Il s'en amuse. Il relâche ma main et s'éloigne de moi.
— On a du travail.
Une envie de fuir me submerge. Je fixe la porte de longues secondes, humiliée par ce rejet. Je me sens stupide d'avoir dit une chose aussi gênante.
— Ton blond est naturel?
Mais qu'est-ce que je raconte? Je m'enfonce.
Je le vois sourire et s'approcher de moi à sa vitesse vampirique, j'ai un mouvement de surprise.
— Tu préfères les bruns?
— Sur toi le blond.
Il éclate de rire.
J'en suis réduit à parler coiffure. Il faut que je me ressaisisse. J'essaye de faire le vide dans ma tête et tente de reprendre contenance.
—Non je suis brun.
Je l'imagine en brun, mais je n'y arrive pas, trop perturbée par son visage aussi froid que beau. Il retourne à son bureau et m'invite à le rejoindre. Je m'assois, gênée par notre échange. Mais il prend les choses en main et fait comme si de rien n'était. Je me déteste de réagir comme ça. Avec Cole, je reste moi-même, je ne me ridiculise pas. Quand je suis avec Koop, je me sens quelqu'un d'autre, libre d'exprimer mes émotions, de dire ce qui me passe par la tête. Il me fixe intensément et je chavire, je manque d'air.
— Arrête Lilly!
— Quoi?
Il met ses mains sur la tête et semble pensif. Je ne comprends pas son comportement. Il me lance des mots qui n'ont pas lieu d'être et bloque ses émotions juste après.
On finit par se remettre au travail, en ayant quelques regards profonds et perturbants pendant notre séance. On travaille jusque tard dans la nuit, il commande à manger. On s'installe sur le canapé, dès que j'amène une bouchée à ma bouche, il me regarde . Je perds mes moyens et renverse la cuillère.
— Je suis désolée, je vais nettoyer.
— Ce n'est rien.
On finit le repas et on se remet au travail, tout doit être prêt dans deux semaines. Il gère l'aspect technique, je m'occupe de l'aspect artistique. Nous sommes complémentaires, c'est troublant. Chacun connaît ses limites de compétence.
Il me reconduit, en sortant de l'immeuble, nous sommes pris dans un torrent de pluie. On court vers la voiture, mais me voyant à la traîne, il me porte et nous voilà devant la voiture en quelques secondes. La sensation est surprenante, comme si on traversait le temps.
Il me pose, je l'attire à moi, je détaille ses cheveux trempés qui retombent sur son visage, l'eau goutte sur sa peau parfaite. Le tonnerre gronde, mais je ne l'entends pas. Nos bouches se scellent, c'est beau, magique, mon coeur rate un battement. Mes mains se posent sur son buste. Sa langue rencontre la mienne, elles s'enroulent et virevoltent dans tous les sens comme si elles comblaient un manque trop lointain.
On se détache l'un de l'autre, trempé et dans l'attente de recommencer.
— On devrait y aller , Cole va s'inquiéter.
Ses mains se retirent de ma taille quand il entend son prénom. Il semble attristé que ma bouche prononce ce prénom. Je me sens tellement mal d'éprouver du plaisir dans ses bras.
On roule, mais il ne tourne pas dans l'intersection de ma résidence, je me retourne sur ma rue qui disparaît loin derrière nous.
— Koop?
Il ne répond pas à mon inquiétude, il continue de rouler sans se préoccuper de mes interrogations. On roule vers un coin mal famé de la ville. Je suis effrayée, je n'avais jamais mis les pieds de ce côté de la ville. On s'arrête devant ce qui semble un passage souterrain. Il descend et m'ouvre la porte.
— Où est-ce qu'on va? Dépose-moi chez moi!
Il me fixe intensément, ses yeux verts m'attirent, me brûlent les yeux.
— Suis-moi !
Mon corps se met à le suivre sans que j'en donne l'ordre, je ne suis plus maîtresse de moi-même. J'essaye de reprendre le contrôle, mais j'ai comme un blocage psychique. Il use d'une de ses facultés sur moi, je suis en colère . On franchit le souterrain et en avançant dans ces couloirs sombres, je regarde droit devant moi. On passe un passage étroit et on se retrouve devant un mur de briques. Il avance droit devant, j'essaye de retrouver mon contrôle, mais rien y fait mon corps continue d'avancer jusqu'au mur, je ferme les yeux pour ne pas voir la confrontation. Mais il ne se passe rien, je ne ressens aucune douleur. Je suis à l'extérieur, je sens l'air caresser mes cheveux, j'ouvre les yeux sur un ciel, sombre, grisonnant. L'atmosphère est sombre, je fais le tour, mais il n'y a pas de mur de briques, simplement des rochers derrière nous.
On reste en silence une dizaine de minutes , une voiture s'arrête devant moi. Une femme, au trait magnifique, en sort et s'incline devant Koop.
— Bienvenue chez vous.
Elle ouvre la portière et on s'y engouffre.
— Qu'est-ce que tu m'as fait?
— Chut dors.
Mes yeux se ferment.
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INDECISE
VampireDeux liés, un coeur à prendre... Choisira-t-elle le loup ou le vampire? Plonger dans un monde féerique! Fantasy...
