Aerin, princesse du royaume elfique d'Eryn Vorn, croise la route de Thorin Écu-de-Chêne et de sa compagnie.
Étant à Imladris pour affaire, elle décide, sans en informer les siens, d'aider les nains à reconquérir Erebor.
Entre danger, colère, amour...
Cela faisait à présent une semaine que la fête des fleurs était passée. Suite à l'annonce du roi, je m'étais glissée entre les convives et avaient pu discuter avec certains. J'avais consacré les jours suivants à parcourir la cité, discutant avec les elfes silvains lorsque cela m'était possible. Enfin, il serait plutôt correct de dire : lorsque ces derniers acceptaient de m'adresser la parole. Malgré mes efforts, je peinais à me faire accepter à Mirkwood. Beaucoup refusaient de me considérer, ne comprenant pas comment leur roi avait pu se lier à une autre elleth que leur défunte reine. Je ne pouvais cependant pas me justifier à ce sujet, seul Thranduil le pouvait. Ce dernier était souvent occupé par les affaires du royaume, ainsi, nous nous étions croisés quelques fois. Le soir il revenait dans la chambre assez tard, si bien que j'étais souvent endormie. J'avais partagé trois repas avec lui et je n'avais pas souhaité lui parler de mon mal-être. Fort heureusement, je pouvais compter sur mes nouveaux amis : Estë, Finwë et Lomion. J'avais décidé de passer au dessus des ordres de Thranduil quand au fait de fréquenter ce-dernier. Après tout, il n'avait pas un comportement déplacé avec moi, bien au contraire. Et Thranduil n'était pas là pour vérifier chacun de mes faits et il n'avait pas l'air préoccupé par ce que je faisais de mes journées. Je passais ainsi une partie de mon temps libre avec eux, apprenant à les connaître.
Ce jour là, Estë vint me quérir dans les appartements royaux. Nous avions décidé de nous entraîner au tir à l'arc. Je pris donc mon arc et mon carcan avant de suivre l'elleth. Lomion et Finwë nous attendaient au terrain d'entraînement. J'avais toujours été douée avec un arc, bien plus qu'avec une dague ou une épée. C'est Eldarion qui m'avait enseigné l'usage d'un arc dès mon plus jeune âge et il avait été plutôt bon maître d'école. Nous passâmes ainsi près de 3 heures à tirer flèches après flèches lorsque Finwë et Estë durent s'éclipser pour prendre leur tour de garde. Lomion me proposa gentiment de me raccompagner et c'est ainsi que nous nous retrouvâmes à parcourir les couloirs de la cité elfique ensemble.
Lomion : vous êtes très douée, rin Aerin ! Aerin : merci Lomion, mais s'il vous plaît, appelez-moi Aerin, seulement !
L'elfe me sourit avant d'acquieser.
Aerin : depuis combien de temps faites-vous parti de la garde ? Lomion : je dirais près de 1450 ans. J'ai depuis gravi quelques échelons !
Nous arrivâmes alors devant la porte du quartier royal.
Lomion : bien, je vais vous laisser Aerin ! Je vous souhaite une douce soirée ! Aerin : hannon le, Lomion! Vous aussi !
Il attrapa délicatement ma main et y déposa un baiser. Interloquée, je ne réagi pas face à son geste et l'elfe quitta les lieux en me lançant un dernier regard. Je restais plantée au milieu du couloir, toujours sous le choc du comportement de Lomion. Thranduil m'avait mis en garde, et je savais que j'aurais dû le repousser. Cependant, j'avais beau m'en vouloir, il était primordial que le roi ne soit pas mis au courant. J'inspirais profondément avant de pénétrer dans les appartements que je partageais à présent avec le roi. Je fus surprise de l'y retrouver, lui qui avait pour habitude de revenir bien plus tard ces derniers jours. Il était assis avec nonchalance, la tête basculée en arrière et les yeux clos. Dans sa main droite, il tenait un verre de vin d'Esgaroth, signe qu'il ne s'était pas assoupi. Lorsqu'il entendit la porte, il entrouvrit un œil, m'observant un instant avant de fermer à nouveau les yeux. Dans le plus grand des silences, je m'approchais de lui. Je remarquais ses sourcils froncés, signe qu'il était passablement de mauvaise humeur. Cela me conforta dans l'idée de ne pas le contrarier aujourd'hui. Doucement, je me glissais derrière lui et me penchais doucement vers lui, passant mes mains sur ses épaules pour les laisser glisser le long de ses bras.
Aerin : Aran nin...
J'inclinais ma tête vers la sienne, déposant de multiples baisers, commençant par son front, sa pommette, sa joue puis sa mâchoire. Il attrapa alors ma main droite et me tira avec force de façon à ce que je me retrouve assise sur lui. Il ne me laissa pas réagir et captura mes lèvres en un baiser fougueux auquel je répondis par un gémissement incontrôlable. Lorsqu'il me libéra, je plongeais dans ses yeux azurs alors qu'il laissait glisser sa main le long de ma joue.
Aerin : vous m'avez manqué cette semaine... Thranduil : il est vrai que je n'ai pas été très présent. Mais les prochains jours seront plus calmes, j'aurais beaucoup de temps à vous accorder, meleth nin.
Je ne pu retenir mon sourire avant de l'embrasser doucement.
Thranduil : mais dites-moi, avez-vous passé une bonne journée ? Aerin : nous nous sommes entraînés au tir à l'arc. Thranduil : nous ?
Je me pinçais les lèvres, consciente que j'allais me faire réprimander.
Aerin : hum... Avec Estë, Finwë et Lo... Thranduil : et Lomion ?
Le roi se redressa légèrement, attrapant ma mâchoire entre ses doigts pour me forcer à faire face à son regard sévère.
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Thranduil : ne vous ai-je pas demandé de vous tenir éloigner de lui ? Aerin : je ne... Thranduil : je sais que vous passer votre temps avec lui et vos deux autres amis ! C'est la dernière fois que je vous mets en garde, tenez-vous loin de lui !
Je me dégageais de son emprise, me mettant debout, face à lui. Il était hors de question qu'il gère ma vie avec des ordres sans queue ni tête.
Aerin : je ne suis pas un de vos sujets qui vous obéit au doigt et à l'œil ! Vous ne dirigerez pas ma vie comme il vous conviendra ! Thranduil : je suis le roi, si je vous donne un ordre, vous devez y obéir !
Je l'observais un instant, silencieuse, bien qu'intérieurement, je bouillonais de rage et l'envie de hurler ma colère était difficilement contrôlable. Au delà de ça, je ressentais également de l'incompréhension, de la frustration et de la déception. Bien sûr, je comprenais qu'il n'avait pas confiance en Lomion, cependant, je me demandais s'il avait confiance en moi. Son comportement actuel me faisait douter.
Aerin : vous m'avez indiqué ne pas lui accorder votre confiante, soit ! Vous auriez cependant pu preciser qu'il en était de même pour moi, Aran nin !
Je ne le laissa pas répliquer et quittais la pièce, incapable de supporter plus encore le sal caractère du roi.