2110 Vénus

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Heureux comme sur  Vénus. 

Proverbe spatial

L'énorme ballon d'hélium glissait dans la haute atmosphère de Vénus, frôlant des nuages jaune orangé et dominant un océan de nuages laiteux. Sa partie supérieure qui était recouverte de panneaux solaires flamboyait sous l'effet du soleil qui semblait immense vu d'ici. Sous le ballon, se trouvait la grande nacelle qui contenait la ville de Xi'an. Ceinturant la ville, une verrière était disposée sur l'ensemble de son périmètre extérieur. Elle laissait apercevoir, à un observateur extérieur, une végétation exubérante qui venait trancher avec le blanc un peu argenté du ballon.

Plusieurs dirigeables étaient solidement amarrés à la partie inférieure de la cité, alors que deux autres étaient encore en vol, magnifiques oiseaux d'argent dans le ciel de la planète.

Vu de Taishan, la ville de Xi'an était vraiment superbe. Ayant fini avec un peu d'avance son expérimentation sur les pouvoirs des aimants supraconducteurs au diborure de magnésium, Mei Pong s'octroyait une pause. Elle profitait du passage devant la grande baie vitrée de son bureau de la belle cité aérienne, en sirotant son thé.

Elle était la responsable scientifique de l'unité de recherche de Taishan. Jusqu'à la grande catastrophe, son activité s'était essentiellement concentrée sur les besoins propres à l'exploitation de Vénus. Depuis, tout avait changé. Son rôle était soudainement devenu majeur car ils ne bénéficiaient plus des avancées technologiques en provenance de la Terre. Avant, ils se contentaient d'adapter les technologies terriennes à Vénus, mais maintenant, il leur fallait inventer eux même leurs propres technologies. Heureusement, les scientifiques de son unité étaient de très bon niveau, ils arrivaient à obtenir des résultats significatifs avec des moyens presque ridicules.

Orion, qui ne voyait que le bon côté des événements, avait fait cette remarque peu après la destruction de la Terre : les colonies extraterrestres étaient la fierté de l'humanité, elles étaient devenues sa prison depuis que la Terre était devenue inhabitable. Mais encore maintenant, ils n'étaient pas tous égaux dans le système solaire, et les plus chanceux étaient certainement les Vénusiens.

De toutes les colonies, ils étaient les seuls à vivre en plein air, bénéficiant d'une gravité équivalente à celle de la Terre, d'une température extérieure modéré à 70°. En plus des larges fenêtres qui faisaient entrer largement la lumière du soleil à l'intérieur de leurs bases, ils disposaient de l'énergie solaire en abondance. Seuls les Vénusiens pouvaient bénéficier de ces avantages qui les rapprochaient si bien des modes de vie terrestres.

Pourtant la situation sur la surface de Venus étaient infernales. Elles mettaient en difficulté leurs robots et leurs vaisseaux extracteurs. Mais aucun humain n'avait à suivre les machines dans ces périlleuses missions, et ils pouvaient rester dans leurs cités des nuages, loin de de l'horreur de la surface de Vénus.

Les trois cités de la planète n'avaient pas été mise en difficulté après la fin du monde d'avant. Autonomes en énergie grâce au soleil, en eau grâce aux cristaux de glace abondants dans l'atmosphère, en vivres par le miracle des grandes serres de qu'elle contemplait en ce moment-même et en ressources du fait de l'exploitation des quasi-satellites 2002-VE68 et 2001-CK32, ils avaient tous pu continuer à vivre comme avant, bien conscients de leur privilège.

Depuis, si le joug du premier empire solaire les privait d'une grande partie de leurs ressources minières, l'exploitation du minerai à la surface même de Vénus avait réussi à compenser en partie cette contrainte.

Taishan avait été la première cité vénusienne. Fondée dès 2075, elle avait accueilli de nombreux scientifiques chinois et européens. L'extrême facilité de la vie dans la cité et le faible coût de son installation du fait de la proximité de Vénus et de la Terre avait permis par la suite la construction des deux autres cités. Les nano usines de Taishan utilisaient le carbone de l'atmosphère pour un faire la brique de Vénus, à la fois légère et résistante, pour fabriquer les villes nouvelles. Taishan avait gardé son rôle de pôle scientifique et s'occupait de l'exploitation des deux quasi-satellites ainsi que de la surface de Vénus, alors que Nankin servait de spacioport à la fois pour les vaisseaux en provenance de l'espace mais aussi pour ceux arrivant de Vénus. Composé de plusieurs ballons d'hélium qui se trouvaient nettement plus haut que la nacelle qu'ils supportaient, Nankin permettait un arrimage sécurisé avant de devoir transférer les ressources nécessaires par dirigeable vers les deux autres cités.

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