Allongée sur mon lit, fixant le plafond, je tourne et retourne en boucle toutes les informations - ou du moins celles que j'ai retenues - qui nous ont été données

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Allongée sur mon lit, fixant le plafond, je tourne et retourne en boucle toutes les informations - ou du moins celles que j'ai retenues - qui nous ont été données. Je me rends compte que si j'ai eu des réponses, j'ai maintenant de nouvelles questions qui émergent de tous les côtés. Le monde a donc connu une guerre nucléaire et les humains se sont entretués. Je trouve ça tellement inconcevable. Comment peut-on en arriver à se monter les uns contre les autres ? La peur ronge-t-elle un être humain au point de lui faire perdre toute humanité ? Dans ma vie - ou Simulation - je n'ai pas connu les guerres. Je les ai seulement étudiées et ce sont des périodes qui m'ont fascinée. C'est toujours le cas, je crois. Je ne suis plus sûre de rien. Est-ce que mes centres d'intérêts sont vraiment les miens ou est-ce qu'on me les a crées ? Je me suis réveillée il y a presque une semaine, j'ai été dans la Simulation pendant dix-neuf ans mais avant ? Est-ce qu'ils m'ont conservée toutes ces années grâce à leur sérum de je ne sais quoi ? Je pense que je viens quand même de Détroit. Mais comment était la ville ici ? Et le monde ? Est-ce que ça avait l'aspect futuriste qu'on imaginait dans ma vie ? Des voitures volantes ? Des vaccins et traitements pour pouvoir tout soigner ? Les questions me donnent un léger mal de tête. Je ferais mieux de me calmer et d'aller à la bibliothèque quand j'en aurai l'occasion. Je me sens mal de l'admettre mais malgré toutes les horribles informations qu'ils nous ont apprises, savoir qu'ils ont une bibliothèque me rend presque euphorique.

*

J'attends encore une heure ou deux après avoir été appelée pour manger ce midi avant que l'on m'appelle de nouveau pour la visite. Je me suis lavée les dents au cas où je doive parler pour éviter de sentir le poisson pané et j'ai choisi de mettre le blouson plutôt que le sweat au cas où nous irions dehors. Quand je sors, je dois me rendre à la porte B et je réalise que je ne sais pas où c'est, donc je vais vers les escaliers.

— Wow.

Il va vraiment falloir que je songe à arrêter de foncer dans les gens et de regarder où je mets les pieds.

— Désolé.

— Mike.

Je lève la tête et me retrouve nez-à-nez avec le surveillant noir de ce matin. Il est grand et assez baraqué, avec des yeux marrons qui, contrairement à d'autres, n'ont pas l'air froid. Son sourire en coin me fait rougir parce que je mets quelques secondes à capter qu'il vient de me donner son prénom et que je suis sans réaction.

— Matricule XX96-15.

Son sourire se transforme rapidement en un rire amusé et il me pose une main sur l'épaule.

— Entre nous tu peux me donner ton prénom.

J'hésite. Pas parce que j'ai l'impression que c'est un test pour voir si je réponds bien ou non, mais plus parce que j'ai le sentiment que je n'ai plus le droit de m'appeler Noa. Que c'était faux et que donc, ce prénom ne m'appartient plus.

REALITY - Tome 1 ; (TERMINÉ)Des histoires addictives. Découvrez maintenant