Chapitre 23

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Point de vue : Louis

La nuit était tombée sur la ville et seule la lumière des lampadaires me permettait d'y voir un peu plus clair. Après m'avoir dit ces mots, Zayn me regarda un instant.

— Qu'est-ce qui te fait dire que j'ai envie de faire connaissance avec toi ? dis-je froidement.

Le métisse me regarde de haut en bas en esquissant d'un léger sourire.

— Oh, crois-moi je vais t'intriguer bien rapidement, si tu veux mon avis.

Sans même le connaître, je le trouvais déjà bien sûr de lui. Je détestais les personnes orgueilleuse comme il l'était, et rien ne me disait que ce qu'il me disait allait s'avérer être vrai. Moi seul pouvait décider de si oui ou non, je voulais faire connaissance avec lui. Et pour l'instant, mon choix était parfaitement clair : non.

— Je ne vois même pas pourquoi je perds encore mon temps avec toi, déclarai-je d'un ton aussi froid que la glace.

Ma réaction le fit réagir et il sourit encore plus. Un sourire que je n'étais visiblement pas prêt d'oublier.

— Ne sois pas bête, Louis. Il fait nuit noire dehors, imagine si tu te fais agresser.

Sa voix était enjôleuse, comme prête à me séduire. Je détestais la manière qu'il avait de sembler vouloir contrôler tout le monde. Et puis... Comment connait-il mon prénom ?

— Le fait que je me fasse agresser ne concerne que moi, Zayn. Et puis, je ne veux même pas savoir comment tu as su mon prénom. Cela me ferait perdre encore plus de temps.

Sans lui laisser le temps de répondre, je partis en direction de ma maison, le cœur lourd.

— Ah bon ? il rigola. En es-tu bien sûr, Tomlinson ?

Je savais très bien que Zayn était en train de me suivre mais je ne voulais pas lui faire l'honneur de me retourner. Je sais que c'est ce qu'il veut, mais je ne le laisserai pas me contrôler. C'en était trop mais je devais surveiller mes moindres faits et gestes. Zayn était une personne beaucoup trop louche pour que l'on se laisse manipuler aussi facilement.

— Louis !

Il me suivait encore, même au moment où je m'engageais dans la rue où se trouvait ma maison. Jusqu'où allait-il aller ? Est-ce qu'il espérait quelque chose de plus de moi ?

— Laisse-moi tranquille !

Je marchais un peu plus vite pour tenter de le semer, et d'en même temps arriver plus vite chez moi. Zayn était effrayant, et me courir après n'allait pas changer mon point de vue sur lui.

D'un coup, sa main vint englober mon poignet et, dans un mouvement sec il me retourna pour plaquer ses lèvres sur le bord de ma bouche. Je resta un instant de marbre face à ce geste, puis il défit sa poigne pour s'éloigner légèrement de moi.

— Qu'est-ce...

J'essayais de parler mais les mots restaient péniblement bloqués dans ma gorge. Je déglutis en tentant de reprendre mes esprits. Ce qu'avait fait Zayn m'avait tant troublé que j'en oubliais que j'étais devant chez moi et que je pouvais d'une minute à l'autre y entrer et lui claquer la porte au nez.

— Écoute, dit-il. Je ne sais pas ce que tu penses de moi, et honnêtement je ne veux pas le savoir Louis. Mais dis-toi juste que ce n'est peut-être pas la bonne manière de penser. Peut-être que tu te trompes.

Aurait-il raison ? Est-ce que je le jugerais trop vite ? Je fis deux pas en arrière pour mettre de l'espace entre nous, et il prit une grande inspiration.

— Laisse-moi une chance, me supplia-t-il.

Ma respiration se ralentit un instant, le temps de réfléchir à ça. Plus je le regardais, et plus je me disais qu'il avait lui aussi le droit d'avoir une chance. Je soufflais.

— D'accord.

Il sourit alors.

— Bien. Merci.

Nous nous étions regardés pendant un instant, avant qu'il ne rebrousse chemin, les mains dans les poches.

Quelques minutes plus tard, je m'affalais sur mon lit. Avais-je eu raison de lui faire confiance ? Je ne connaissais aucune de ses intentions et c'était ça qui m'effrayait le plus. Mon téléphone vibra dans la poche de ma veste, et je le déverrouillais rapidement pour regarder mes messages. Deux de l'Inconnu.

D.E : Alors, cette journée ?

D.E : Hm, je crois que je vais m'abstenir de te poser d'autres questions... Déjà en train de rouler des pelles ?

Louis : Tu nous as vu ?

D.E : Là n'est pas la question. Éloigne-toi de lui, il vaudra mieux pour toi.

Louis : Tu le connais ?

D.E : Évite ce genre de questions, Louis. Ce n'est pas bon pour toi de savoir des choses qui ne te concernent pas.

Louis : Comment ça qui ne me concerne pas ? Elle te concerne toi, donc ?

D.E : Je ne serais pas en train de t'en parler si elles ne me concernaient pas.

Louis : D'où le connais-tu ?

D.E : Je crois que la discussion va s'arrêter là.

Louis : Non, attends. Réponds-moi.

D.E : Louis putain, arrête ça.

Louis : Arrêter quoi ?

D.E : De te mêler d'affaires qui ne te concerne pas.

Louis : Est-ce mal d'être curieux ?

D.E : Dans ton cas oui.

D.E : Louis écoute, je suis sérieux. Ne t'approche plus de Zayn.

Louis : Qu'est-ce qui me prouve qu'il est quelqu'un de dangereux ?

D.E : Regarde juste sa manière de te détailler. Il te fixe comme si tu étais un morceau de viande.

Louis : Ça ne gêne que toi.

D.E : Ne sois pas ridicule. Je suis sûr que ça te rend encore plus mal à l'aise que moi.

Louis : Tout le monde a le droit à une chance.

D.E : Tout le monde mais pas lui.

Je laissa un moment de répit entre notre échange le temps d'ouvrir la fenêtre pour respirer un peu.

Louis : Pourquoi devrais-je te croire ?

D.E : Et toi ? Pourquoi te pousser à avoir plus confiance en lui plutôt que moi ?

Louis : Je ne te connais pas.

D.E : Crois-moi, tu ne le connais pas non plus. Tu ne sais pas de quoi il est capable.

Louis : Laisse-moi en juger par moi-même. Après on avisera.

D.E : Fais comme tu veux, mais je t'aurais prévenu.

Louis : Ok.

Dead End (Terminé)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant