Chapitre VIII-39

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Tout se bousculait dans ma tête. Comment se pouvait-il qu'un homme prisonnier de cet endroit depuis a priori plus longtemps que nous, se trouvant à un niveau aussi profond, puisse nous affirmer être capable de nous faire sortir. J'avais posé la question, bien sûr. Mais la réponse, pourtant idéale, me rendait perplexe. Nous connaissions nous même un moyen de quitter cet enfer, bien que nous ne soyons pas encore certains d'avoir accès aux détails qui nous le permettraient réellement. Avait-il lui aussi eu connaissance de la stratégie mise en place par le colonel ? Ou était-il capable de nous libérer différemment ? Ou peut-être nous mentait-il, tout simplement ? L'idée qu'une situation pareille puisse amener des survivants à nous nuire s'imposa à moi. Je n'étais décidément pas à l'aise avec ce message, mais ne désirais pas non plus rater une occasion de nous échapper d'ici. Et surtout, je ne voulais pas semer le doute si cela n'était pas nécessaire.

— Demande-lui comment il peut nous faire sortir.

« Je dispose de la clef magnétique et du code d'urgence pour ouvrir la porte principale. », pus-je lire avant de réagir en pensée :

Là, il se fout de notre gueule, c'est sûr !

— Pourquoi est-il encore là alors ?

Mes compagnons tournèrent leurs regards vers moi, interloqués par le ton que j'avais employé. Ils étaient déjà en train de s'accrocher à cette nouvelle branche alors que je l'imaginais se dérober dès que nous aurions transféré notre poids dessus.

— Désolé, je le sens pas. Demande, on verra bien ce qu'il nous dit.

Max attendit l'assentiment du groupe avant de taper.

« Parce que je ne compte pas sortir. Je dois mourir ici. Des jeunes comme vous par contre, j'aimerais pouvoir vous sauver avant de quitter ce monde. Histoire d'avoir quand même fait quelque chose de bien. »

— Comment il sait ça ? Qu'on est jeunes ? s'énerva Tom.

Notre dactylo répercuta l'interrogation.

« Je vous vois grâce à votre webcam ».

— Vous nous entendez ?

Aucune réponse à ma question ne s'inscrivit sur l'écran.

— Bon, écris-lui qu'on doit réfléchir un peu.

« D'accord, mais je vous conseille de faire vite. Je vous jure que je peux vous libérer de tout ça. »

— Déjà, il faut qu'on voie si on a les procédures sur l'ordi. Comme ça on saura si on a d'autres options, proposai-je.

En fermant simplement la fenêtre de dialogue, nous retombions sur les messages reçus. En quelques clics nous accédions à ce qui avait été envoyé depuis ce terminal. Le dernier échange ayant précédé notre entretien était adressé au poste de surveillance de Johan au cinquième niveau. Max n'attendit pas que l'on lui demande pour l'ouvrir. Une courte recherche nous permit de trouver le long texte à l'allure technique. En remontant à son début, une introduction rédigée de façon plus littéraire résumait le plan que nous avait décrit Johan plus tôt.

— Bingo ! s'exclama Max.

— Bravo ma belle, t'es trop forte !

J'offrais à Léa peu de mots pour la remercier, mais beaucoup de tendresse par contre. L'occasion de la serrer contre moi me permettait de m'évader quelques instants du piège qui nous retenait encore.

— J'ai passé la partie sur la salle d'électricité. Au moins ça on l'a déjà fait ! OK, là on a la marche à suivre pour la reprog. Ça a l'air bien détaillé. On devrait pouvoir y arriver. Ensuite les opérations sur les vannes... Y'a même les cartes en pièces jointes. Oh, et après il faut encore recouper le courant... Putain, c'est super long ! Ça va encore nous prendre vachement de temps.

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