Aerin, princesse du royaume elfique d'Eryn Vorn, croise la route de Thorin Écu-de-Chêne et de sa compagnie.
Étant à Imladris pour affaire, elle décide, sans en informer les siens, d'aider les nains à reconquérir Erebor.
Entre danger, colère, amour...
Kili m'avait ordonné de me tenir à l'écart m'indiquant qu'il allait se charger de renvoyer Thranduil. Peu convaincue, j'avais cependant acquiescé et m'étais éloignée du trône sans pour autant quitter la salle. Je me postais en retrait de sorte à ce que ni Kili, ni les nouveaux arrivant puissent me remarquer, attendant avec appréhension l'arrivée du souverain de Mirkwood. Une vingtaine de minutes plus tard, le roi silvestre pénétra dans la salle, accompagné de Voronwe et de deux elfes, escorté par les nains d'Erebor qui les observaient avec une haine non dissimulée. Le sindar s'avança avec toute son élégance et sa préstance. Il s'arrêta devant Kili qui n'avait pas bougé d'un iota, observant les nouveaux arrivants sans un mot. Thranduil se tenait là, fier et droit. Mais en l'observant de plus près, je remarquais que ses traits étaient tirés. Je pouvais à présent dire que je connaissais chaque parcelle du visage du roi, et ce léger changement ne m'échappa pas. Il semblait que les derniers jours qui s'étaient écoulés n'avaient pas été de tout repos. Tant mieux !
Kili : bonjour roi Thranduil! Que nous vaut votre présence ? Je suppose qu'il ne s'agit pas là d'une visite de courtoisie ? Thranduil : bonjour roi Kili! Il me semble que vous êtes au fait des raisons de ma présence ici ! Kili : en effet ! Vous êtes ici pour la princesse Aerin, n'est-ce pas ?
Kili lui adressa un sourire moqueur auquel le roi répondit par un rictus.
Kili : elle ne veut pas vous voir ! Vous vous êtes déplacé jusqu'ici pour rien ! Quel dommage ! Thranduil : pensez-vous que je sois venu jusqu'ici pour que des nains, simples d'esprits, me chassent aussi facilement ? Je ne quitterais pas ces terres sans lui avoir parlé !
Les choses prenaient le mauvais chemin et je sentais que la situation allait rapidement s'envenimer si je ne m'interposais pas entre les deux souverains.
Kili : des nains simples d'esprit dites-vous ? Il semblerait qu'Aerin préfère notre compagnie à la vôtre, oh roi des Elfes!
Je décidais d'interrompre leur petite querelle d'ego et m'avançais jusqu'au trône.
Aerin : ça suffit !
Le regard hypnotisant du roi se posa sur moi et je tâchais de rester impassible, bien que cela fusse une tâche difficile. Car je savais que ses yeux hypnotisant pouvaient à tout moment me faire craquer. Je ne devais donc pas perdre le nord, il en était hors de question.
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Thranduil : Aerin ! Nous devons parler !
Je lui offrais un regard noir alors que je prenais place aux côtés de Kili qui se contenta d'observer notre joute verbale en silence.
Aerin : nous n'avons rien à nous dire ! Je crains que vous n'ayez fait tout ce chemin pour rien, Aran Thranduil ! Thranduil : vous n'avez peut-être rien à me dire mais ce n'est pas mon cas, vous allez m'écouter !
Je laissais échapper un rictus face à l'attitude autoritaire du souverain. Il s'y prenait de la pire des manières.
Aerin : rien à vous dire ? Bien au contraire, je me retiens seulement de vous lâcher vos quatre vérités ! Vous ne méritez pas que je gaspille ma salive pour vous ! J'ai déjà bien trop donné ! Thranduil : vous vous méprenez, vous savez que je n'ai que faire de cette stupide elleth ! Laissez-moi au moins vous donner mes explications ! Vous serez ensuite libre de me croire ou de m'ignorer, j'accepterais votre choix. Vous avez ma parole !
Un éclat de douleur passa dans ses yeux et je me surpris à considérer sa proposition. S'il m'avait donné sa parole, je pouvais au moins lui accorder quelques minutes pour qu'il tente de se justifier. Mais peu importe la véracité de ses dires, ma décision était prise. Je n'étais pas heureuse à Mirkwood où, malgré mon amitié avec Finwë et Estë, je vivais une vie solitaire, dans l'ombre de Thranduil. Et je ne voulais pas vivre ainsi, je ne le supporterais pas. Silencieux jusqu'à présent, Kili se leva de son trône et s'interposa entre nous, faisant face au roi silvestre.
Kili : elle vous a dit qu'elle ne voulait pas ! Cela ne devrait pas être difficile à comprendre, même pour un elfe !
Thranduil lui jeta un regard noir et les deux rois se jaugèrent de longues secondes jusqu'à ce que j'intervienne.
Aerin : je vous octroie dix minutes !
Le roi sindar reporta son attention sur ma personne, surpris par ma réponse. Pour ma part, je me retournais avant de me diriger hors de la salle, fuyant ses orbes azurs qui avaient le pouvoir de me faire flancher à n'importe quel moment.
Aerin : cette après-midi, avant le coucher du soleil, je vous rejoindrais au cœur de la plaine d'Erebor !
Je quittais ainsi la salle du trône, laissant Thranduil seuls avec les nains.
Pov Thranduil
Je m'apprêtais à quitter les lieux, satisfait de ce que j'avais pu obtenir de la princesse d'Eryn Vorn, mais je fus interrompu par le nouveau roi sous la montagne.
Kili : vous ne méritez pas son attention ! Thranduil : oh ! Voyez-vous ça ! Je n'ai que faire de votre avis ! Vous ne savez rien ! Voronwe, quittons ces lieux !
Nos chevaux nous furent restitués devant les portes d'Erebor et nous regagnâmes le campement sans adresser un seul regard aux nains. Je passais le restant de la journée dans ma tente, réfléchissant à la manière d'aborder Aerin sans la brusquer. Lorsque le soleil commença sa descente, je me mis en selle, ordonnant à Voronwe de rester au campement. Je souhaitais être seul à seul avec l'elleth aux cheveux de feu. Je quitta le camp avant de me diriger vers la plaine de la montagne solitaire. Alors que je m'y engageais, je remarquais au loin la silhouette d'une cavalière que je reconnue immédiatement. Aerin avançait sur le dos de son etalon noir. Lorsque nous nous rejoignîmes, nous arrêtâmes nos montures tout en s'observant en silence. Le visage de l'elleth était impassible, fermé, m'offrant un contraste perturbant, elle qui laissait toujours transparaître ses émotions. Quelque chose s'était brisée en elle et j'en étais la cause. J'étais à présent sûr d'une chose : il me faudrait trouver les bons mots pour la convaincre.