Chapitre 36

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Je me réveille entourée par des bras, il n'a pas dormi ailleurs, je suis soulagée. Depuis quelques jours, je sens un lien invisible me relier à lui. J'adore l'observer, je ne suis pas discrète, il sourit avec amusement plusieurs fois dans la journée. Lui aussi a besoin de me toucher , je le sens. Ses mains se posent une dizaine de fois dans la journée. Pourquoi le lien se renforce alors que je suis censée me rapprocher de Cole. Je me relève du lit en faisant attention de ne pas le réveiller. Mais à peine sorti du lit, il se réveille. Je rejoins la salle de bain, me lave le visage et en me redressant, je crie. Il arrive à sa vitesse vampirique dans la salle de bain.

— Qu'est-ce que c'est?

Il fixe mes cheveux qui arborent une mèche blanche comme la neige. J'ai l'impression que c'est un de ces êtres magiques qui me fait une mauvaise blague. Une crise d'angoisse est sur le point de dévaster mon corps.

— Calme-toi princesse!
— Koop! Comment veux-tu que je me calme avec ça?
— Je préfère Adam.
— Tu crois que c'est le moment de me dire tes préférences.

Il explose de rire, je le frappe le plus fort possible, mais c'est une caresse pour lui.

— Ça te va plutôt bien.
— Plutôt bien? Va-t en!
— Ah j'oubliais tes mauvais jours.
Je rougis.

Il quitte la salle de bain, un sourire malicieux sur le visage. Je n'arrive même pas à lui en vouloir. Qu'est-ce qui m'arrive? Je deviens une guimauve en son contact. J'attache mes cheveux et tente de camoufler cette particularité. En ressortant, il me fixe avec malice.

— Si tu oses me dire quoi que ce soit, je t'étripe.

Il fixe un point imaginaire et sourit. Je crie de frustration , mais à peine mes yeux posés sur lui, je suis envahie par un bien-être. Je m'en veux de me laisser transporter par mes émotions.
On petit-déjeune en catimini, la route est longue, il me reste encore des royaumes à parcourir. Nous parcourons les kilomètres sans que les chevaux s'épuisent. Leur magie est inépuisable.

Le soir, nous sommes encore loin de la prochaine ville, on s'arrête dans une plaine. On libère les attelages, les chevaux restent dans les alentours.

— Tu pourrais leur donner un nom.
Je fixe Adam avec curiosité.

— Tu crois que je peux?
— Oui après tout ils sont à nous maintenant.
— Licorne et Rainbow.
— Très jolie Lilly.
Il pouffe de rire.

J'ignore ses moqueries, je mange mon repas dans mon coin, vexée. Je le sens s'asseoir derrière moi et m'attire à lui.

— Tout ce qui sort de ta bouche est incroyable.
— C'est censé me flatter.
Il rit.

Je fais la moue, il décroise mes mains de ma poitrine et enroule ses doigts aux miens. Ma tête retombe en arrière sur son cou. Son odeur me rend toute chose. Les sensations sont décuplées, ce monde doit y jouer pour beaucoup.

— Tu ne penses pas que c'est autre chose?
— Comme? Et puis ça m'énerve que tu ais accès à mes pensées.
— Toi aussi, tu peux y avoir accès?

Je tourne ma tête vers lui, comme si je venais d'apprendre l'information la plus incroyable que je n'ai jamais entendue.

— Il faut que tu travailles juste cette faculté.

Je me rallonge sur lui, désabusée. Il pouffe de rire, je le frappe sur le buste. Il émet un faux râle de douleur. Je me laisse aller dans ses bras, au chaud. Son corps est si rassurant, je ne pourrais plus m'endormir autrement. Je l'entends respirer fort.

— Moi aussi Lilly.

Le lendemain, la route est dégagée, entretenue, goudronnée. Des barrages nous arrêtent tous les cinq kilomètres. On s'approche de quelque chose d'important. Les villages qu'on traverse reflètent la royauté, le pouvoir. Des hommes et des femmes au riche train de vie, leurs charrettes sont luxueuses.
On s'engage vers un chemin très surveillé, les gardes nous refusent l'accès. Il nous faut une invitation.

— Prince Adam du royaume des Vampires souhaite accéder au Royaume des êtres magiques.
— Pouvez-vous prouver votre identité?

Je suis perturbée par l'information qu'Adam vient de lancer au garde. C'est un prince, mon deuxième âme-sœur est un prince dans son royaume. Il sort un badge scintillant qu'il remet aux gardes. Les deux gardiens s'inclinent devant lui et ouvrent le portail.
Je suis incapable de réagir face à ces révélations. Des jours qu'on voyage collés l'un à l'autre et il me cache une information primordiale.

— Prince Adam?
Ses épaules s'affaissent.

— Je voulais attendre le moment opportun.
— Comme devant ces gardes?
— Non, princesse, je pensais qu'ils allaient me reconnaître.

INDECISEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant