Je vais pas vous le cacher, c'est un vieil, très vieil écrit. Il est mauvais j'en ai conscience, mais clairement ce soir je ne suis pas en état de vous écrire quoi que ce soit.
« Il faut qu'on parle. »
Ces mots, YoonGi les avait redouté pendant trois ans déjà. Et ce soir, ils étaient tombés.
Assit sur le sofa, NamJoon à genoux devant lui, il savait parfaitement ce qu'il allait lui annoncer d'une minute à l'autre. Il n'était pas bête. Depuis quelques semaines déjà, on parlait de teste nucléaire provenant de la Corée du Nord. YoonGi savait parfaitement que ce moment tant redouté finirait par arriver.
Il prit la parole, serrant la main de son cadet avec force dans la sienne. Ne rien montrer, ne pas craquer. NamJoon n'en avait pas besoin.
« .. Quand... ? »
C'était la seule chose qu'il fut capable de dire. S'il parlait plus, il craquerait et finirait par pleurer. Rien qu'à croiser le regard de Nam, il savait que son petit ami était terrorisé à l'idée de partir. Mais il n'avait pas le choix, il s'était enrôlé, c'était son devoir.
« Demain soir. »
Cette nuit là, ils s'aimèrent d'une façon inhabituel. Lentement, tendrement. Et YoonGi comprit lorsque NamJoon commença à s'endormir, et qu'il lui murmura qu'il l'aimait, qu'il ne reviendrait pas. Il ne répondit rien.
Les semaines qui suivirent l'annonce furent probablement les plus stressantes de toute sa vie. Chaque jour, YoonGi ne pouvait s'empêcher de penser à NamJoon, de se demander s'il allait bien, s'il tenait le coup, s'il était encore en vie.. Tous les mardi, il venait vérifier la boîte aux lettres, dans l'attente désespérée d'une quelconque lettre de sa part. Et tous les mardi sans exception, elle était là, l'attendant sagement.
Dedans, NamJoon lui racontait brièvement ce qu'il se passait. Trop brièvement pour qu'il puisse y croire. Il savait parfaitement que les soldats n'avaient pas le droit de tout écrire dans leur lettre, il ne fallait pas inquiéter les proches et démoraliser le pays en crise. Tout était nuancé, romancé. Et les quelques lignes dans lesquelles NamJoon en dévoilait un peu trop, étaient raturées, censurées.
Les jours passèrent, puis les semaines et enfin les mois. Tous les mardi, les lettres étaient encore là et cette routine commença à rassurer l'aîné. Il commençait vraiment à croire que NamJoon lui reviendrait sain et sauf. Après tout, la guerre ne devrait plus durer très longtemps. Il l'avait entendu à la télé, un terrain d'entente commençait à se mettre en place, et la Corée du Nord ne serait de toute façon bientôt plus en mesure de riposter. Ce n'était qu'une question de temps, avant qu'il ne puisse voir NamJoon passer la porte de l'appartement tout les soirs, comme avant.
« Un cappuccino et un chocolat chaud pour la numéro 4 ! »
YoonGi hocha la tête et s'activa en silence derrière le comptoir du café où il travaillait depuis quelques années maintenant, un torchon blanc sur l'épaule. Ce soir, il était de fermeture et si ça dérangeait souvent ses collègues de travailler en soirée, lui appréciait beaucoup. C'était un rythme plus rapide qu'en journée, et, il devait l'avouer, ça lui faisait du bien. Son travail l'occupait tellement dans ces moments là, qu'il arrivait presque à ne plus penser à NamJoon et à mettre la boule constante qui lui rongeait les entrailles de côté.
Il ne releva même pas la tête lorsque la sonnette indiquant l'entrée d'un client retentit. Il y était trop habitué et, de toute façon, derrière son comptoir, ce n'était pas lui qui servait les clients. Alors voir leur tête lui importait peu. Pourtant, le silence soudain aurait dû l'interpeller, lui faire redresser les yeux. Mais non, il continuait de travailler comme si de rien était, avant de recevoir un coup de coude de part de son collègue. Il l'entendit murmurer.
« Qu'est-ce que des militaires viennent faire ici... ? »
Militaires. Il releva brusquement la tête, sa la tasse brûlante de chocolat lui échappa des mains, venant se briser sur le comptoir en bois. Ses mains commencèrent à trembler, et il dut se tenir à l'évier pour ne pas tomber.
Devant lui, deux militaires s'avançaient dans sa direction, un uniforme soigneusement plié dans les mains, une chaîne en argent et deux plaques en aciers reposant sur les vêtements. Lorsqu'ils déposèrent l'uniforme sur le comptoir, il lut. Et son cœur sembla s'arrêter un instant. Kim NamJoon.
« C'est mon matricule.. Si il m'arrivait quelque chose ou que je venais à mourir sur le front, on viendrait le remettre à un membre de ma famille ou un proche. Toi, en l'occurrence. Tu es celui que j'ai inscris en premier. »
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𝙳𝚛𝚊𝚋𝚋𝚕𝚎𝚜
FanfictionIl était coutume d'entre que notre existence n'était que poussière face à l'univers. Et bien Jungkook représentait l'univers, Taehyung la poussière.
