Pov Aerin
Nous avions immédiatement quitté le royaume de Thranduil. J'avais été escortée et surveillée par les gardes de mon père, traitée telle une prisonnière jusqu'à ce que Vertbois-le-Grand soit suffisamment éloigné pour que je tente de fuir et revenir en arrière.
Le voyage de retour fut pesant. Un véritable supplice. Je me laissais porter par Elwe, résignée et abattue, attendant ma sentance. Mes parents avançaient en tête. De mon père je n'avais droit qu'à son ignorance et ses regards glaciales. Quand à ma mère, elle restait muette et suivait mon père comme son ombre.
Seul mon frère tentait de me tenir compagnie et de me remonter le moral. Mais ces tentatives étaient inutiles. J'avais laissé une partie de moi-même dans les cavernes de Vertbois-Le-Grand, entre les mains de Thranduil. La douleur de cette déchirure était bien trop profonde pour que j.en fasse abstraction. Elle ne se refermerait jamais, j'en étais certaine. J'étais marquée à vie par mon séjour chez les elfes sylvains, par ma rencontre avec leur souverain.
C'est près de quatre semaines plus tard que nous arrivâmes à l'entrée du royaume. Nous traversâmes la forêt des Ambres avant de passer les portes en marbres de la cité où j'avais grandi. Nous parcourûmes les ruelles jusqu'au palais où mon père m'ordonna de mettre pieds à terre avant d'indiquer à Galdor, le chef de la garde, de m'escorter jusque dans mes quartiers où je fus consignée jusqu'à ce qu'il en décide autrement.
Je restais prostrée sur mon lit durant les jours qui suivirent, ayant pour seules visites les allées et venues de Galdor lorsqu'il amenait mes repas. Mais je ne m'en formalisais pas et ne voulais voir personne. Je plongeais doucement dans une dangereuse et mortelle mélancolie, j'en étais consciente mais je n'en avais que faire.
Près de six jours plus tard le chef de la garde se présenta dans mes quartiers et m'ordonna de le suivre. Mon père demandait à me voir. Il m'escorta donc jusqu'a la salle du trône et lorsque nous y pénétrâmes, mon père congédia l'ensemble des gardes et domestiques. Je me retrouvais alors seule face à mon géniteur, attendant ma sentance.
Assis nonchalement dans son trône, il se leva lentement avant de s'approcher sans un mot. Il me contourna silencieusement, m'observant avec sévérité.
Aldarion : as-tu réfléchi au comportement honteux dont tu as fait preuve, iell nin (ma fille) ?
Aerin : devrais-je avoir honte de ressentir de l'amour !?
Il se positionna face à moi et m'adressa un regard dédaigneux.
Aldarion : de l'amour ? Penses-tu réellement que Thranduil puisse aimer une misérable elleth comme toi ! S'il a jeté son dévolu sur toi c'est uniquement parce que tu n'as aucune force de caractère ! Il est tellement simple de te leurrer. Tu n'es qu'une petite sotte !
Je reçus alors une puissante gifle qui m'envoya au sol, choquée par la violence dont il avait fait preuve. Ce n'était pas la première fois que je me faisais réprimender de la sorte, mais jamais avec une telle violence, jamais avec une telle haine. Je reportais mon regard sur un point invisible alors qu'il s'approchait de moi. J'avais peur, oui. Peur que le prochain coup soit plus fort encore.
Aldarion : est-ce là ta manière de me remercier pour la vie que nous t'avons offerte, que je t'ai offerte malgré les nombreuses déceptions que tu m'as fait subir ? Dès ta naissance, j'ai su que tu ne m'apporterais que des ennuis. Ta petite escapade avec les nains étaient déjà suffisante, mais il a fallu que tu joues la dévergondée ! Et pas auprès d'un elfe sans importance aucune non, auprès d'un roi ! Pris les valar pour que cette histoire ne vienne pas à s'ébruiter car si c'était le cas, le reste de ton existence deviendrait un cauchemar !
Je restais silencieuse, assimilant les menaces à peine dissimulées de mon père. Il se pencha vers moi avant de me relever avec force.
Aldarion : me suis-je bien fait comprendre, Aerin ?
J'acquiesais en silence, détournant le regard. Que pouvais-je répondre ? Je devais à présent me résigner à subir le courroux de mon père, me résigner à vivre sans Thranduil.
Aldarion : bien ! Maintenant, tu vas rester sagement dans tes quartiers jusqu'à ce que j'en décide autrement.
Il me poussa alors, et je quittais précipitamment la salle. Galdor me mena à ma chambre en silence, mais je voyais bien son regard inquiet. Lorsque je fus seule à nouveau, je me rendais dans ma salle d'eau pour observer mon reflet dans le miroir. Une grande marque rouge remontait de mon menton à ma pompette, triste témoignage de la violence dont mon père avait fait preuve. Celle-ci d'ailleurs était légèrement ouverte. Il y avait de grande chance qu'un hématome se forme autour de mon œil dès le lendemain.
J'entendis alors la porte s'ouvrir, et je me tendis en pensant directement à mon père.
Eldarion : Aerin ?
Je me détendis instantanément en reconnaissant la voix de mon frère et regagnais ma chambre. Lorsqu'il m'aperçu, il marqua un temps d'arrêt avant de s'approcher, inquiet.
Eldarion : nethig (petite sœur) !
Il posa doucement sa main sur ma joue et me détailla avec attention.
Eldarion : Galdor m'a prévenu ! Comment père a pu lever la main sur toi ? Si j'avais su qu'il était capable d'un tel acte, jamais je ne t'aurais laissé seule avec lui ! Je suis tellement désolé...
Aerin : ne sois pas désolé, tu n'y es pour rien. Je devais m'y attendre de toute façon, j'ai l'habitude...
Eldarion resta silencieux un instant, assimilant mes paroles.
Eldarion : ce n'est pas la première fois ?
Je detrounais le regard, honteuse. Mais mon frère en décida autrement et, délicatement , attrapa mon visage entre ses mains et me força à le regarder.
Eldarion : Aerin ?
Aerin : non...
Eldarion : pourquoi ne m'as-tu rien dit ? J'aurais pu...
Aerin : tu n'aurais rien pu faire Eldarion. On ne peut rien faire...
Eldarion : ne dis pas ça ! Je ne vais pas rester là, sans rien faire !
Aerin : ça ne servira à rien, je t'en prie...
Il garda un instant le silence avant de me prendre dans ses bras en une accolade protectrice.
Eldarion : Je vais te sortir de là ! Je t'en fais la promesse, nethig !
Il déposa un baiser sur mon front alors que je soupirais. J'étais soulagée que mon frère soit à présent au courant, je n'étais pas seule. J'avais à présent quelqu'un sur qui m'appuyer.
Eldarion quitta cependant rapidement mes quartiers, de crainte que sa visite ne remonte aux oreilles de leur père.
À présent, je ne pouvais qu'attendre que les jours, les semaines et les mois passent jusqu'à ce que je puisse sortir respirer l'air libre de cette cité dans laquelle j'avais grandie et que j'avais aimé. Mais à présent elle me répugnait, me retenait captive d'une vie dont je ne voulais pas.
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La Princesse et le Roi des Elfes - (ThranduilXOc) (En cours de réécriture)
Fiksi PenggemarAerin, princesse du royaume elfique d'Eryn Vorn, croise la route de Thorin Écu-de-Chêne et de sa compagnie. Étant à Imladris pour affaire, elle décide, sans en informer les siens, d'aider les nains à reconquérir Erebor. Entre danger, colère, amour...
