Shy -NamGi-

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Yoongi était d'une timidité maladive. C'était un fait qui ne le quittait pas depuis qu'il était en âge d'aller à l'école maternelle. Parler aux autres, se faire des amis ou répondre à une simple question de la part d'un professeur, demeurait une épreuve insurmontable pour lui. Les années passant, rien ne s'était arrangé.

Sa différence avec les autres avaient finis par avoir raison de lui et les autres commencèrent à l'éviter, à le mettre de côté volontairement. Était-ce parce qu'il n'arrivait pas à ouvrir la bouche sans bégayer ? Ou encore parce que son corps était si fragile qu'il n'arrivait pas à le porter correctement ? Ses genoux rendus bleutés par les nombreuses chutes en témoignaient. Ou encore, la pâleur de sa peau qui inquiétait ? Il n'en savait rien. Mais toute cette peur et cette ignorance à son égard avait fini par l'enfermer un peu plus dans cette timidité qui le bouffait de l'intérieur.

Sa mère le maternait un peu trop, le surprotégeait pour tout avouer. Dans sa chambre, les bas des murs étaient recouverts de mousses, le sol de sa chambre était le seul endroit où se trouvait du lino. Au cas où il tomberait, il ne se blesserait pas sur le carrelage froid et dur. Il n'avait pas le droit de s'approcher du four de la cuisine, comme si par égard il viendrait à s'y brûler. Vivre dans une prison dorée n'avait en rien aidé dans son développement et dans sa construction personnelle. Loin de son chez lui, il craignait tout et tout le monde. Pourtant, le soir à sa fenêtre, il avait ce désir d'indépendance, cette envie de partir loin et de se débrouiller par lui même. Mais ça lui semblait irréalisable. Et pourtant.

Pourtant, en pleins milieu des couloirs de son lycée, il prit une décision en le voyant au loin. Lui, un peu perdu, sa tête toujours dans les bouquins avec d'affreuses lunettes rondes qui lui mangeait la moitié du visage et des vêtements toujours si peu accordés. Lui aussi, était renié de la classe, celui dont on se moquait, celui qu'on pointait du doigt parce que ses centres d'intérêts n'avaient rien de communs, parce qu'il était bon en classe. De la méchanceté gratuite.

Mais YoonGi l'aimait bien lui, il n'avait simplement pas le courage de s'en approcher et de lui en faire part. Jusqu'à cette fameuse après midi où, discrètement, il déposa un petit papier plié dans la fente du casier bleu délavé du garçon. Il avait vaincu sa timidité le temps d'un instant.

« Je te trouve beau Namjoon. M.Y »

𝙳𝚛𝚊𝚋𝚋𝚕𝚎𝚜Où les histoires vivent. Découvrez maintenant