Ma valise à la main, je contemple ma nouvelle chambre. Hadès et moi avons convenu de dormir dans deux pièces différentes. Honnêtement, c'est une des seules choses sensées que nous avons fait jusqu'à présent ! Mais ça me fait tout de même bizarre. Je n'ai pas mis les pieds dans ce domaine depuis un bout de temps. J'ai l'étrange impression de rentrer enfin à la maison. J'inspire un bon coup et dépose ma valise sur le lit pour farfouiller dedans. J'ai bien besoin d'une douche ! Je récupère un pyjama et accours presque vers la salle de bain. Je me déshabille rapidement et me glisse sous le jet d'eau chaude. Un soupir s'échappe de mes lèvres alors que mes yeux se ferment de même.
Je n'ai pas revu Hadès depuis qu'on est rentré. Je crois qu'il s'est enfermé dans la salle de sport. Je n'ai même pas eu le temps de réagir à ce qu'il venait de me dire qu'il avait déjà fermé la portière de la voiture derrière lui. Qu'est-ce que tout ça veut bien dire ?
Je tiens à ce que tu reviennes car je ne supporterais pas de t'avoir loin de moi encore une fois.
Est-ce que ça veut dire que je lui ai manqué ? Je secoue la tête en me rendant compte de la pensée stupide qui vient de me traverser l'esprit. Je ne sais plus où j'en suis. C'est épuisant. Je me concentre sur le mouvement de mes mains qui frottent vigoureusement mon corps et chasse ses pensées encombrantes. J'en ai marre de me torturer.
Mon ventre qui gargouille me rappelle que je n'ai pas mangé depuis plusieurs heures. Je meurs littéralement de faim ! Je termine de me laver et sors de la pièce. Au passage, j'attrape mon téléphone et dévale les escaliers afin de rejoindre la cuisine. Les yeux rivés sur mon portable, je percute Hadès de plein fouet. Il me rattrape de justesse m'empêchant ainsi de me retrouver la face directement contre le sol.
- Je suppose que tu as faim, j'ai commandé à manger. Agathe m'avait dit que tu aimais les sushis.
Me dit-il. Je hoche la tête et, en silence, le suit. Je l'aide à porter les différents plateaux et les dépose sur la table basse du salon. On s'installe dans le canapé et commençons à manger en regardant distraitement la télévision. Le film qui est diffusé est d'un ennuie monstre et je peine à ne pas m'endormir !
- Je dois t'emmener quelque part demain.
Je me retourne vers lui et le questionne du regard. Je vois un sourire en coin apparaître sur ses lèvres.
- Ne me regarde pas comme ça. Tu verras ce que c'est demain.
Je pousse un long soupir, faussement agacée. Je dois bien admettre qu'il a réussi à titiller ma curiosité. Il me lance un regard malicieux puis se reconcentre sur la télévision. Nous passons le reste du repas à faire des remarques sur le film en pointant du doigt tous les points négatifs. Je me lève finalement et remonte à l'étage, fatiguée. Une bonne nuit de sommeil me fera le plus grand bien. J'entre dans ma chambre et me loge sans attendre sous les draps en soie. Mes paupières déjà bien lourdes se ferment et me plonge dans un sommeil agité.
J'ouvre les yeux avec difficulté et regarde tout autour de moi. Je suis dans une pièce sombre, froide et lugubre. Une douleur lancinante me vrille le crâne. Je tente de la toucher mais ma main reste désespérément collée contre le bois de la chaise. La boule au ventre, j'abaisse les yeux vers les liens qui enserrent mes poignets et mes chevilles. Une soudaine envie de crier me prend. Je gigote dans tous les sens, essayant de me libérer. En vain. Des larmes coulent le long de mes joues et me brouillent la vue. Des bruits se font entendre de l'autre côté de la porte. Je sens mon sang se glacer dans mes veines lorsqu'elle s'ouvre. Adelio me lorgne avec arrogance, un large sourire sur les lèvres. Il s'avance lentement vers moi.
- Tu vois, sœurette, il t'a laissé tomber.
Il pointe une petite fenêtre du doigt. Je regarde dans cette direction et réprime un hoquet de surprise. Je vois Hadès partir sans se retourner. Me laissant seule. J'essaie de l'appeler mais mon cri reste coincé au fond de ma gorge. Avant que je n'aie le temps de faire quoi que ce soit, j'entends une détonation. Un coup de feu.
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Hadès
Romansa« - Où sommes-nous ? Il se penche en avant, posant ses mains sur les accoudoirs de la chaise. Son souffle s'abat sur moi lorsqu'il prononce ces mots, - En enfer. » Les poignets liés, le corps endoloris, Adeliza ne sait pas où elle se trouve. Les qu...
