Chapitre 11 (5/5)

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Valion était loin d'être idiot. Contrairement à certains, il savait pertinemment que cette "entrée" vers les profondeurs d'Agrisa n'en était pas une, ne donnant accès qu'aux galeries supérieures du cinquième niveau et non à l'ensemble de la cité souterraine. En vérité, cette porte était un leurre sublimement ouvragé ; une souricière construite par les Grandes Archives pour se débarrasser des curieux. Des curieux tel que ces nains dont il entendit parler peu de temps après sa descente dans Agrisa. Ce fut un récit qu'il trouva des plus intriguant.

Concernant leur histoire, il avait été surpris de leur "rencontre" avec des Abyssaux mais les marques de corruption présente sur le cadavre du "survivant" eurent vite fait de dissiper ses doutes. Cela était des plus étranges car les Grandes archives avaient pourtant été claires ; le cinquième sous-sol était libre de toute corruption. La Souillure n'avait plus d'emprise sur ce niveau depuis longtemps. Alors, comment ? Et comme par hasard, au milieu de ce sombre chaos, un des nains survécut. Il parvint ensuite à s'échapper de la zone, à éviter les squelettes et les spectres avant d'être miraculeusement retrouvé par les contrebandiers. La chose paraissait bien trop extravagante pour être vraie et pourtant, les faits étaient les faits.

Les réponses à ses questions énervaient Valion mais en même temps, d'une certaine façon, elles le satisfaisaient. Et pour lui, ses réponses étaient ainsi.

IL cherchait à attirer l'attention.

IL voulait que ce nain soit retrouvé.

Mais pourquoi désirait-il cela ? Un large sourire illumina alors son visage. Cet Archonte aurait-il peur ? Espérait-il ainsi que la Légion vienne à lui ? Qu'un Mortis vienne à lui ?

Non, il ne laissera jamais une telle chose se produire, s'il s'avérait qu'il avait vu juste.

Valion arriva finalement à destination. Dans la grande salle aux colonnes, il fit vite face au prétendu sceau des lieux. Les marques sur le métal et la pierre environnante luisaient d'une faible lueur blanche. Il s'arrêta au milieu de la pièce. Bien que Valion soit sous terre, la température demeurait étrangement basse ; il y faisait frais. Par endroits, une fine brume blanche couvrait toujours le sol.

Valion ferma les yeux et tendit la main droite vers la porte. La paume ouverte face à elle, il tenta de capter la présence de l'Archonte. S'il avait, comme Valion le pensait, étendu son influence jusqu'ici, normalement, il devrait pouvoir la ressentir. Au bout de quelques secondes passées dans un silence de mort, Valion la trouva.

Loin face à lui, il parvint à l'effleurer. C'était une drôle de sensation, épaisse et lourde sur le cœur mais en même temps extrêmement veloutée. A l'instant même où son esprit entra en contact avec elle, Valion ouvrit brusquement les yeux. L'espace d'un instant, la cornée de ses yeux se voila d'un noir d'encre avant de retrouver son apparence première. Et un ricanement glacial transperça le silence de sa présence.

— Ooooh... Mais voilà une rencontre qui se promet des plus divertissantes, entonna joyeusement la voix.

Une rencontre ?

Surpris par ces propos, Valion cessa ce qu'il faisait. Et c'est à ce moment là qu'il les entendis, ces trois voix mêlées de surprise.

Toi qui apportes la nuitOù les histoires vivent. Découvrez maintenant