Chapitre 17 (1/5)

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William ouvrit la porte de la chambre de Garance. Dans la pièce, une faible lueur émanait du feu mourant de la cheminée. Derrière les épais rideaux, les premiers rayons du soleil annonçaient doucement le début de la journée ; ceux qui dardaient au-travers des interstices venaient illuminer les boiseries qui couvraient les murs.

Dans son lit, Garance s'était enveloppée de son drap et de son épaisse couverture, la tête enfouie au milieu de ses nombreux oreillers. William s'approcha d'elle. Au vu de sa respiration, elle dormait encore profondément. Il s'en voulait de devoir la réveiller si tôt, étant donnée sa fatigue, mais les ordres étaient les ordres, surtout s'il considérait leurs "invités".

Il soupira puis ouvrit en grand les rideaux de la fenêtre la plus proche du lit. Il s'approcha ensuite de sa sœur et la secoua légèrement en l'attrapant par l'une de ses épaules.

— Garance, il faut se réveiller. Garance !

Maintenant à moitié éveillée, elle le repoussa en grommelant.

— Allez, debout !

D'un geste bref, il retira la couverture. Comme il s'y attendait, sa sœur apprécia peu.

— Par les Trois, William !

Elle se redressa, les cheveux en bataille et une expression passablement agacée sur le visage.

— Bon sang, t'as pas autre chose à faire que de me hurler dessus de bon matin ? J'ai encore passé une sale nuit en plus...

Elle se laissa retomber contre ses oreillers en soupirant. Elle bailla.

— Qu'est-ce qui se passe à la fin ? demanda-t-elle en croisant ses mains sur son ventre.

— Le capitaine Thralond est dans la cour avec une douzaine de chevaliers. Le roi convoque l'ensemble des Chevaliers noirs sur-le-champ.

Garance soupira.

— Et merde...

— Père a eu une réaction similaire, bien que moins fleurie, répondit son frère en souriant.

— Aaah, mais va te faire voir. Tu sais pertinemment que j'ai horreur de ce genre de réveil brusque et je me moque de la raison.

— Vraiment ? Même pas pour un Abyssal ?

— Par pitié, ne me parle pas de malheur... J'ai eu ma dose pour la journée.

La jeune femme soupira de nouveau, repensant brièvement à sa discussion nocturne avec l'Archonte.

Une Aeseithild... Si ce qu'il a dit est vrai, je... Mais qu'est-ce qu'il t'est passé par la tête, maman...

Le regard dans le vide, elle attrapa sans s'en rendre compte son avant-bras gauche de la main. Elle demeura ainsi, silencieuse, à fixer du regard le toit de son lit pendant quelques secondes.

William s'avança près de la chaise où Garance avaient déposé ses vêtements. Il les attrapa puis les déposa au pied du lit. Malgré la tension de la matinée, son ton demeurait jovial.

— Allez, dépêches-toi, ma belle. Père et les autres nous attendent.

Tandis que Garance commençait à sortir de son lit, il se dirigea vers la sortie. Arrivé à la porte, il se tourna vers sa sœur, de sorte à lui délivrer un dernier message.

— Ah, et aussi, une demande de Père justement... Comme toujours, essaie d'éviter toutes formes d'expressions orales et faciales trop...dramatiques, si tu vois ce que je veux dire.

A ses mots, Garance ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel et de soupirer.

— Oui, oui...

Toi qui apportes la nuitOù les histoires vivent. Découvrez maintenant