Aerin, princesse du royaume elfique d'Eryn Vorn, croise la route de Thorin Écu-de-Chêne et de sa compagnie.
Étant à Imladris pour affaire, elle décide, sans en informer les siens, d'aider les nains à reconquérir Erebor.
Entre danger, colère, amour...
Je suivis du regard Aerin lorsqu'elle passa près de moi, sur le dos de sa monture. Elle m'ignora royalement et je pris intérieurement sur moi pour ne pas lâcher une remarque acerbe. Nous n'étions pas seuls, et ce n'était pas le moment de discuter de nos affaires personnelles.
Lorsqu'ils furent hors de mon champs de vision je donna ordres et recommandations aux miens, demandant notamment aux troupes de se poster sur les murailles afin de surveiller les agissements des nains. Ceci fait, je me rendis à l'entrée de la cité en ruine et attendit le retour de l'homme et de la princesse d'Eryn Vorn.
Il ne leur fallut pas longtemps pour revenir et je devinais leur échec avec un certain contentement, en observant la colère du dénommé Bard et le visage fermé d'Aerin.
Bard : il ne nous donnera rien ! Thranduil : quel dommage ! Vous aurez essayé...
Je laissais glisser mon regard sur la jeune elleth et remarquais qu'elle semblait profondément affectée, déçue et blessée. Elle reporta son attention sur moi et me lança un regard noir lorsqu'elle remarqua que je l'observais.
Bard : je ne comprends pas ! Pourquoi ? Pourquoi risquer d'avoir une guerre ? Aerin : Thorin n'est plus le même, il est sous l'emprise de l'or...
Elle se tourna en direction d'Erebor alors que les nains s'attelaient à briser le pont de pierre et rendre ainsi plus difficile l'accès à la cité des nains.
Thranduil : il est vain de raisonner avec eux. Ils ne comprennent qu'une chose !
Je dégaina mon épée, illustrant silencieusement mes propos. Je ne laisserais pas ces nains dicter leurs lois. J'eus droit à un regard surpris de la part de l'homme.
Thranduil : nous attaquerons à l'aube. Êtes-vous avec nous ?
N'attendant aucune objection, je fis demi-tour vers la cité. Je fus alors dépassé par la jeune princesse qui entra dans Dale au galop, ignorant l'homme qui l'appelait. Je m'arrêta un instant, me tournant vers ce dernier.
Thranduil : si je peux vous donner un conseil, ne vous approchez pas d'elle !
J'eus droit à un regard interloqué, mais il ne me tromperait pas en feignant la surprise.
Bard : pourquoi dites-vous cela ? Thranduil : oh voyons ! Ne jouez pas à cela mon cher, j'ai remarqué les regards que vous posez sur elle ! Bard : je ne vois... Thranduil : il suffit ! Aerin est un joyau brut, sublime je vous le conçois. Mais vous ne vous approcherez pas d'elle ! Bard : est-ce une menace ? Thranduil : non, je ne me permettrais pas. Disons qu'il s'agit d'une simple mise en garde.
Pov Aerin
J'étais retournée aux écuries et Elwe était maintenant dans un box. Je posais selle et bride sur un montant en bois à moitié chancelant avant de soupirer de lassitude et dépit, m'appuyant contre un mur de pierre.
Déçue, triste, blessée, en colère. C'était le flux de sentiments que je ressentais depuis que nous avions discuté avec Thorin. Une discussion vaine, car le nain semblait me considérer à présent comme une ennemie, une traître. Et c'était bien ce regard glacial qui m'avait blessé, cette étrange impression d'être devenue une parfaite inconnue pour le nain alors que je m'étais étrangement attachée à cette compagnie. Rien n'empêcherait cette guerre et les troupes de Thranduil attaqueraient à l'aube. Je ne pouvais concevoir de me rallier à un camp en particulier. Car je ne pouvais trahir mes amis nains, et je ne pouvais me dresser contre mes frères elfes, et surtout contre leur roi, j'en étais incapable. Je savais également que faire entendre raison à l'elfe sinda était chose impossible. Il était fier, têtu et aveuglé par la haine qu'il vouait au peuple de Durin.
Je caressais une dernière fois l'encolure d'Elwe avant de rejoindre la place de la cité. La plus jeune de filles de Bard m'interpela alors. Elle était assise avec sa sœur, son frère et de nombreux enfants, adolescents et femmes. Je m'avança vers eux et pris place près de Sigrid à sa demande. Je resta de longues minutes à discuter avec les enfants, puis un adolescent commença un chant et fut rejoint par certains. Quelques chansons s'enchaînèrent ainsi alors que j'écoutais les paroles, plus ou moins frivoles.
Tilda : à toi Aerin ! Tu nous chanterais une chanson de ton peuple ? Aerin : moi ? Mais... Tilda : mais, s'il te plaît ! S'il te plaît ! S'il te plaît !
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Je ne pu résister à sa moue enfantine et je capitula, bien que je n'aimais pas chanter. Je réfléchis quelques secondes à une chanson et entama les premières paroles alors que tous m'observaient. Je me détendis quelque peu, relâchant inconsciemment la tension alors que je chantais la berceuse que mon frère avait pour habitude de me chanter lorsque j'étais une enfant.
Aerin : Naira ëar, naira ëar, Endor lestalmë, Eldamar! (Ô lointain océan, lointain océan, nous quittons la Terre du Milieu pour l'Eldamar !)
Naira ëar, naira ëar, tanna lutta nu i Menelmacar (Ô lointain océan, lointain océan, pour aller là, sous Menelmacar)
Naira ëar, naira ëar, Endor lestalmë, Eldamar! (Ô lointain océan, lointain océan, nous quittons la Terre du Milieu pour l'Eldamar !)
Naira ëar, naira ëar, telda ranta ló i menya lenda (Ô lointain océan, lointain océan, la dernière part de notre voyage)
Ela Eldamar - Eoo! (Regarde l'Eldamar - Eoo!) Ela Eldamar - Eoo! (Regarde l'Eldamar - Eoo! Ela Eldamar - Eooo! (Regarde l'Eldamar - Eoo!)
Síra an Elerína (En ces jours, à Elerína)
(Titre de la chanson : Eldamar de Oonagh)
Je terminais les dernières paroles sous les yeux de tous et notamment de la jeune Tilda qui m'observait, les yeux ronds. J'étais à présent mal à l'aise, moi qui n'aimais pas être le centre de l'attention. Les personnes assisent avec nous applaudirent et je sentis le rouge monter jusqu'aux pointes de mes oreilles.
Sigrid : c'était sublime, dame Aerin ! Aerin : je vous en pris Sigrid, seulement Aerin. Tilda : c'était trop beau !
Je ris légèrement face à l'enthousiasme de l'enfant mais je retrouvais rapidement mon calme en remarquant Voronwë s'avancer vers nous.
Voronwë : rin Aerin! Veuillez me suivre ! Aerin : puis-je en savoir les raisons Voronwë ? Voronwë : aran Thranduil souhaite s'entretenir avec le seigneur Bard et vous-même.
Interloquée, je me relevais, lançant un regard que je voulais rassurant aux enfants de Bard. Je suivis alors silencieusement le chef de la garde dans les rues de Dale.