était la dernière chose à laquelle je pouvais me douter. C'était si évident que ça ?
Je l'entendais soupirer.

— Je l'avais vu une fois... et... je me suis douté de ce qui arriverai.

Je laisse un silence entre nous.

— Pourquoi ne m'as-tu rien dit ? demandé-je en fronçant les sourcils. On aurait pu faire quelque chose...

Le ton de ma phrase sonnait à la fois comme une reproche mélangée à de la colère. Il posa ses yeux sur moi, et me sourit.

— En fait, je voulais juste en être sûr. Quand tu m'as appelé hier, mes faits se sont justifiés. Merci de me l'avoir dit.

Je lui souris à mon tour et regarda devant moi.

— Je ne pouvais pas lui laisser te faire ça. C'est vraiment horrible... Je ne comprends pas pour-

- Arrêtons de parler de ça, veux-tu ? il me sourit. Comment s'est passé ta rentrée ?

- Bien.

Je joue avec mes doigts devant moi.

- Mais encore ? je l'entends rigoler. Je sens que tu ne me dis pas tout !

Nous laissions mutuellement un silence dans la voiture, et je finis par bafouiller ce qui veut bien sortir de ma bouche.

— Je... Je sors avec... quelqu'un.

— Vraiment ? Comment elle s'appelle ?

Je déglutis nerveusement.

— En fait, c'est un garçon.

Nous nous arrêtions à un feu rouge et je me retournais vers mon père. Il n'avait eu aucune réaction et c'est ce qui m'interpellait le plus.

— Comment s'appelle-t-il ? demanda-t-il.

Aucune haine, aucune peur dans sa voix. Juste du bohneur. J'avais eu si peur qu'il me rejette que j'en avais la gorge nouée. Alors, il m'acceptait tel que j'étais ?

— Zayn.

Je voyais que cela lui faisait très plaisir que je parle de lui avec le sourire. Il posa une main sur ma cuisse puis appuya sur l'accélérateur lorsque le feu passa au vert.

— J'espère que ça marchera entre vous, dit-il finalement.

— Merci.

Nous roulions encore pendant quelques kilomètres et j'osa enfin poser la question :

— Tu n'y vois pas de problème à ce que j'aime les garçons ?

Je le vois froncer les sourcils.

— Non pourquoi ? Il devrait en y avoir un ?

Je baissa la tête vers mes pieds, incapable de dire quoi que ce soit. De nos jours, c'est assez fréquent pour les parents de mal réagir lorsqu'on leur annonce qu'on a une sexualité différente. J'avais peur de ça, de me sentir à l'écart dans tout ça. Il prit une grande inspiration avant de commencer à parler.

— Écoute Louis. Peu importe comment tu es, je t'aimerais toujours d'accord ? Je ne te laisserai pas tomber quand ça ira mal, parce que mon but c'est justement de te propulser là-haut. Et même, si tu es différent sexuellement parlant, tu restes un humain avant tout. Tu restes mon fils.

Je souris silencieusement sans relever la tête puis soudainement, je l'entendis rire.

— Et puis, pour cette histoire d'être homosexuel, je m'en doutais déjà un peu.

Il tapota sa main sur ma cuisse pour m'inciter à le regarder.

— Ah bon ? ma voix tremblait. Comment ça ?

— Eh bien, tu m'avais déjà parlé d'un garçon qui t'avait tapé dans l'œil au primaire. À l'époque bien sûr, je ne me serais douté de rien car à cet âge-là on ne sait encore rien de l'amour. Mais quand même, je voyais quand tu me parlais de lui que tu avais des étincelles dans les yeux.

À la fin de sa phrase, je devins rouge comme une tomate. Alors là, c'était une grande surprise pour moi aussi ! Je ne me souvenais pas du tout de cette période-là de mon enfance...

- À ce moment-là, tu m'avais parlé d'un... Jamie ? Non, Harry ! C'était de lui dont tu...

Je n'écoutais alors plus le reste de la discution tellement que je plongeais loin dans mes pensées. Je n'avais aucun souvenir de à quoi il ressemblait.

Harry ?

Dead End (Terminé)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant