Chapitre 17 (5/5)

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De nombreux badauds s'étaient réunis en haut de l'avenue des Montoineaux, près de l'entrée de la place qui faisait face au château, et observaient avec curiosité les chevaliers esseniens raccompagner les membres de la Légion jusqu'à leur demeure dans la haute-ville. Les réactions de la foule face à ce spectacle demeuraient les mêmes qu'à leur premier passage mais maintenant que la sanction concernant la Légion venait d'être prise de façon officielle, nul doute que leur attitude était amenée à être changée. Les chevaliers esseniens formèrent de nouveau un couloir pour que l'ensemble du groupe passe au-travers de cet auditoire, indésirable pour certains, et amassé sur les bords de l'avenue et aux croisements des rues et de certaines ruelles.

Le soleil avait bien percé l'horizon. Entre les bâtiments de la haute-ville, de larges et profondes ombres s'imposaient encore en maîtresses des lieux. Un personnage encapuchonné se tenait dans la pénombre de l'une d'elles juste à l'arrière de la foule.

Cet homme aux cheveux courts et clairs observait en silence la procession tout en écoutant les commentaires divers des spectateurs alentours, le visage impassible. Sous son manteau, un étrange tatouage couvrait une partie de son bras, une série de symboles et de glyphes qui descendait le long en ligne droite, du milieu de son épaule jusqu'au dos de sa main. Là, le symbole y était plus grand et entouré d'un cercle dont à nouveau cinq lignes partaient pour couvrir ses doigts jusqu'à la base des ongles.

Autour de lui, une grande majorité des gens semblait se satisfaire du spectacle, à des degrés plus ou moins virulents. Il sourit doucement. Les plans de son maître ne devrait plus être perturbés. Cette nouvelle le satisferait grandement.

Une fois le cortège hors de sa vue, l'homme s'éloigna de la populace avant de plonger plus profondément dans la pénombre des ruelles. Il tourna à droite en direction d'un autre petit croisement à l'ombre des bâtiments. Il accéléra le pas ; il devait rejoindre ses camarades au plus vite. Concentré sur sa destination, il ne vit que trop tard la femme qui s'avançait vers lui en courant.

Ses vêtements, une tunique bleu sombre et un épais manteau marron à capuche, épousaient gracieusement le moindre de ses mouvements. D'une agilité sans pareille, elle prit appuie sur les murs alentours pour se propulser dans les airs d'un saut. A un mètre de son adversaire, elle déroula la jambe pour asséner un puissant coup de pied qui le déstabilisa.

L'homme parvint de justesse à rétablir son équilibre et sorti dans la foulée une dague de sous son manteau. Mais la femme fut plus rapide. A peine toucha-t-elle le sol, qu'elle se propulsa de nouveau en direction de son adversaire. D'une série de mouvements précis, elle retourna son arme contre lui pour la plaquer contre son cou avant de se saisir de son autre bras qu'elle immobilisa dans son dos.

Sous sa capuche, le visage de la femme demeurait impassible. Sa grande taille lui donnant un avantage certain, elle tira son adversaire sans beaucoup d'efforts dans une autre ruelle. Elle y murmura quelques mots. Dans la pénombre, il y eut soudainement un flash bleu. Le décor changea brusquement et ils se retrouvèrent en bordure de la forêt de Lugram, à l'extérieur de la ville.

La femme désarma finalement son prisonnier qui tomba à genoux avant de vomir. Une téléportation aussi brutale avait le don de retourner les estomacs. Une ombre finit par le dominer et il releva la tête une fois les violents spasmes passés.

— Tiens, tiens... Mais regardez ce que nous avons là...

Ishaa Astanatos se tenait devant lui.

Toi qui apportes la nuitOù les histoires vivent. Découvrez maintenant